May 16, 2022 18:52 UTC

Au sommaire : 1. Les opportunités économiques de l'Afrique pour l'Iran

Le treizième gouvernement iranien, dirigé par Ebrahim Raïssi, a fait du renforcement des relations extérieures avec les pays africains l'une de ses priorités en matière de politique étrangère. A cet égard, le Chef du gouvernement a souligné que dans la nouvelle ère, le développement global du niveau de coopération avec les pays africains dans divers domaines économiques, commerciaux et politiques sera poursuivi plus sérieusement que jamais.

Le Président du treizième gouvernement, lors de nombreuses rencontres avec diverses autorités et personnalités des pays africains, a mis l'accent sur le renforcement des relations politiques, économiques, commerciales et sécuritaires. Ebrahim Raïssi a jugé « pas satisfaisant » le niveau actuel des relations entre les deux parties et a appelé le Ministère des Affaires étrangères de la RII, à étudier et à concevoir un mécanisme opérationnel pour identifier tous les potentiels à cet effet et accroître les relations entre l'Iran et le continent noir.

Après la Révolution islamique, le Mozambique est devenu le principal allié de l'Iran en Afrique et, en 1985, le très haut dirigeant iranien s'est rendu dans le pays et dans trois autres pays d'Afrique de l'Est à savoir la Tanzanie, l'Angola et le Zimbabwe - pour développer la coopération et renforcer les relations avec l'Afrique.

Le site d'information 198 China News s’intéressant à cette coopération a publié un rapport à ce sujet : « Le commerce de l'Iran avec l'Afrique subsaharienne entre 1979 et 2018 était le suivant : avec le Soudan (3,53 %), Djibouti (1,09 %), la Somalie (0,61 %), le Togo (0,15 %), le Mozambique (0,13 %) et la Guinée- Bissau (0,01 %).

« Bien que la coopération et le commerce avec le Mozambique, le Togo et la Guinée-Bissau aient été plus faibles que dans d'autres pays, ils revêtent une importance historique et stratégique significative en tant que partenaire commercial », ajoute le site Internet chinois.

Et d’indiquer : « De plus, après la Révolution islamique de 1978, le Mozambique était le principal allié de l'Iran et, en 1985, le dirigeant iranien s'est rendu dans ce pays et dans trois autres pays d'Afrique de l'Est à savoir la Tanzanie, l'Angola et le Zimbabwe, pour développer la coopération et renforcer les relations bilatérales. »

Le Togo n'entretient pas de relations commerciales solides avec l'Iran, mais est considéré comme le plus ancien partenaire commercial de l'Iran, ayant entretenu des relations avec le pays depuis 1966.

L'Iran et la Guinée-Bissau cherchent à développer des relations diplomatiques au sein des institutions régionales et internationales, notamment le Mouvement des non-alignés (MNA), l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) et l'Union africaine (UA).

De 2012 à 2013, ils ont mené des entretiens bilatéraux pour renforcer le soutien de la Guinée-Bissau à ces institutions et signé des accords de partenariat dans les domaines de la production et de l'agriculture, des mines, de la sécurité, de la santé, de la construction, de l'électricité et de l'énergie.

Les deux pays envisagent également d'élargir la coopération entre le secteur privé, les chambres de commerce et les services consulaires.

Le journal « African Business » a également écrit dans un rapport : « Le Chef de la diplomatie iranienne, Hossein Amir Abdollahian, a précédemment accueilli le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et la délégation qui l'accompagnait, et lors de cette réunion, les deux parties ont discuté de diverses questions aux niveaux bilatéral, régional et international et échangé des vues. »

Au cours de la rencontre, Amir Abdollahian a souligné l'importance des visites réciproques des autorités des deux pays dans le développement des relations bilatérales et la place prioritaire de l'Afrique dans la politique étrangère du gouvernement Raïssi. Diop a également annoncé la volonté de son pays d'élargir les relations bilatérales, en particulier sur plan commercial et économique. »

« Les deux parties ont également souligné la nécessité de développer la coopération dans des domaines d’intérêt commun tels que l'éducation, la santé, les nouvelles technologies, l'élevage et l'énergie, en particulier l'énergie solaire, et ont convenu d'élaborer une feuille de route pour la coopération dans les meilleurs délais », note toujours le journal.

Le soutien affiché par le gouvernement Raïssi à l'indépendance et au progrès du peuple africain

Selon Middle East, jusqu'à présent, Ebrahim Raissi a rencontré des autorités mozambicaines, togolaises et bissau-guinéennes et a appelé depuis le début de son mandat à élargir la coopération avec l'Afrique et à reconnaître ses capacités matérielles et humaines.

M.Raïssi note que les Occidentaux à travers l'histoire ont principalement cherché la colonisation et l'exploitation du continent africain et qu'aujourd'hui ils poursuivent leurs velléités dans ce continent de différentes manières.

Le Président iranien n’a pas manqué d’apprécier les efforts « précieux » des peuples de ce continent pour maintenir leur indépendance. Pour lui leurs succès dépendent de l'accent mis sur leurs identités nationales et culturelles et de la résistance aux desiderata des maximalistes.

Le 22 février 2022, le Président a rencontré son homologue mozambicain Filipe Nyusi, et a souligné la nécessité d'un développement global de la coopération avec les pays africains dans divers domaines économiques, commerciaux, politiques et des technologies de l'information.

Raïsi a ajouté : « L'Iran a toujours eu de bonnes relations amicales avec les pays africains ; Ils ont la capacité de se développer et de prospérer, et nous soutenons l'indépendance, le progrès et le bien-être du peuple africain. »

En janvier 2022, lors d'une rencontre avec le Ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, le Président Raïssi s’attardant sur le fait que les pays africains disposent de ressources naturelles, de minéraux et de main-d'œuvre riches et talentueux a déclaré : « Téhéran vise le développement global des relations avec l'Afrique, y compris le Togo, dans l'intérêt commun des nations. »

« Dans sa politique étrangère, l'Iran cherche à élargir l'interaction avec tous les pays du monde, en particulier les pays voisins et les musulmans », a-t-il renchéri.

« Raisi a jusqu’ici rencontré des autorités de pays d'importance historique, diplomatique et stratégique, et ce processus peut être considéré comme une tentative de rétablir les relations de l'Iran avec d'autres pays du monde. Contrairement à l’ancien Président (Hassan Rohani), qui a visité plus de 55 pays différents en Europe, en Asie et aux États-Unis pendant son mandant et dont l'objectif de la coopération était d'élargir et de maintenir les relations dans le cadre de l'accord nucléaire de 2015 (JCOPA) après le retrait américain du pacte multilatéral et la réimposition des sanctions en 2018, Raïssi a bien réussi à développer ses relations avec les pays africains jusqu'à présent et on s'attend à ce que dans un avenir pas trop lointain, l'Iran renforce ses relations bilatérales avec d'autres pays, en particulier les pays africains», conclut le média chinois.

 

2. Air Algérie reçoit l’aval du gouvernement pour acquérir 15 avions

En attendant la mise en œuvre du plan de libéralisation du secteur aérien en Algérie, le renforcement des capacités opérationnelles d’Air Algérie se poursuit. 

La compagnie aérienne algérienne Air Algérie a obtenu le feu vert du gouvernement pour acquérir 15 avions, selon Algérie Presse service, l’agence de presse gouvernementale. Le projet approuvé au cours du Conseil des ministres du dimanche 8 mai est un volet du plan de renforcement de la flotte de transporteurs, dont le but est d’ouvrir de nouvelles lignes vers des pays africains et asiatiques. 

En 2018, la compagnie avait dévoilé un plan d’acquisition de 40 avions à l’horizon 2025, avec des options de leasing. Ledit plan était réparti en plusieurs phases. 

L’État algérien s’implique personnellement dans le processus de redressement d’Air Algérie, qui depuis quelques années est confrontée à des difficultés de trésorerie liées selon ses dirigeants à la mauvaise gestion. La compagnie détient le monopole du transport aérien algérien, et ses problèmes actuels menacent la continuité de ses services et l’industrie aérienne nationale.

 

3. Cryptomonnaie : la République centrafricaine sera conseillée par une entité contrôlée par Coinbase

La République centrafricaine a surpris en décidant d’adopter le Bitcoin comme deuxième monnaie à côté du CFA, qui est utilisé dans la communauté dont elle est membre. Sa stratégie a été confié à Mara, une plateforme contrôlée par Coinbase qui est cotée sur le Nasdaq.

Alors que sa décision de légaliser le bitcoin comme deuxième monnaie légale à côte du Franc CFA continue de diviser les opinions en zone CEMAC, la République Centrafricaine a désigné un partenaire qui conseillera le président Faustin-Archange Touadera pour ce qui est de cette cryptomonnaie, ainsi que dans la construction d'une plateforme de trading.

Mara, une plateforme soutenue par des entités comme Coinbase, cotée sur le Nasdaq (Bourse des valeurs technologiques) à New York, a indiqué avoir été sélectionnée pour cette tâche, en même temps qu'elle annonçait avoir mobilisé 23 millions $ pour renforcer son offre de service en matière de transaction de cryptomonnaies.

« Nous sommes là pour conseiller le président sur l'amélioration de son infrastructure technologique afin qu'il puisse généraliser l'adoption de la crypto-monnaie. Cela signifie qu'il faut le conseiller pour qu'il développe l'accès à Internet et l'adoption du téléphone portable, et qu'il travaille en tant que conseiller puisqu'il est le premier pays africain à adopter le bitcoin », a fait savoir l'entreprise, selon des propos rapportés par plusieurs plateformes.

Les activités de Mara sont en effet en droite ligne avec l'esprit de la loi sur les cryptomonnaies en RCA, qui prévoit une possibilité de collecter des Bitcoins non pas forcément en les achetant ou en les créant, mais en prélevant des impôts sur les transactions relatives à cette monnaie. Les officiels centrafricains n'ont pas particulièrement communiqué sur ce partenariat. Toutefois on en sait davantage sur les processus qui seront mis en place.

Le gouvernement centrafricain aurait opté pour un processus qui s'étalera sur plusieurs années afin notamment de trouver des solutions aux défis infrastructurels qu'impose l'adoption de la Cryptomonnaie comme instrument de paiement. Les dirigeants de Mara sont plutôt enthousiastes pour ce projet qui leur donne l'opportunité de se construire un marché exclusif.

Ces développements sont de nature à diluer la satisfaction des anti-Franc CFA, qui ont salué l'initiative centrafricaine comme le début d'un vrai processus contre cette monnaie dans laquelle beaucoup voient les vestiges de l'époque coloniale française. La RCA aurait ainsi choisi de confier l'architecture de sa nouvelle monnaie à des acteurs qui dépendent des marchés et des capitaux à risque.

 

4. Transferts des migrants : l'Afrique subsaharienne reçoit moins que la France, l'Allemagne et l'Italie réunies

Certains discours tendent à faire des personnes immigrées originaires d’Afrique subsaharienne des poids pour l’économie en Europe. Les données sur les transferts des migrants permettent de construire un narratif complètement différent.

De nouvelles données publiées par la Banque mondiale sur le transfert des migrants dans le monde confirment une fois de plus que les ressortissants d'Afrique subsaharienne qui vivent dans des pays autres que les leurs transfèrent moins de ressources en cash dans leurs pays d'origine, comparativement aux trois premières puissances économiques de la zone euro (Allemagne, France, Italie). L’écart est encore plus important, si on inclut le Royaume-Uni, a constaté l'Agence Ecofin, en analysant les informations disponibles. 

En 2021, la totalité des transferts des migrants originaires d'Afrique subsaharienne vers leurs pays, et qui ont été capturés par les systèmes formels de transferts d'argent ont atteint 44,5 milliards $. Ils sont en hausse de 11,9%, après un repli de 2,3% en 2019 et une baisse de près de 10% en 2020. En comparaison, les transferts des migrants originaires de la France, de l'Italie et de l'Allemagne ont atteint 57 milliards d'euros. Si on y ajoute ceux du Royaume-Uni, le montant total des transferts des 4 pays s'élève à 62,5 milliards $.

La lecture des données historiques depuis 1990 permet de constater que même si les transferts des migrants africains ont connu une solide croissance, ils n'ont jamais été supérieurs à ceux des ressortissants de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de l'Italie. Ces données permettent de construire un narratif différent qui, dans certains débats politiques notamment en Europe, ont eu tendance à faire croire que les migrants africains et leurs pays profitent largement des économies plus développées.

Même au sein de la région, il y a des disparités. Le Ghana et le Nigeria absorbent près de 48% du total des transferts des migrants originaires de l'Afrique subsaharienne. Si on y ajoute le Kenya, cela fait plus de la moitié. Dans le cas de ces trois pays, les transferts de migrants proviennent souvent des pays situés en dehors de la Zone euro, notamment les Etats-Unis, le Royaume Uni, et très récemment les Emirats arabes unis. 

Rappelons cependant que la totalité des transferts de migrants n'a pas été capturée par ces chiffres. Les réseaux opaques de transferts de ressources financières sont nombreux. Dans certains cas, plutôt que de transférer du cash, les migrants envoient des biens de valeur. Mais à la différence des transferts formels, ce type de mécanisme n'entraîne pas de création monétaire contre des réserves de change.

 

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