Dec 06, 2021 18:59 UTC

Après les nombreuses manifestations de ces derniers jours contre la présence d’occupation occidentale dans le Sahel et même sur le continent africain, les Burkinabés ont non seulement montré à la France que ses militaires ne sont pas en terrains conquis, mais ils ont également réussi à mettre des doutes quant aux accords qui enchaînent le Burkina Faso à la France...

Actualité en Afrique :

  • L’Iran a condamné l'attentat terroriste au centre du Mali
  • Le Sénégal abrite lundi le 7e Forum international sur la Paix et la Sécurité en Afrique
  • Namibie : début du forage du puits Venus-1X qui sera le plus profond jamais foré en Afrique
  • Togo : priorité aux secteurs de la santé, l’eau et l’assainissement, les logements sociaux et la digitalisation des services publics
  • MTN teste déjà la 5G en Côte d'Ivoire

Analyses de la rédaction :

1. Burkina Faso : les accords avec la France remis en question ?

Après les nombreuses manifestations de ces derniers jours contre la présence d’occupation occidentale dans le Sahel et même sur le continent africain, les Burkinabés ont non seulement montré à la France que ses militaires ne sont pas en terrains conquis, mais ils ont également réussi à mettre des doutes quant aux accords qui enchaînent le Burkina Faso à la France.

Le porte-parole du gouvernement burkinabè Ousseni Tamboura a déclaré dimanche, que le blocus subi par un convoi militaire français sur le territoire burkinabè, mi-novembre, était une opportunité d’interroger les accords de coopération entre la France et le Burkina Faso, a-t-on appris lundi, de sources médiatiques.

"Le problème rencontré par ce convoi devrait nous donner l’opportunité d’interroger véritablement, la coopération entre la France et le Burkina Faso plutôt que de considérer que c’est une manipulation des réseaux sociaux", a déclaré dimanche le ministre burkinabè de la Communication Ousseni Tamboura sur le plateau de la télévision privée Omega TV.

Pour le ministre Tamboura, dont les propos ont été retranscrits par l’Agence d’information du Burkina (AIB, officielle), "les populations sont souvent dans une certaine légitimité pour s’interroger sur l’utilité de cette coopération".

"Les deux partenaires auraient intérêt à revisiter ces accords de coopération, à revisiter les stratégies qui permettent d’avoir des résultats immédiats dans la lutte contre le terrorisme", a-t-il précisé.

Pour le porte-parole du gouvernement burkinabè, "si le terrorisme continue de donner des coups à nos États et à nos Forces de défense et de sécurité et donner l’impression que nos armées sont sous équipées ou sous capacités, naturellement, le sentiment anti-français va demeurer sinon va grandir".

Un convoi de 90 véhicules de l’armée française en provenance de la Côte d’Ivoire, entré mardi 16 novembre dans le territoire burkinabè, était resté bloqué près d’une semaine par des manifestants sur le territoire burkinabè.

Les manifestants soupçonnent l’armée française de convoyer des armes au profit des groupes terroristes.

Et leur soupçon est réellement fondé. D’ailleurs, ce ne sont pas seulement les manifestants qui affirment cela. C’est une question qui est soulevée dans toute l’Afrique et également dans le Moyen-Orient. De nombreuses preuves montrant les liens avec notamment les missions de l’ONU ou encore les militaires occidentaux avec des groupes rebelles ou terroristes circulent de plus en plus. Dans le Moyen-Orient, si les populations demandent également le retrait des troupes d’occupation américaine ou européenne, ce n’est pas à cause de quelques fake news qui circulent sur les réseaux sociaux comme les Occidentaux l’affirment constamment.

Dans le Sahel, mes manifestants qui ont bloqué le convoi militaire français ont tous affirmé que ce sont les soldats français, avec la fameuse étiquette « tirs de sommation » qui ont abattu des manifestants et blessé d’autres.

Les gens n’ont pas besoin des réseaux sociaux alors que la scène se passe devant leurs yeux. Les Africains utilisent les réseaux sociaux pour dénoncer ce que font les militaires occidentaux, lorsque les caméras de France 24 ou de BFMTV ne sont pas là.

Mais le monde entier commence à comprendre ce qui se passe réellement en Afrique. Et c’est grâce à la population africaine qui ne garde plus le silence.

 

2. Madagascar : le procès des barbouzes commence !

À Madagascar, le procès de la tentative de coup d’État s’ouvre à Antananarivo.

Selon RFI, sur le banc des prévenus, 21 personnes, dont deux Français, et leurs épouses poursuivis pour atteinte à la sûreté de l'État, association de malfaiteurs et complot en vue d'assassiner le chef de l'État malgache Andry Rajoelina. Arrêtés il y a quatre mois le 20 juillet, les deux hommes sont depuis sous mandat de dépôt à la maison de force de Tsiafahy, en périphérie de la capitale.

C'est au palais de Justice d'Anosy, dans le centre d'Antananarivo que doivent comparaître le Franco-Malgache Paul Rafanoharana et le Français Philippe François. Cerveaux du projet Apollo 21, la tentative de coup d'État visant à « éliminer » et « neutraliser », selon la procureur générale, plusieurs « hautes personnalités politiques » dont le président Rajoelina. Les deux hommes et leurs épouses démentent toute implication dans cette affaire.

Paul Rafanoharana, ancien officier de la gendarmerie française et diplômé de l'école militaire de Saint-Cyr, a été brièvement conseiller de l'actuel chef de l'État malgache en 2011 alors que ce dernier était à la tête de la Haute Autorité de la Transition.

Philippe François, lui aussi ancien Saint-Cyrien et colonel à la retraite de l'armée française, a notamment opéré au Tchad. Arrivé il y a près de deux ans à Madagascar, il dirigeait une société d'investissement, Tsarafirst, dans laquelle Paul Rafanoharana a été associé.

L'avocate du Franco-Malgache et de son épouse, Maître Arlette Rafanomadio déplore un « accès difficile » à ses clients et craint « un procès inéquitable. »

Cette tentative de coup d’État raté était bel et bien l’œuvre de la France tout comme le mercenaire français arrêté en Centrafrique en mai 2021 alors qu’il tentait également de planifier un coup d’État dans le pays. La France à travers ses médias, tente tant bien que mal de laisser planer des doutes. Avec les termes qu’utilisent les médias français concernant le putsch manqué à Madagascar, des termes comme « présumé coup d’État » ou encore les « présumés cerveaux du projet Apollon 21 » ou encore « tentative supposée de coup d’État », pour continuer à prendre les gens pour des imbéciles, sont destinés à étouffer l’affaire et limite essayer de dire que le gouvernement malgache « s’imaginerait des choses ». Tout comme Paris tente de faire passer les nombreuses manifestations anti-France dans le Sahel, pour de la simple manipulation sur les réseaux sociaux, ou encore, que si la Centrafrique a mis dehors les français et œuvre pour couper le cordon avec les Occidentaux, c’est parce que Bangui serait un « otage » de Moscou. Ce déni ou cette façon de prendre les gens pour des imbéciles commencent sérieusement à pomper l’air à tout le monde. Et si les médias français ont perdu toute crédibilité en Afrique, dans le Moyen-Orient ou encore en Asie, c’est également à cause d’une manipulation.

Paris se tourne au ridicule et ne s’en rend même pas compte.

La restitution des îles Eparses à Madagascar, voilà ce qui dérange Paris, s’ajoute à cela la victoire du Mozambique contre le terrorisme, sans l’aide des occidentaux, mais également, l’affaire des sous-marins avec AUKUS, une alliance militaire tripartite formée par l'Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni qui a contourné la France et montrer au monde que l’arrogance française devient tellement ridicule que même ses alliés en rient. Grâce aux îles Eparses, Paris tente encore de montrer qu’il a une place dans l’océan Indien. Mais voilà que le gouvernement malgache n’abandonne pas le combat pour récupérer ses territoires que la France garde encore sous sa coupe comme à l’époque coloniale.

Le gouvernement malgache a également sapé les plans de Paris qui consistait à garder le monopole de la région toujours grâce aux îles Eparses, en se tournant vers le bloc de l’Est, qui comprend l’Iran, la Russie et la Chine. Et il n’en faut pas plus pour que Paris tente de mettre en place un coup d’État. Les vielles techniques occidentales pour faire plier les pays africains n’ont décidément plus aucun effet. La question est : est-ce qu’un jour ils comprendront que ça ne prend plus ?

 

3. Mali : la France joue ses dernières cartes ?

Dans le Sahel, la situation se complique pour la France et ses alliés !

Au Mali, les médias français ne cessent de parler de négociation entre Bamako et d’une société privée russe, alors que les autorités des deux pays ont, à plusieurs reprises, insisté sur des discussions entre Bamako et Moscou et non avec une société privée russe du nom de Wagner.

Selon certains médias, Paris s’échine à empêcher l’arrivée des soldats russes au Mali. Cette possible venue au Mali d’un millier de paramilitaires Russes spécialisés dans la lutte antiterroriste et la protection rapprochée a d’abord été une ligne rouge pour Paris, qui l’a jugée «incompatible» avec son action dans le pays.

Il ne saurait, affirmaient l’Élysée et le Quai d’Orsay, y avoir de cohabitation entre les soldats français et russes sur un même territoire. Sous-entendu : si Wagner arrive, les Français partent. Depuis, Paris a assoupli sa position. Mais plus question aujourd’hui, de quitter le Mali. Si la Russie arrive, on restera affirme l’Élysée. Partir, ce serait prendre le risque d’un échec à l’afghane. Ce serait aussi faire un cadeau aux Russes, affirme Paris.

Cette situation ressemble fort à celle de la Centrafrique. L’arrogance de l’oligarchie française a toujours empêché l’Élysée de voir la réalité en face. Paris n’a pas le choix, et c’est précisément les Africains qui ne lui laissent plus le choix. Paris lance indirectement de nouvelles attaques, avec à la clé, une nouvelle menace, à savoir, que ses alliés terroristes marche sur Bamako. Plus de 30 civils ont été tués, calcinés pour la plupart, le vendredi dernier dans l’attaque par des terroristes d’un camion transportant des forains entre Songho et Bandiagara dans la région de Mopti, dans le centre du pays. Selon des sources locales, un véhicule transportant des forains a été attaqué, le vendredi dernier, par des présumés terroristes. « Les bandits ont mitraillé le camion qui était rempli par de civils dont des femmes et des enfants. Le camion a pris feu et la plupart des passagers sont morts calcinés », rapporte une source locale. Selon le gouvernement malien, le bilan établi fait état de 31 morts, 17 blessés et le camion calciné. De nombreuses images insoutenables de l’attaque terroriste ont circulé sur les réseaux sociaux. Un jour après l’attaque, les autorités maliennes ont décrété une journée de deuil national à partir du dimanche 5 décembre.

D’un autre côté, ces derniers jours, on a également pu voir une Résistance en action, et ce ne sont pas des terroristes, car tout le monde le sait, les fameux terroristes de Daech et Al-Quaïda ne s’attaque jamais aux intérêts occidentaux. Les deux explosions qui ont visé le camp de la Minusma à Gao où sont stationnés des soldats allemands, et une autre attaque qui a visé un convoi de la Minusma sur l’axe Kidal-Gao, montre que le Mali n’est plus du tout enclin à laisser les occupants occidentaux se comporter comme en territoire conquis. Mais bizarrement, un média allemand a également fait part d’un possible étendu du terrorisme à Bamako.

Ces violences peuvent-elles atteindre la capitale Bamako ? Thomas Schiller, directeur du programme régional Sahel de la fondation Konrad Adenauer dans la capitale malienne, ne l’exclut pas :

“Il y a déjà beaucoup d’attaques dont on ne sait pas trop bien qui en sont les auteurs dans le sud du Mali, dans l’ouest aussi, en direction du Sénégal. Et ça, c’est un développement vraiment très important vu que la plupart des habitants de Bamako viennent du sud ou de l’ouest du pays. Ce que je crains, c’est qu’à partir d’un certain moment, tous les conflits qu’on voit au centre on puisse les voir au sud du Mali et malheureusement aussi à Bamako.”

Un message qui est clair, Bamako serait maintenant la nouvelle cible. En effet, déstabiliser la capitale et continuer de créer des attaques armées sur l’étendue du territoire, non seulement afin d’empêcher l’arrivée des soldats russes au Mali, mais pour éventuellement tenter de dissuader d’autres puissances du bloc de l’Est de venir dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Pour rappel, une autre puissance du bloc de l’Est, à savoir l’Iran, a fermement condamné l’attentat terroriste au centre du Mali. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères de la République islamique d'Iran a condamné l'attentat terroriste au centre du Mali qui a entraîné la mort de 30 civils.

En réponse à une attaque terroriste au Mali, Saeid Khatibzadeh a déclaré : « J'exprime mon profond regret et ma sympathie pour la mort de civils maliens à la suite d'attaques de groupes terroristes. J’exprime mes condoléances au gouvernement, au peuple et aux survivants des victimes. », a déclaré Saeid Khatibzadeh.

Vu les dernières réunions entre l’ambassadeur de la République islamique d’Iran et les Autorités de Bamako, ajouter l’arrivée de soldats russes au Mali et surtout le soulèvement de la population contre la présence d’occupation occidentale, la France et ses alliés tentent de tenir leur position dans le pays. Mais c’est peine perdue, l’Occident a perdu, le peuple malien et sahélien ont fait leur choix, et leur décision est irrémédiable. Les Occidentaux doivent quitter le Mali et le continent au plus vite.

 

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