Oct 12, 2021 19:46 UTC

Sommet Françafrique de Montpellier, un prélude à la Américafrique ? Selon Macron, les ingérences en Afrique se feront maintenant à partir des ONG ?

Actualité en Afrique :

  • L’Iran et l’Afrique du Sud développent une coopération internationale et régionale
  • RDC : les Émirats arabes unis annoncent 1 milliard $ d’investissement et un lot de 30 véhicules blindés pour soutenir l’armée
  • En Côte d’Ivoire, entrée en activité du port sec de la SDMA à Bouaflé
  • Un groupe Igbo veut faire du sud-est du Nigeria le centre technologique de l’Afrique

Analyses de la rédaction :

1. RCA : rien ne va plus pour l’ONU !

Sur le continent africain, les instances comme l’ONU ou encore les ONG se trouvent visiblement dans une très mauvaise posture.

Les gouvernements et aussi les populations veulent les voir partir au même titre que toutes les troupes d’occupation occidentale.

En Centrafrique, la pression est si grande sur l’ONU que le Secrétaire général n’arrive plus à se contenir.

Des « incidents hostiles » ciblant des Casques bleus et impliquant « des forces de défense et de sécurité », « ainsi que du personnel de sécurité déployé bilatéralement », se poursuivent en Centrafrique à un « niveau inacceptable », dénonce le chef de l’ONU dans un rapport remis lundi au Conseil de sécurité.

Ce niveau est préoccupant comme « la persistance de campagnes de désinformation » à l’encontre de la mission onusienne Minusca, précise Antonio Guterres dans ce document et qui porte sur une période allant de juin à octobre.

Maintenant, l’ONU se lance dans des accusations hâtives et sans preuve. Ce qui diminue encore plus la crédibilité de l’ONU aux yeux du monde entier.

Quand il évoque du « personnel de sécurité » présent en Centrafrique en vertu d’un accord bilatéral, le secrétaire général ferait allusion, selon les médias mainstream bien sûr, alors qu’il ne les identifie pas, notamment à des membres du groupe de sécurité russe Wagner. Au début de l’été, des agissements de ce groupe contre des Casques bleus avaient déjà été vivement dénoncés par l’ONU, au même titre d’ailleurs, que les nombreux agissements de l’ONU et même des nombreux soldats français lorsqu’ils étaient encore présents dans le pays contre la population centrafricaine. Mais, les accusations et surtout les nombreuses plaintes enregistrées n’ont même pas abouti à une enquête.

Selon Guterres de telles actions empêchent l’accomplissement du mandat mettent en danger les vies des Casques bleus et sont en contradiction avec des engagements du président Faustin Archange Touadéra et du gouvernement » à leur arrêt, en réclamant aux autorités centrafricaines « des mesures concrètes » pour y mettre un terme.

C’est l’ONU elle-même qui a tout fait pour rester, et ce n’est pas le gouvernement qui a ordonné que les agents de l’ONU soient dans la ligne de mire.

Sans autre détail, Antonio Guterres évoque dans son rapport « de graves violations », comme « l’entrave à la liberté de mouvement des patrouilles de la Minusca, l’arrestation ou la détention de ses membres », des « menaces » et des « tentatives de fouille de véhicules et de résidences du personnel des Nations Unies ». Par contre, il ne déclare aucunement les motifs de ces arrestations. À plusieurs reprises, les Forces armées centrafricaines et leurs alliés ont effectivement procédé à des fouilles de véhicules de l’ONU et même à des arrestations. Et les raisons évoquées sont très graves. Ces agents onusiens ont des liens directs avec les fameux groupes armés. Et comme l’a si bien compris Bangui, et d’ailleurs beaucoup d’autres pays dans le monde, c’est bien l’ONU le fournisseur d’arme de ces groupes armés, qui pour rappel, avait clairement annoncé leur volonté de « marcher sur Bangui » lors des dernières élections, et on n’a pas vu de condamnation de la communauté occidentale face à ce genre de propos.

La Minusca, dont le mandat vient à échéance le 15 novembre, compte près de 12 000 militaires et représente l’une des opérations les plus coûteuses de l’ONU avec un budget annuel dépassant le milliard de dollars, et ce, alors que la Centrafrique a largement réussi à sécuriser son territoire grâce à l’armée nationale et ses alliés russes et rwandais et sans l’aide des milliers de militaires onusiens, dont tout le monde s’interroge encore quant à leur utilité sur le continent africain. Le peuple ne veut plus de la présence de l’ONU sur son territoire et le gouvernement continue de démontrer que la présence de l’ONU est inutile. Donc, pourquoi l’ONU est-elle encore en Centrafrique ? 

2. RDC : Moscou alerte sur les ingérences US

En RDC, le portefeuille des États-Unis est maintenant là.

En visite à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, le président Félix Tshisekedi multiplie les rencontres avec les partenaires émiratis pour attirer plus d’investissements en RDC. Ceux-ci concerneront l’énergie, les mines, les infrastructures et la sécurité.

1 milliard $ sera mis à la disposition de la RDC, en plus de 30 véhicules militaires blindés tactiques, par les Émirats arabes unis. L’annonce a été faite par Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d’Abu Dhabi et vice-commandant suprême des forces armées émiriennes, à l’issue d’une rencontre avec le chef de l’État de la RDC, le dimanche 10 octobre.

Cette rencontre a été l’occasion pour les deux hommes d’État d’aborder les questions de la collaboration et des opportunités d’investissement dans divers domaines notamment, les infrastructures, l’énergie, la santé, les mines et la sécurité. Une prochaine rencontre est prévue dans la capitale émiratie où, selon la cellule de communication de la présidence, plusieurs accords seront signés.

Selon la présidence congolaise, « un intérêt manifeste de la part des deux parties a été constaté dans le cadre du renforcement des relations entre les deux pays qui entendent créer un partenariat gagnant-gagnant. Au niveau sécuritaire, les Émirats ont manifesté la ferme volonté d’aider la RDC dans la lutte contre le terrorisme à l’est ».

Les États-Unis sont arrivés dans l’est de la RDC avec de nombreux projets et financements, ainsi que la France. Maintenant, le financement sera entièrement complet avec l’argent d’Abu Dhabi.

Dans un article de l’analyste politique et écrivain Patrick Mbeko, la Russie alerte et met à plat le problème d’ingérence qu’apporte généralement Washington et ses alliés dans un pays comme la RDC.

Face au blocage dans la désignation du président de la commission électorale en RDC, des acteurs internationaux manifestent leur inquiétude, notamment Washington et l’UE. Cette implication ne doit pas conduire à s’ingérer dans les affaires de cet État africain, au détriment de sa souveraineté, alerte Moscou.

C’est une nouvelle preuve que les élections en RDC ont toujours été un enjeu à la fois congolais et international. Plusieurs membres influents de la communauté internationale ne cachent plus leur inquiétude face au blocage relatif à la désignation du prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans ce pays.

Les positions des parties sont si tranchées que l’on craint que ce blocage n’impacte l’organisation prochaine des élections en décembre 2023.

Mais cette inquiétude ne doit pas donner lieu à une ingérence dans les affaires du plus grand pays d’Afrique subsaharienne, ni à piétiner sa souveraineté. C’est ce qui résulte des propos tenus par l’ambassadeur de la Fédération de Russie en RDC, Alexeï Sentebov, le 5 octobre 2021, après son entretien avec le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso N’Kodia, un personnage clé dans la crise actuelle. Sentebov a certes interpellé les élus congolais, leur demandant de prendre leurs responsabilités afin que le processus électoral suive son cours normalement et que les élections se déroulent dans les délais.

Mais le diplomate russe ne s’est pas seulement limité à plaider pour l’organisation des élections dans les délais constitutionnels. Il a également mis en garde contre toute ingérence dans les affaires internes des pays africains, y compris la RDC. « Notre position est très claire. Nous sommes contre toute ingérence dans les affaires intérieures des pays africains, y compris la République démocratique du Congo », a-t-il indiqué lors de son entretien avec le président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso N’Kodia, avant d’ajouter : « Nous tenons à ce que les solutions aux problèmes que vous avez soient votre choix et dans tout le respect de la souveraineté de votre pays ». L’allusion aux États-Unis, dont l’ambassadeur à Kinshasa ne manque jamais une occasion pour s’immiscer dans les affaires internes de la RDC, est claire.

Le même jour, l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, Mike Hammer, s’est dit préoccupé par le processus électoral en RDC et le retard pris dans la mise en place des membres du bureau de la CENI. Le diplomate américain, connu pour son implication jugée parfois très intrusive dans les affaires intérieures du pays, a lui aussi insisté sur la tenue des élections crédibles et transparentes dans les délais impartis par la Constitution.

Accompagné de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso s’est également entretenu avec une délégation d’ambassadeurs de l’Union européenne conduite par Jean-Marc Châtaigner, ambassadeur du Royaume de Belgique en RDC. Venue s’enquérir de la situation relative à la désignation des futurs animateurs de la CENI, la délégation de l’Union européenne a insisté sur la tenue des élections dans les délais constitutionnels, se disant disposée à accompagner le processus électoral en RDC.

Selon l’analyste Mbeko, au regard de ces éléments, il y a des raisons de croire que l’élection présidentielle de 2023 en RDC ne sera pas seulement une affaire congolo-congolaise. Le risque d’assister au remake de la situation postélectorale de 2018 est bien réel. Pour rappel, lors du scrutin hautement problématique de 2018 qui avait conduit à la victoire négociée et calamiteuse de Félix Tshisekedi, les États-Unis s’étaient montrés sceptiques face aux résultats du vote donnant l’opposant congolais gagnant. Des fonctionnaires du département d’État américain en charge de l’Afrique centrale avaient travaillé sur un projet de communiqué condamnant fermement la manière dont le scrutin s’était déroulé et les résultats qui en avaient découlé. Le texte prévoyait également des sanctions contre les auteurs de la présumée fraude électorale.

Au Conseil de sécurité, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient condamné le processus électoral, jugeant que les élections n’étaient pas transparentes. Mais face à l’hostilité affichée par la Chine et la Russie, qui s’étaient fermement opposées à toute ingérence occidentale dans les affaires intérieures du Congo pendant la période pré et postélectorale, à la grande colère des chancelleries occidentales, Paris, Londres et Washington n’ont eu d’autre choix que d’accepter le fait accompli.

S’il est vrai que, avec Félix Tshisekedi, les États-Unis ont réussi à retourner la situation en leur faveur et sont revenus en force dans le jeu politique congolais, il est tout aussi envisageable que les choses puissent changer à l’avenir. En effet, la fermeté affichée par Washington au regard de l’enjeu électoral de 2023 pourrait amener le camp Tshisekedi, qui ne semble pas très disposé à organiser les élections dans les délais, à réévaluer son partenariat avec une Amérique dont le soutien est loin d’être aussi acquis qu’on serait tenté de le croire. Si cela devait arriver, il faudra s’attendre alors à ce que la Chine et la Russie, principales puissances rivales des États-Unis sur l’échiquier mondial en général et africain en particulier, aient leur mot à dire en 2023 comme cela fut le cas en 2018.

3. Les ONG ; les nouveaux agents de la Françafrique

Sommet Françafrique de Montpellier ; un prélude à la Américafrique ?

Décidément, les processus de réconciliation nationale que l’on voit se mettre en place dans beaucoup de pays d’Afrique sont véritablement un problème pour les néocolons. Et pour cause, s’ils font tant d’effort pour diviser la population africaine, la réconciliation ne rentre évidemment pas dans leur projet. On revient alors sur le fameux sommet à Montpellier.

Décidément, ce sommet continue de verser beaucoup d’encre, et c’est assez normal. La supercherie est tellement évidente qu’on ne peut pas s’empêcher de verser beaucoup d’encre.

Zoom Afrique a longuement parlé de ce sommet, mais par contre, il y a une phrase d’Emmanuel Macron qui a également attiré notre attention. Lorsque l’activiste guinéen est intervenu, fier d’avoir participé au coup d’État, Emmanuel Macron avait alors parlé de certains présidents en Afrique de l’Ouest. Mais son explication était tout de même troublante.

Il a surtout a surtout parlé de la politique de non-ingérence de la France, mais par contre, il a bien fait comprendre que du coup la politique d’ingérence se fait maintenant à partir des ONG qui sont présent dans les pays d’Afrique.

Ce sont ces mêmes ONG que le Cameroun, l’Ouganda, la Centrafrique, l’Éthiopie, le Burundi et d’autres encore, ont chassé pour ingérence dans les politiques intérieures et liens avec des groupes armés, des rebelles séparatistes ou encore des groupes terroristes.

Ce que le Premier ministre malien avait fait comprendre dans son interview accordée à un média russe, c’est bien que la France a créé une enclave terroriste à Kidal, dans le nord du Mali pour entraîner les terroristes. C’est une évidence, et cela a longuement été affirmé et prouvé entre autres dans le Moyen-Orient. Par contre, que signifie le fait que Macron annonce passer la main des ingérences aux ONG ?

Nous savons que de plus en plus de pays d’Afrique ont mis dehors les ONG et des agents de l’ONU, en sachant que leur rôle est plutôt nocif pour le continent.

Peut-on dire que la France a décidé de suivre les méthodes des Américains, dans ce sens ou, les ONG deviendront entièrement des agents contre les États africains ?

Et pour cause, lors de ce Sommet à Montpellier, les personnes triées sur le volet pour participer à cette conférence faisaient toutes parties d’ONG de toute sorte.

Des ONG qui ont sans exception des financements de la France et des États-Unis, mais également des partenaires assez particuliers, du genre média américain ou français, ou encore, des sociétés de cybersécurité. Il est possible d’aller vérifier, donc n’hésitez pas.

Visiblement, ce sera maintenant à eux d’assurer la continuité de la Françafrique.

Ces ONG sont sur le terrain, « avec une bonne couverture » vis-à-vis de la Communauté internationale. C’est eux qui font régulièrement des rapports, allant dans le sens de la politique des néocolons mais surtout que cela permettra à Paris et ses alliés de rester derrière le rideau. Ce sont ces mêmes ONG qui entretiennent régulièrement la division au sein des populations. Ce qui revient à ce qu’on a dit au début de notre analyse, à savoir, saper le processus de réconciliation au sein des populations.

Certains appellent les ambassades occidentales « des comptoirs coloniaux », disons que les ONG sont maintenant les nouveaux comptoirs coloniaux.

Ce Sommet était plus un deal entre l’État français et les ONG. Plus de financement et une plus large panoplie de moyens pour continuer à entretenir le chaos en Afrique.

Jusqu’à présent, les plans des néocolons ont échoué, car ils ont à faire à la population africaine, et face à eux, ils n’ont jamais rien pu faire. L’Union de la population, de l’armée nationale du gouvernement, l’Occident peut mettre n’importe quel plan en œuvre, cela se terminera toujours au même endroit, dans les oubliettes.

 

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