Jan 26, 2022 19:58 UTC

Actualité en Afrique :

  • Burkina Faso : les compagnies minières poursuivent leurs activités, malgré l’arrivée au pouvoir des militaires
  • Sénégal / Locales 2022 : la coalition présidentielle battue à Dakar et Ziguinchor
  • La Centrafrique prépare ses premières élections municipales depuis plus de 30 ans
  • Cameroun : un incendie dans une boîte de nuit de Yaoundé fait une vingtaine de morts (bilan provisoire), dont de hauts fonctionnaires d’État

Analyses de la rédaction :

1. Burkina Faso: les Burkinabè doivent montrer leurs revendications

Il est encore trop tôt pour dire quel chemin vont prendre les militaires qui ont pris le pouvoir au Burkina. Le ton calme et serein des médias mainstream et du président français Emmanuel Macron, il est clair que ce coup d’État les arrange bien. L’ex-président Kaboré serait également placé en lieu sûr d’après Macron. Mais ce coup d’État était déjà prévu depuis un certain temps déjà.

De plus, les médias mainstream montrent la joie du peuple burkinabé suite au coup d’État, sans émettre également que le peuple garde cependant des réserves. Tout dépendra du chemin que compte emprunter la junte au pouvoir.

Les membres de la Coalition des patriotes africains (COPA-BF) / Hauts-Bassins étaient face aux professionnels des médias, ce mardi 25 janvier 2022 à Bobo-Dioulasso.

Cette conférence de presse a porté sur la situation nationale du Burkina Faso, marquée par le renversement du président Roch Kaboré et la prise de pouvoir par l’armée, ce lundi 24 janvier 2022. Face à ce coup d'État du MPSR (Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration), une nouvelle donne s’impose et le changement de paradigme est impératif. Le temps de servir la Nation et non servir des intérêts égoïstes a sonné », a laissé entendre le porte-parole de la COPA-BF, Emmanuel Da.

La COPA-BF met en garde les membres du MPSR, présidé par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. « Nous leur apportons notre soutien et nous serons avec eux s’ils sont avec le peuple. S’ils ne sont pas avec le peuple, ils nous auront en face d’eux, car notre lutte continue jusqu’à la libération totale du Burkina et le départ final des colons », a-t-elle prévenu.

Selon le porte-parole des conférenciers, « la COPA-BF sera attentive à la déclaration de politique générale des nouvelles autorités et restera constante dans sa position qui est de se dresser contre tout politicien ou aventurier politique qui n’a pas encore compris que l’intérêt supérieur du Burkina et de l’Afrique toute entière est l’essence de notre engagement ».

De plus, au lendemain de la proclamation du putsch, la quasi-totalité des partis politiques ont opté pour « observer » la situation avant toute réaction. C’est ce qui a fuité de nombreux états-majors politiques, en cette journée de mardi 25 janvier 2022.

Cela dit, une autre mauvaise nouvelle est tout de même apparue, c’est que visiblement, le Général Gilbert Diendéré, comparable à l’ex-putschiste François Bozize en Centrafrique, car tous deux des agents aux services de l’Élysée, a été libéré. Le même général qui était au service de Blaise Compaoré, emprisonné pour rappel pour avoir participé au meurtre de l’ancien président Thomas Sankara. En d’autres termes, Paris a regagné l’un de ses agents. Maintenant que les militaires sont arrivés au pouvoir, est-ce que le procès de Thomas Sankara va continuer ?

Beaucoup de Burkinabè sont descendus dans les rues pour montrer leur soutien au coup d’État, au peuple malien et brandissant également des slogans anti-France. Beaucoup de Burkinabè disent vouloir attendre de voir ce que vont faire les militaires, alors que le meilleur moyen, c’est bien de continuer de descendre dans les rues, en masse, pour faire entendre les revendications du peuple burkinabé. La coupure des liens avec la France et ses alliés européens, la dissolution des accords coloniaux, la fin du Franc CFA, coopération avec de nouveaux pays prêts à aider le Burkina Faso, comme la Russie et l’Iran.

C’est au peuple burkinabé de décider et ce sont les seuls qui peuvent tracer le chemin que va emprunter la junte militaire. Car encore une fois on le répète, il serait vraiment naïf de croire que le peuple burkinabé, qui soit dit en passant, à montrer au monde entier qu’il était capable de bloquer un convoi militaire français énorme, qu’un de ses jeunes fils a détruit un drone français avec un simple lance-pierre, et qui porte le flambeau de Thomas Sankara, va se laisser duper aussi par un coup de la France qui veut renforcer sa position au Burkina Faso avec des méthodes datant de mathusalem ?

 

2. Mali: l'arrogance française bat son plein !

Au Mali, suite à la réaction de Bamako par rapport au débarquement illégal des troupes spéciales danoises sur le territoire malien, la ministre française des Armées, Florence Parly s'est exprimée et honnêtement plus rien ne nous étonne venant de l'Élysée.

Elle en a profité pour affirmer sa “solidarité avec nos partenaires danois, dont le déploiement se fait sur une base juridique légale, contrairement à ce qu’affirme aujourd’hui la junte malienne”. La ministre s’expliquait à l’Assemblée nationale sur la politique française dans la région alors que Bamako a demandé lundi au Danemark de retirer “immédiatement” la centaine de soldats arrivés récemment dans le pays, sous l’étiquette de la task force Takuba initiée par la France. Un coup d’État au Burkina Faso a aussi considérablement compliqué la tâche de Paris selon eux. Sur les quatre pays du Sahel confrontés aux groupes terroristes liés à Al-Qaïda ou à Daech où est déployée Barkhane, trois (Tchad, Mali, Burkina) sont désormais dirigés par une junte militaire. “La junte malienne a rompu ses engagements et multiplie les provocations, selon ses propres dires. Des soldats russes sont déployés sur le territoire malien et un coup d’État que nous condamnons vient d’avoir lieu au Burkina Faso. Alors, est-ce qu’il faut abandonner la lutte contre le terrorisme? Non, ce combat est essentiel à notre sécurité”, a-t-elle prétendu. “Mais il est clair également que nous devons nous adapter à un nouveau contexte (…). Nous avons engagé une concertation approfondie avec nos partenaires, et notamment ceux de Takuba”, a-t-elle ajouté, en pointant du doigt le rôle de Moscou, accusée d’être derrière les opérations du groupe Wagner même si elle s’en défend. “En Afrique comme en Europe, la Russie par ses discours privilégie une stratégie d’intimidation, elle choisit la confrontation masquée qui est un facteur de déstabilisation. Faire face aux menaces hybrides, sous le seuil du conflit ouvert, c’est une des priorités de la présidence française de l’Union européenne”, a indiqué Mme Parly. Selon son entourage, la ministre française a multiplié les discussions bilatérales avec ses partenaires européens ces derniers jours. Le ministère italien de la Défense a d’ailleurs confirmé des contacts entre Mme Parly et son homologue Lorenzo Guerini dans un communiqué, soulignant notamment leur “inquiétude à propos de la présence structurée de soldats russes dans la région”. Rome a aussi évoqué “des discussions collectives entre tous les pays membres de la task Force Takuba, que ce soit en format Affaires étrangères ou Défense, sur les conséquences que le niveau d’instabilité a atteint au Mali et l’impact que cela a sur le plan opérationnel”.

Ces propos dénigrants et provocateurs sont relayés par l’AFP.

Un culot et un déni qui atteignent des sommets. Dans le contexte actuel de la situation, ce serait plutôt la France qui joue la carte de la provocation, en assurant qu’elle va rester au Sahel et que les forces danoises ont débarqué légalement sur le sol malien. En réalité, le Premier ministre l’a d’ailleurs confirmé, cette fameuse Task force Takuba est illégale et a été organisée et déployée de manière unilatérale sans aucune concertation avec les Autorités maliennes.

Qu’en est-il des avancées spectaculaires des Forces armées maliennes dans la lutte contre le terrorisme ? Les Famas ont enregistré des avancées spectaculaires en peu de temps, ce que Barkhane et Cie n’ont pas fait en 9 ans de présence. Une présence militaire spectaculaire, considérée par la population comme étant une présence d’occupation n’ont seulement servi qu’à protéger les intérêts des colons, sinon, le bilan au niveau de la lutte contre le terrorisme est exécrable. L’attaque de la base de Gao et l’officier tué est peut-être un false flag et également celle de la base de la Minusma à Ménaka, mais c’est le genre d’attaque qui pourrait être justifiée. Il est clair que le peuple malien et son gouvernement sont assez puissants pour pousser les Occidentaux hors de leur territoire avec la seule force de la parole, ils n’ont pas besoin d’user de la violence. Mais la colère contre les néocolons est tout de même énorme, et le Mali avance doucement, mais sûrement dans la voie de la libération. Cela dit, il faudrait accélérer et porter le prochain coup qui serait le départ complet des militaires occidentaux en mettant en avant les succès de l’armée nationale, la nationalisation des ressources naturelles du Mali qui pourrait largement aider le Mali à faire face aux sanctions, et la sortie du Franc CFA.

 

3. Iran/Togo: l'Iran booste ses liens avec l'Afrique

Comme le président iranien Ebrahim Raissi l’avait annoncé au début de son investiture, l’Iran continue de booster ses liens avec l’Afrique.

Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, séjourne depuis dimanche à Téhéran.

Il s’est entretenu hier, 25 janvier, avec son homologue iranien, Hossein Amir-Abdollahian.

Les deux hommes ont évoqué la coopération bilatérale sur le plan politique, économique, de l’éducation et de la santé.

Il a bien sûr été question de la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et de l’instabilité chronique dans cette région avec la multiplication des coups d’État.

M. Dussey a également été reçu hier par le président iranien, Ebrahim Raïssi.

S'exprimant lundi lors d'une rencontre avec le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, le président iranien Ebrahim Raïssi a déclaré que l’Afrique disposait de ressources naturelles, minérales et humaines exceptionnelles, ajoutant que Téhéran souhaitait un développement global des relations avec les pays africains, dont le Togo.

Le président iranien a fustigé les Occidentaux, accusés d’avoir « colonisé et de continuer à exploiter l’Afrique ».

Il a invité les nations africaines à préserver leur identité culturelle et à résister face aux pressions.

« Les pays africains disposent de toutes les capacités nécessaires à leur développement. La République islamique soutiendra l’Afrique sur le chemin de la prospérité », a-t-il indiqué.

Robert Dussey pour sa part a souligné que le Togo souhaitait établir des relations « étendues » avec Téhéran.

Il est clair que suite aux nombreuses sanctions que la République islamique d’Iran à cause de sa politique d’équité et son souverainisme, l’Afrique a beaucoup aidé la RII dans ses moments durs, et l’Iran voudrait non seulement rendre l’appareil, mais aller même encore plus loin.

Il est clair que beaucoup diront que le Togo fait partie de la Cedeao. Et après que la très controversée Cedeao a fait tomber un régime de sanction à l’Occidental contre le Mali, le Togo en faisait partie. Mais au plus on avance, et au plus on a l’impression que les pays qui ont voté ces sanctions n’avaient pas vraiment le choix. Car, ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est que beaucoup de pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire prennent chère la mise en place du régime de sanction contre le Mali. Mais les sanctions sont tout de même tombées. Ces sanctions ont réellement été mises en place en toute connaissance de cause ? Sachant la perte que ça allait causer, les pays de la Cedeao ont tout de même signé pour les sanctions contre le Mali ?

C’est l’une des raisons pour laquelle, le président iranien Ebrahim Raissi a dénoncé la politique occidentale en Afrique. Et depuis le début de sa prise de fonction, le président Raissi a insisté sur l’importance d’établir des liens avec les pays d’Afrique, non pas avec la prétention de les libérer entièrement de la spirale du néocolonialisme, mais plutôt en sachant qu’une coopération gagnant-gagnant, un échange des savoirs et des expériences l’Afrique ainsi que l’Iran pourront avancer dans le chemin du développement, car l’Afrique est très apte à se sortir de la spirale du néocolonialisme seule, et d’ailleurs les événements de ces dernières années continuent de le montrer. De plus, beaucoup disent également que les Occidentaux sont très présents au Togo. Pour rappel, Djibouti était tout aussi envahi par les Occidentaux, ce qui ne l’a pas empêché d’ouvrir ses portes à la Chine.

Lors de sa prise de fonction du président Raissi et du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, une grande majorité de pays africains ont non seulement envoyé un message de félicitation, mais ont également demandé à élargir les relations bilatérales, dans le domaine économique, scientifique et militaire. Et pourquoi donc ?

L’un des points fondamentaux dans le courant de penser de la République islamique d’Iran, c’est bien la transmission de la connaissance et du savoir-faire, c’est-à-dire, au lieu de vendre bêtement un produit fini, l’Iran transmet la connaissance nécessaire afin qu’un pays tiers arrive à le fabriquer lui-même. Cette transmission est primordiale pour avancer dans la voie du développement et est également une preuve dans les intentions de développer des relations bilatérales saines et gagnant-gagnant.

C’est ce qui fait que la République islamique d’Iran et les pays d’Afrique, quel qu’il soit, ont une convergence à savoir, le combat contre l’hégémonie impérialiste. Et ce combat continue de ramener de plus en plus de pays dans le camp des souverainistes. Et ce n’est qu’un début.

 

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