Jun 21, 2022 18:59 UTC

Actualité en Afrique :

  • Éthiopie : L’Iran présente ses condoléances
  • Gazoduc transsaharien : L’Algérie, le Nigeria et le Niger conviennent d’actualiser l’étude de faisabilité du projet
  • Fin du Statut de réfugié ivoirien
  • Cameroun : une plateforme portuaire sous-régionale prend forme à Kribi

Analyses de la rédaction :

1. La Guinée rejette les bases militaires étrangères !

Les autorités guinéennes sont revenues sur une rumeur qui enfle depuis quelques jours dans le pays. En effet, dans une interview, le samedi 18 juin 2022, le colonel Sadiba Koulibaly, chef d’état-major général des armées, a rejeté les rumeurs qui parlent de l’implantation d’une base militaire étrangère en Guinée. Pour lui, il s’agit d’un projet qui n’aura jamais lieu tout au long de la transition et sous le leadership du président, Mamadi Doumbouya. 

« C’est aux Guinéens et seulement aux Guinéens de défendre la Guinée » 

« Je voudrais dire ici solennellement au nom du chef de l’État, président de la transition, chef suprême des armées, qu’il n’a jamais été et il ne sera jamais question de création ou d’implantation d’une base étrangère en Guinée pendant cette transition, sous le leadership du président de la transition. Que cela soit clair pour tous et chacun. Jamais à aucun moment de cette transition il n’a été question de la création d’une base étrangère en Guinée. Le président de la transition pense que c’est aux Guinéens et seulement aux Guinéens de défendre la Guinée. Et cette conception, cette pensée du président est antérieure au 5 septembre… Donc c’est une rumeur totalement infondée qui ne repose sur rien » a notamment déclaré Sadiba Koulibaly. 

Il s’agit d’une simple publication du chef d’état-major général des armées françaises à l’issue d’une rencontre, comme il l’a fait d’ailleurs avec plusieurs autres délégations. Il a voulu partager ça. Cela ne signifie en rien, en aucune façon, une quelconque volonté d’implantation ou de la création d’une base étrangère sur le territoire de la Guinée. Que le peuple de Guinée vaque librement à ses occupations et qu’ils se prémunissent. Ce n’est pas la première campagne d’intoxication. Il y en aura plusieurs. Mais le peuple reste serein. C’est pourquoi le président de la transition m’a envoyé pour dire au peuple de Guinée que c’est faux, c’est infondé. Ça n’a pas été pensé et ça ne sera jamais au cours de cette transition. 

Conakry a pris la décision de ne pas tourner le dos à Bamako 

Notons que l’éclaircissement apporté par ce dernier intervient dans un contexte où le Mali fait l’objet de sanctions de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Face à cette situation, Conakry a pris la décision de ne pas tourner le dos à Bamako, il y a quelques mois. Au cours du mois de janvier 2022, la Guinée avait dit ne pas avoir été associée à la décision de la CEDEAO « du 4e sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEDEAO ». « En conséquence, le CNRD réaffirme que les frontières aériennes, terrestres et maritimes de la République de Guinée restent toujours ouvertes à tous les pays frères conformément à sa vision panafricaniste » avait ajouté dans un communiqué, Aminata Diallo, porte-parole du Comité national de rassemblement pour le développement. 

Tout comme le peuple sénégalais avait fait, le peuple guinéen a également montré son soutien à Bamako en organisant une marche de Conakry à Bamako. 

Partis de Conakry le 15 mai dernier pour soutenir les Maliens et appeler à la fédération des deux États (Guinée -Mali), les jeunes marcheurs Conakry-Bamako sont arrivés à Bamako ce samedi 18 juin. Pendant ce parcours de 34 jours, ils n’ont observé que 3 jours de repos. 

Arrivés à Siguiri le 3 juin, ils ont pris la direction de Niani, l’ancienne capitale de l’Empire mandingue, située dans la préfecture de Mandiana pour rallier le Mali. 

Pourquoi choisir cette trajectoire qui est très longue. Alors qu’ils pouvaient passer par Kouremalé ? 

Mikhindé Daalindé Sankhon, le coordinateur du collectif se justifie : « on a choisi ce chemin pour toucher un maximum de personnes sur le territoire malien. Et ce chemin nous a permis de passer par Niani, l’ancienne capitale de l’Empire mandingue. Nous avons passé la nuit dans l’un des vestibules de Soundiata Kéita. C’est très symbolique de passer par ce chemin ». 

Un trajet qui leur a permis de traverser, sur le territoire malien, les villes de Yanfolila, Bougouni, Sanankoroba. Dans ce périple, c’est un accueil chaleureux qui a été réservé aux marcheurs panafricains. Des réceptions honorées par la présence des autorités locales. 

Des marches organisées et des propos des Autorités de pays voisins du Mali, qui mettent à mal non seulement la Communauté occidentale, mais également les instances comme la CEDEAO. 

2. Mali : à chaque retrait de Barkhane, une tuerie à la clé ! 

Le Gouvernement de la République du Mali a le profond regret d’informer que les paisibles populations des villages de Diallassagou, Dianweli, Deguessagou et environs dans le Cercle de Bankass ont fait l’objet d’attaques terroristes lâches et barbares, dans la nuit du 18 au 19 juin 2022. 

Le bilan cumulé fait état de 132 civils froidement tués par les éléments de la Katiba du Macina de Amadou Kouffa dont plusieurs, parmi les auteurs, ont été formellement identifiés. 

En cette douloureuse circonstance, le Gouvernement présente les condoléances les plus émues de la Nation aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. 

Le Gouvernement condamne avec la dernière rigueur les attaques et exactions perpétrées contre de paisibles populations et rassure que toutes les dispositions seront prises pour rechercher et traduire les auteurs de ces actes criminels devant la justice. 

Le Gouvernement appelle à la communion des cœurs et des esprits des Maliens face à cette épreuve et réitère que la sécurité et la protection des personnes et leurs biens restent sa priorité absolue. 

En conséquence, les vaillantes Forces de Défense et de Sécurité, en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, continueront avec détermination la dynamique de recherche et de destruction des sanctuaires terroristes, dans le cadre du Plan Maliko et de l’opération Keletigui, en veillant au respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme. 

Quelques heures après le massacre de plus de 100 civils par des hommes armés terroristes à Bankass, plus précisément dans la commune de Diallassagou, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, lors de la remise des clés des tracteurs subventionnés aux producteurs agricoles hier à Samanko, s’est incliné devant la mémoire des victimes. Une occasion pour lui de rassurer que ce crime ne restera pas impuni. « Tout d’abord, nous nous inclinons devant la mémoire de nos populations qui ont été victimes de l’attaque barbare survenue dans la commune de Diallassagou. Nous promettons que cet acte barbare inqualifiable ne restera pas impuni », a-t-il déclaré, avant d’entrer dans le sujet du jour. Survenue dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 juin 2022, cette attaque se présente comme la plus désastreuse contre la population civile depuis le début de la transition. Selon des sources locales, le bilan fait état de plus de 100 morts, et des personnes enlevées. Beaucoup de biens matériels ont été également emportés par les assaillants. 

À chaque retrait de Barkhane, une nouvelle tuerie apparaît. 

Lors de son retrait de la base militaire de Gossi, la découverte de charnier, maladroitement attribué aux forces armées maliennes par les médias mainstream avait déjà mis le pays en deuil. Maintenant que Barkhane s’est retirée de Ménaka, cette nouvelle tuerie fait son apparition. Une coïncidence ? 

Quoi qu’il en soit, les Forces armées maliennes (FAMa) ont renforcé leur position dans la région de Ménaka depuis quelques jours suite à la rétrocession du camp Barkhane de la localité aux soldats maliens. 

L’autre objectif important du renforcement des positions FAMa est lié à une vaste opération des personnes et de leurs biens contre les terroristes de Daech dans la zone frontalière entre le Mali et le Niger. 

De plus, selon les médias français, de nouveaux Russes auraient posé le pied dans le nord-est du Mali. « Plusieurs dizaines » de soldats russes sont arrivés mercredi à Ménaka. Ils ont pris place sur la base militaire rétrocédée lundi à l’armée malienne par les Français. Ces derniers s’attendent à une nouvelle tentative de manipulation de l’information pour leur nuire, mais c’est une nouvelle tuerie de la part des groupes terroristes qui a eu lieu à la place. Les médias français disent donc que la base de Ménaka est de nouveau espionnée par Barkhane ? 

Avant son départ de la base avancée de Ménaka lundi, avant-dernière étape du départ de Barkhane du pays, beaucoup d’analystes s’attendaient à une nouvelle exaction de la part de Paris dans la région de Ménaka. En effet, on voyait de plus en plus que les groupes terroristes gagnaient du terrain à Ménaka et Press TV Afrique avait annoncé nouvelle tuerie, mais dans la région de Ménaka et non à Bankass. 

La base de Ménaka se situe dans la région dite des trois frontières, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, dans laquelle les militaires français se sont longtemps investis dans le renforcement des groupes terroristes comme Daech ou Al-Qaida. 

Le résultat de ce retrait se termine par l’assassinat de plus d’une centaine de civils maliens par les terroristes dans la région du centre. Une opération visiblement planifiée depuis plusieurs semaines.

3. Éthiopie : les USA relancent les rebelles ! 

Le nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer, n’a pas perdu de temps avant de relancer des conflits en Éthiopie, qui selon ces propos sous-entendus, est l’une de ces cibles principales dans la région. 

Plus de 200 civils auraient été tués dans la zone déchirée par la guerre de l’ouest de Wollega, dans l’État régional d’Oromia, dans ce que la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC) a déclaré être lié à des affrontements entre les forces de sécurité gouvernementales et l’Armée de libération d’Oromo (OLA). 

La tuerie du samedi 18 juin à Tole Kebele, Gimbi Woreda de la zone ouest de Wollega est le plus meurtrier de ces derniers mois. Abdul-Seid Tahir, un habitant de la région qui a échappé aux violences, a déclaré à l’Associated Press qu’il avait « compté 230 corps. Je crains que ce ne soit l’attaque la plus meurtrière contre des civils que nous ayons vue de notre vivant. 

“Nous les enterrons dans des fosses communes et nous continuons à collecter des corps. Des unités de l’armée fédérale sont maintenant arrivées, mais nous craignons que les attaques ne se poursuivent si elles partent”, a déclaré Abdul-Seid. 

L’EHRC a déclaré dimanche que les meurtres avaient eu lieu à la suite “d’affrontements entre les forces gouvernementales et les militants de l’Armée de libération d’Oromo” et a déclaré que “l’attaque du groupe armé” contre des civils avait “résulté en de graves pertes civiles, des blessures et des dommages matériels. Les résidents appellent toujours à une assistance immédiate en raison de problèmes de sécurité dans la région. 

Dans un communiqué publié samedi, le gouvernement de l’État régional d’Oromia a blâmé les rebelles et a promis que ‘les forces de sécurité fédérales et régionales continueront de sévir’ contre le groupe armé, qui a été désigné comme groupe terroriste par le Parlement éthiopien. 

Cependant, Odaa Tarbii, porte-parole international d’OLA, a déclaré sur une page Twitter vérifiée que ‘les meurtres et la destruction de biens qui se sont produits à Tole, dans le district de Gimbi, ont été commis par la milice’ Gaachana Sirna ‘créée par l’État d’Oromia lui-même’. 

Une enquête de plusieurs mois par Addis Standard publiée en février de cette année a révélé le sort de centaines de membres civils de la communauté Amhara de diverses parties de la zone de Wollega qui ont fui des attaques soutenues et ont cherché refuge à Addis Abeba ; le rapport a également révélé que des centaines d’autres ont été obligés de déménager dans la zone d’Arsi, dans l’État régional d’Oromia. 

Dans les médias mainstream, cette tuerie est attribuée à l’armée éthiopienne tout comme avec le Mali et les 200 terroristes tués par l’armée malienne, les médias mainstream n’ont pas arrêté d’accuser les FAMA d’avoir tué des civils et non des terroristes. La donne est différente, mais le principe reste le même, remettre en cause les avancées de l’armée éthiopienne contre les rebelles.  

RFI annonce : ‘depuis samedi 18 juin, une vidéo montrant des soldats de l’armée nationale et des forces amharas tirer sur des jeunes hommes de la communauté oromo choque sur les réseaux sociaux éthiopiens.”  

« La vidéo montre le meurtre extrajudiciaire par les forces du gouvernement d’une trentaine de personnes que les forces du gouvernement disent être des membres de l’Armée de libération oromo. La commission, donc, réitère les recommandations et l’appel à une enquête plus approfondie sur cet incident, mais aussi des autres violations des droits de l’homme et du droit humanitaire ». 

Dans un communiqué, certaines ONG disent avoir « été informées (...) que des habitants (de Gambella) étaient victimes de diverses violations des droits humains de la part des forces régionales de sécurité, dont des exécutions sommaires ».  

Pourtant, sur la toile, la Communauté occidentale garde le silence contrairement à d’autres États comme la République islamique d’Iran. 

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran a condamné l’attaque par des groupes d’insurgés armés contre la région d’Oromia en Éthiopie et a exprimé ses condoléances au gouvernement, au peuple et aux survivants. 

Selon le groupe de politique étrangère de l’agence de presse Fars, Saeed Khatibzadeh, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, a exprimé sa profonde tristesse et sa sympathie pour le meurtre d’un certain nombre d’Éthiopiens lors d’une attaque par des rebelles armés dans la région d’Ourmia et a fermement condamné l’attaque.  

Au moins 260 personnes ont été tuées et des centaines blessées lors d’une attaque par des hommes armés dans la région d’Ourmia, dans l’ouest de l’Éthiopie. Ce massacre marque l’un des jours les plus sanglants en Éthiopie. Les habitants qui ont survécu au massacre ont rapporté que les assaillants avaient massacré des personnes et enterré leurs corps dans des fosses communes. 

L’arrivée du nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique marque déjà son entrée dans la région.  

L’une des cibles principales du nouvel émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer, c’était bien l’Éthiopie et l’Érythrée. Et il n’a pas perdu de temps, il débarque et de nouvelles tueries s’organisent en Éthiopie et sont par la même occasion attribuées aux forces armées éthiopiennes. 

Addis Abeba continue de tenir tête aux puissances coloniales comme les États-Unis et le peuple éthiopien reste uni et fidèle au pouvoir en place et à l’armée éthiopienne, ce qui veut dire que ces scénarios ne fonctionnent pas. L’ancien émissaire américain, David Satterfield en avait fait les frais et il n’a pas fait long feu. 

 

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