Apr 06, 2022 18:53 UTC

Le Burkina Faso affirme son droit de choisir le partenaire qui va offrir au pays un peu plus dans son domaine de compétence. Mais voici ce qui se passe une fois cette annonce faite...

Actualité en Afrique :

  • Namibie : le régulateur suspend l’attribution de nouvelles licences télécoms jusqu’en 2023
  • Rwanda : l’exécutif lancera un fonds d’appui de 350 millions $ à l’agriculture d’ici le second semestre 2022
  • Le Kenya s’allie aux Pays-Bas pour le transport frigorifique de produits horticoles via le chemin de fer Mombasa-Nairobi
  • Au premier trimestre 2022, les start-up africaines totalisent 1,8 milliard $ de fonds levés

 

Analyses de la rédaction :

1. La fin du Fcfa apparaît ?

Le compte des opérations auprès du Trésor français est clos : où sont passées les réserves de l'UEMOA ?

C’est désormais acté, le compte des opérations de l’UEMOA a été clôturé et les ressources qui y étaient déposées ont été investies ailleurs. Toutefois le premier bilan de la gestion locale de ces avoirs en devises n’est pas très positif…

La BCEAO a confirmé la clôture définitive du compte des opérations de l’UEMOA, qui était ouvert au sein du Trésor public français. « Conformément aux décisions des organes de l'Union, le compte des opérations a été clôturé », peut-on lire en note de bas de page du rapport sur les états financiers de la BCEAO en 2021, et dans la rubrique détaillant les avoirs extérieurs.

Le document ne dit pas de manière spécifique ce qu'est devenue cette ressource. Mais des informations contenues dans le rapport permettent de formuler des hypothèses solides. Une partie aurait été placée dans les comptes de correspondants. En effet, le poste des comptes ordinaires chez les autres correspondants est passé de 332,2 milliards de FCFA en 2020, à 3540,5 milliards de FCFA à la fin 2021.

Une autre partie a été placée sur des titres d'emprunts émis en devises internationales. Un peu plus de 913 milliards de FCFA ont été placés sur des titres « évalués à la juste valeur », c’est-à-dire qu’ils sont facilement transformables en liquidités. Et environ 2702 milliards de FCFA ont été prêtés à des pays développés, comme ceux de la zone euro, les États-Unis et, plus généralement, les pays membres de l’OCDE, ainsi qu’à des agences et institutions financières internationales. Et oui, généralement c’est l’Afrique qui prête de l’argent aux Occidentaux et non le contraire.

Pour la BCEAO, l'une des principales conséquences financières de la fermeture du compte des opérations au sein du Trésor public français, c'est la perte des revenus qui y étaient associés. L'institution y avait gagné 24,1 milliards de FCFA en 2020. Pour 2021, ce gain est naturellement de zéro. Par contre, les placements sur les marchés financiers entraînent un certain nombre de charges. Elles sont passées de 51 millions de FCFA à 2,45 milliards de FCFA. Aussi, il existe sur le marché ce qu'on appelle des pertes latentes. Elles ne sont pas effectives, mais pourraient survenir. Dans le cas de la BCEAO, ces pertes ont été estimées à 46,2 milliards de FCFA.

Dans ce contexte, les différents avoirs extérieurs de la banque centrale de l'UEMOA lui ont rapporté seulement 118,3 milliards de revenus nets d'intérêts en 2021, contre 185,21 milliards de FCFA en 2020. C’est 67 milliards de marge en moins, et cela représente une baisse de 36%.

La clôture du compte des opérations est restée longtemps une revendication des personnes qui militent contre le Franc CFA. Cette option politique tarde pour le moment à prouver sa pertinence.

Pourrait-on voir l'apparition de la fin du Franc CFA ?

 

2. Burkina Faso : un nouveau false flag US?

Le Burkina Faso affirme son droit de choisir le partenaire qui va offrir au pays un peu plus dans son domaine de compétence.

Alors que le pays est menacé par les Occidentaux à travers le biais de leurs mercenaires terroristes, le Burkina Faso pourrait enfin se décider à diversifier ses partenaires au niveau sécurité.

Conformément aux dispositions de la Charte de la transition qui disposent que « dans un délai de trente jours après la formation du gouvernement de transition, le Premier ministre présente la feuille de route de la transition devant l’Assemblée législative de Transition », Dr Albert Ouédraogo a décliné les axes de sa gouvernance, ce lundi 4 avril 2022. Son exposé, qui a été suivi de questions, n’a cependant pas été soumis aux votes des ‘’députés’’, comme requis en temps normal.

Au sujet de la lutte contre l’insécurité, le chef du gouvernement a déclaré qu’une réflexion est en cours au niveau de la défense afin de réorienter la stratégie. Nous, on ne se ferme pas. On est ouvert à tout type de partenariats. On se donne le droit de choisir le partenaire qui va nous offrir un peu plus dans son domaine de compétence. Nous sommes déjà en coopération avec plusieurs pays (africains, européens, américains, asiatiques). Une réflexion est en cours au niveau de la défense en vue de réorienter la stratégie de coopération pour optimiser les domaines de coopérations en fonction des opportunités qu’offrent chacun des partenaires. Un seul partenaire ne peut pas nous offrir tout. On se donne le droit de choisir le partenaire qui va nous offrir beaucoup plus de compétences dans son domaine », a-t-il dit au sujet de la coopération militaire.

La sonnette d’alarme est donc tirée, les Occidentaux se tiennent donc sur leur garde pour que le Burkina Faso n’emboite pas le pas au Mali.

Outre les attaques massives des groupes terroristes dans le nord du pays, une nouvelle menace pèse sur le Burkina, et cette fois, les terroristes visent directement Ouagadougou.

Les terroristes menacent de s’en prendre à Ouahigouya et à Ouagadougou dans les semaines à venir. En tout cas, c’est ce qu’a laissé entendre Newton Ahmed Barry sur sa page Facebook. On peut y lire « Pour la première fois, Djafar Dicko le chef terroriste de Ansarul Islam a donné des consignes claires de prêche à ses légions. « Nous allons fêter Tabaski à Ouagadougou ».

Une religieuse de nationalité américaine a été enlevée dans la nuit du 4 au 5 avril 2022, au nord-ouest du pays, précisément dans la localité de Yalgo. La sœur Suellen Tennyson a plus de 80 ans, son enlèvement, qui n'a pas été pour le moment revendiqué, a été mené par des hommes armés entre minuit et une heure du matin.

Un scénario entièrement similaire à celui du prêtre italien enlevé en septembre 2018, Pier Luigi Maccalli, âgé de 57 ans, enlevé par des hommes armés à son domicile à Bamoanga, un village de la région de Tillabéri, dans le sud-ouest du Niger, en proie à de fréquentes incursions terroristes.

À la seule différence, c’est que l’enlèvement de ce prêtre italien avait justement donné l’ouverture au gouvernement italien pour envoyer ses troupes militaires au Niger.

Souvenez-vous, tout de suite après la visite de l’ancien président américain Donald Trump en Italie, le gouvernement italien a commencé par prétexter l’afflux des migrants en provenance du Niger vers la Libye, mais également et toujours la même cause, à savoir l’insécurité. Le plan de Rome était justement d’envoyer des troupes militaires au Niger pour prétendument stopper les migrants. Mais Niamey avait refusé. Le ministère nigérien de l’Intérieur est sorti de son silence en mars 2018, en annonçant que l’envoi de militaires italiens sur le sol nigérien serait tout simplement « inconcevable » pour Niamey, puisqu’aucun échange officiel sur la question n’a eu lieu entre les deux pays. Mais l’Italie tout comme la France ou un autre pays européen qui reçoit le feu vert de Washington ne se fatigue pas à demander ou à informer les Autorités des pays africains. Des envois de troupes militaires sans que le Niger ou encore la Libye ne soient au courant. Après donc une rencontre de haut rang entre Giuseppe Conte et Donald Trump en juillet 2018, les choses ont soudainement changé, et L’enlèvement du prêtre a été organisé en septembre 2018 et ainsi la porte de l’officialisation de la présence militaire italienne a été ouverte. Le Niger n’a ensuite plus rien dit.

Maintenant, c’est une bonne sœur américaine qui a été enlevée. Difficile à première vue de croire que ce même scénario sera mis en place au Burkina Faso pour faire venir un contingent de militaires américains, mais étant donné que Washington n’informe jamais personne de l’envoi de ses militaires dans un pays souverain. Ce qui a toujours été constaté au Niger. Ce n’est que lorsque Washington avait décidé d’officialiser sa présence au Niger que soudain est apparue l’embuscade de Tongo Tongo qui a visiblement coûté la vie à 4 soldats américains. À ce moment-là, personne n’était au courant que des militaires américains étaient présents au Niger.

Si ça se trouve ils sont déjà présents au Burkina Faso aux côtés de ses alliés Barkhane et les groupes terroristes.

Les menaces des terroristes d’attaquer directement Ouaga font partie de l’intimidation si jamais les Autorités burkinabés décident de se tourner vers d’autres partenaires plutôt que Washington ou Paris.

Mais le peuple burkinabé a bien montré ses revendications. Il y a une semaine, des milliers de Burkinabés étaient descendus dans les rues de Ouagadougou pour appeler les Autorités à revoir la coopération militaire avec certains pays comme la France et se tourner vers d’autres partenaires.

Le gouvernement burkinabé n’a visiblement pas le choix, peu importe les nombreuses menaces qui pèsent sur le pays, cela va dans les intérêts du gouvernement de suivre les revendications du peuple.

 

3. Mali : le mensonge sans retenue de l'ONU !

Au Mali, les médias mainstream tiennent maintenant un os à ronger et ils ne lâchent plus l’affaire.

L’opération militaire de Moura fait couler beaucoup d’encre en Occident, aucune puissance occidentale n’est prête à accepter le fait que l’armée malienne a éliminé un peu plus de 200 terroristes. Pour cacher cela, les médias font passer les terroristes pour des civils. D’ailleurs, le bilan des morts varie aussi selon les médias. Sur RFI c’est plus de 300 personnes, sur Jeune Afrique c’est entre 200 et 400 personnes, bref, leurs chiffres ne sont pas clairs, par contre, il est clair que le monde occidental veut absolument faire passer l’armée malienne et le gouvernement malien pour des terreurs.

Voici ce qui se dit :

« En dix ans de guerre, jamais l’armée malienne n’avait été accusée d’exactions d’une telle ampleur. Selon des ONG locales et des sources onusiennes, entre 200 et 400 civils auraient été tués du 27 mars au 1er avril par l’armée malienne et par des soldats russes dans le village de Moura, situé dans le cercle de Djenné, dans le centre du Mali. « Si ces chiffres macabres se confirment, il s’agirait du pire massacre causé par les Fama », déplore une source diplomatique occidentale. »

Mais encore :

« La Minusma attend toujours l’autorisation des autorités de transition pour lancer sa mission d’enquête à Moura, village du centre du pays, qui a fait l’objet entre le 23 et le 31 mars d’une vaste opération militaire. L’armée malienne a indiqué avoir tué 203 terroristes et en avoir interpelé une cinquantaine, mais de nombreuses sources locales et humanitaires, maliennes et internationales, dénoncent auprès de RFI des exécutions massives de civils. Ce mardi 5 avril 2022, c’est l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch qui dénonce un « massacre » dans un rapport glaçant.

Rfi ramène en plus un témoignage, anonyme bien sûr : « J’ai vécu dans la terreur chaque minute, chaque seconde, en pensant que mon tour viendrait d’être attrapé et exécuté. » Ce témoignage est l’un de ceux recueillis par Human Rights Watch auprès de 27 personnes -habitants de Moura, commerçants qui s’y trouvaient pour le marché, représentants communautaires ainsi que des sources diplomatiques et sécuritaires. Selon ces témoignages, ce ne sont pas 203, mais au moins 300 personnes -de nombreuses sources vont même bien au-delà de ce chiffre- qui auraient été tuées à Moura par les soldats maliens et par leurs supplétifs russes.

Bref, les dates ne concordent pas, les chiffres non plus. Et on comprend mieux pourquoi les médias comme RFI et France 24 ont été suspendus. Donc difficile à croire.

En fait, c’est bel et bien des terroristes qui ont été tués et non des civils, ce qui porte un terrible coup dans la stratégie française et américaine. En effet, ces terroristes étaient donc censés descendre vers les pays de la côte du golfe de Guinée afin de terroriser ces pays et évidemment les pousser à demander de l’aide aux Américains et aux Français ou dans le schéma idéal, les deux comme au Niger.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, le chef d’État-major général des armées fustige la posture de ceux qui véhiculent des allégations infondées d’exactions sur les populations civiles imputées à ses hommes sur le terrain.

Ce qui l’a amené à dire que les porteurs de ces informations infondées n’ont d’autres objectifs que de ternir l’image des FAMa résolument engagées dans la lutte pour la liberté, la sécurité et la protection des populations.

Dans son communiqué de responsabilisation, le Chef des troupes rassure les populations sur le professionnalisme dont les FAMa font preuve sur le front. En exemple, il cite sur tant d’opérations, celle qui a permis de libérer 3 otages chinois en novembre 2021.

En ce qui concerne l’opération à Moura qui fut une réussite, l’EMGA magnifie le professionnalisme des FAMa dans le processus de conduite de ladite opération, notamment dans la phase de collecte de renseignements, l’action majeure aéroportée et aéroterrestre, la gestion des imprévus et l’exfiltration des forces.

Selon lui, la précision des renseignements collectés par des moyens techniques et électroniques à Moura a été le fondement de la réussite de l’opération.

« L’action aéroportée et aéroterrestre ayant mobilisé des drones de surveillance, 05 hélicoptères dont 3 de transport Mi 171 et 02 de combat Mi 35, 04 groupes d’action de forces spéciales a initialement permis de cerner la zone de regroupement des terroristes », précise-t-il.

S’il y a eu de violents combats à Moura, l’EMGA indique qu’ils ont permis de contrôler le secteur sud de la localité, suite à une désorganisation des terroristes en débandade.

Ainsi, pris en étau, ajoute-t-il, les terroristes tentant de fuir la localité sur les plaines ont été interceptés et neutralisés par le Mi 35 en couverture. En conséquence, le contrôle total de la localité a permis de faire le tri, rechercher, identifier des terroristes déguisés et dissimulés parmi les populations civiles, écrit-il.

Quant à la fouille, nous précise l’armée, a abouti à la récupération d’importants matériels militaires et la destruction d’un magasin et d’un dépôt de munitions fortement gardés et vraisemblablement piégés.

À l’issue de l’opération vivement saluée par les populations opprimées et otages des terroristes, l’EMGA indique que les suspects interpellés et les groupes d’action ont été exfiltrés hors de la zone par air. Et « les suspects terroristes ont été mis à la disposition de la prévôté », pour répondre de leurs actions devant la justice, indique le communiqué.

En toute responsabilité, l’EMGA qui s’incline devant la mémoire de vaillants soldats morts au cours des combats tout en souhaitant prompt rétablissement aux blessés, a également tenu à féliciter les FAMa pour leur bravoure et engagements pour la défense du territoire national, la Protection des personnes et leurs biens et la lutte contre le terrorisme.

Sur la question du respect des Droits de l’Homme (DH) de même que le Droit International Humanitaire (DIH), l’armée rappelle qu’ils restent une priorité dans la conduite de ses opérations d’où les énormes efforts de sensibilisation et de formation de même que l’ouverture systématique d’enquête à chaque fois que des allégations sont portées contre l’action des FAMa.

Enfin, l’EMGA invite au respect de la mémoire des vaillants soldats tombés sur le champ d’honneur de même que toutes les victimes du terrorisme et rappelle également à la retenue contre les spéculations diffamatoires qui ne servent pas notre armée résolument engagée pour la paix et la quiétude.

Les habitants de Moura, où a eu lieu la récente éradication des terroristes, déclarent que leur village compte plus de 4 mille habitants et qu’aucun civil n’a été tué par l’armée malienne.

Les terroristes et leurs chefs, comme à l’accoutumée, s’étaient réunis dans la forêt pour le partage de l’argent volé en espèces ou en nature aux populations de la contrée.

C’est au moment de ce partage de butins que l’armée malienne informée les a encerclés avec 4 hélicoptères de combat et un avion de transport de troupes. Un habitant de Moura affirme que l’ensemble des membres de sa famille avait été arrêté puis relâché à la fin des enquêtes.

Les Fama ont tué 203 terroristes, arrêté 51 terroristes, saisi et brulé 200 motos et armes et munitions récupérées…

C’est bel et bien le bilan de l’opération militaire malienne. Si cela compromet les pays occidentaux, c’est leur problème, pas celui des Maliens.

Comme dit à de nombreuses reprises, le but du gouvernement malien c’est de suivre les revendications de la population et de sécuriser l’entièreté du territoire malien, que ça plaise ou non à l’Occident. D’ailleurs, même avec ces allégations, il serait encore temps que les Maliens descendent dans les rues pour montrer leur solidarité aux Fama et surtout pour montrer que les médias mainstream n’ont plus d’emprise sur eux et qu’il n’est pas nécessaire d’essayer de salir l’image des Fama.

 

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