Jul 29, 2022 14:33 UTC

Actualité en Afrique :

  • Le Nigeria menace la BBC de sanctions pour un reportage sur des bandes armées
  • Côte d’Ivoire : lancement d’un vaste projet de renforcement de la sécurité alimentaire
  • Éducation nationale : Le président du Faso félicite les lauréats de la 4e édition du prix d’excellence
  • Alger, Abuja et Niamey signent un mémorandum pour le gazoduc transsaharien

Analyses de la rédaction :

1. Mali : les terroristes veulent faire un coup d’État ! 

Un groupe terroriste au Mali, le GSIM, a affirmé officiellement qu’une stratégie est mise en place pour frapper le pouvoir central à Bamako. L’attaque de la ville garnison de Kati, vendredi 22 juillet, n’a pas suffi au groupe pour manifester son intérêt pour la capitale du Mali. 
Moins d’une semaine après cette offensive, le groupe terroriste affilié à Al-Qaïda a exprimé ouvertement ses intentions pour Bamako. 

Dans une nouvelle vidéo de 4 minutes 50 secondes datée du mercredi 27 juillet, Mahmoud Barry, membre du Conseil consultatif du groupe terroriste dirigé par Iyad Ag Ghali a déclaré qu’une stratégie a été mise en place pour encercler le pouvoir central à Bamako, incarné par le président de la transition Assimi Goïta. « Il y aura des attaques régulières jusqu’à l’application de la Charia », menace-t-il. 

« Cette allusion à Bamako est une première pour ce groupe », reconnaît une source sécuritaire, invitant les autorités maliennes à faire le nécessaire pour neutraliser ces groupes terroristes à la solde de l’Occident rapidement. 

Pour certains analystes politiques, cela ne serait pas possible pour ces terroristes de prendre Bamako comme cela. La seule chose qu’ils peuvent faire, c’est d’installer la psychose au sein de la population. Pourtant, le groupe terroriste prétend vouloir épargner les civils alors que jusqu’à présent, ils se sont attaqués principalement aux civils maliens. 

De la même manière que la France demande indirectement aux Maliens de ne pas suivre le gouvernement malien, les groupes terroristes s’érigent en porte-voix de l’Élysée.  

Les représentants de ces groupes terroristes demandent maintenant aux civils de ne pas soutenir leurs dirigeants, précisant que « les opérations visent les infidèles, leurs alliés et leurs proches ». 

Plusieurs observateurs de la crise sécuritaire relient cette nouvelle stratégie aux opérations de ces derniers mois de l’armée malienne contre les groupes terroristes et aussi le choix du Mali de se tourner vers des pays comme la Russie. Mais ce n’est manifestement pas tout. Outre le fait que l’armée malienne a infligé de lourdes pertes aux terroristes, ce qui dérange le plus, c’est que le Mali a réussi à prouver que les groupes terroristes sont reliés aux Occidentaux.  

Il est clair que du 27 au 31 mars 2022, les FAMa ont déclaré avoir neutralisé 203 terroristes à Moura, un village du cercle de Djenné, dans la région de Mopti, à 545 kilomètres à l’est de Bamako. 

Ce qui a provoqué l’ire des Occidentaux et même de leurs mercenaires terroristes, car personne ne s’attendait à ce que l’armée malienne se renforce de la sorte et aussi rapidement.  

Pour en rajouter une couche, Amadou Kouffa, chef de la Katiba du Macina a remis en cause la version officielle, accusant les autorités maliennes d’avoir ordonné le « massacre de civils » dans ce village, où selon sa thèse, n’étaient présents que trente terroristes. Et c’est évidemment cette version-là, qui a été reprise par les officiels occidentaux et leurs médias propagandistes. 

Les preuves sont bel et bien là. Les liens entre dirigeants occidentaux et les groupes terroristes au Sahel ne font plus aucun doute. Et ça, c’est particulièrement gênant pour des pays comme la France, les États-Unis ou même pour l’ONU.

2. RDC : les déboires de l’ONU ; les terroristes dotés de missiles antiaériens !

En RDC, les manifestations pour exiger le départ de la Mission des Nations unies se succèdent depuis ce lundi 25 juillet dans plusieurs villes de l’est du pays : Goma, Beni, Butembo, Nyamilima, Sake, Uvira. Elles ont fait 19 morts, dont 16 manifestants. Parmi les manifestants, quatre ont péri électrocutés à Uvira, dans le Sud-Kivu, alors qu’ils se dirigeaient vers le QG de la Monusco. La polémique grandit sur l’origine de ces incidents. 

Qu’est-ce qui a pu occasionner la chute d’un câble électrique sur les manifestants qui se dirigeaient vers le QG de la Monusco à Uvira ? Une analyse balistique permettrait sans doute de le savoir. 

Sans attendre les enquêtes promises à la fois par les autorités congolaises, les Nations unies et le gouverneur du Sud-Kivu, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, déclare que l’accident mortel est dû à un tir de sommation des soldats de l’ONU, qui aurait percuté un poteau électrique : « Les Casques bleus ont tiré en l’air et les coups de feu ont touché un poteau électrique et un câble s’est déchiré et malheureusement, des personnes ont été électrocutées. Ce qui a causé quatre morts. » 

Ce mercredi, d’autres médias mainstream rejettent la responsabilité aux forces armées congolaises, qui étaient également présentes autour de la base onusienne, qui seraient prétendument à l’origine des coups de feu en l’air ayant sectionné le câble électrique. Des thèses qui sont improbables. 

Par ailleurs, ce jeudi, des coups de feu ont été entendus aujourd’hui dans une base de la Mission des Nations unies à Beni, dans la province du Nord-Kivu, alors que des manifestants anti-casques bleus tentaient de s’en approcher. Ils auraient été rapidement dispersés. Qui était à l’origine de ces coups de feu ? Le porte-parole de la Monusco, Khassim Diagne, prétend comprendre l’exaspération des Congolais face à la persistance des violences dans l’est du pays, mais il rappelle que le plan de retrait progressif de la force onusienne est conditionné, en accord avec les autorités, au retour de la stabilité et de l’État de droit dans les trois provinces où elle est encore présente. 

Ce plan, qui a été conjointement convenu avec le gouvernement, prévoit qu’il y aurait 18 jalons d’indicateurs de progrès sur tous les domaines : la sécurité, la restauration de l’État de droit, la justice, les systèmes pénitentiaires, etc., dans les 3 provinces qui nous restent. Décidément, les Occidentaux ne vont pas arrêter de vivre dans le déni. 

Il est important de préciser également que cela fait bien longtemps que les Congolais demandent le départ de la Monusco de leur territoire. 

Jason Stearns, directeur du Groupe d’étude sur le Congo (GEC) de l’Université de New York, annonce qu’un nouveau rapport rédigé avec son partenaire de recherche Ebuteli et l’institut de sondage BERCI sera publié dans les prochains jours.  

Selon ce document, dont la véracité des chiffres annoncés reste discutable, montre qu’en 2016, 55,1 % des sondés déclaraient qu’il n’était pas temps pour la MONUSCO de partir ce qui veut dire donc que 45 % demandaient déjà le départ de la mission onusienne. « Aujourd’hui, 44,7 % disent que les Casques bleus devraient partir maintenant (en 2016, ce chiffre était de 29,4 %) », écrit-il. Le même document ajoute qu’en 2016, 63 % de personnes sondées pensaient que la mission « faisait du bon travail pour protéger les civils et maintenant seulement 23,6 % le pensent ». En d’autres termes, une grande majorité de Congolais sont contre la présence de la Monusco sur leur territoire. 

Ce qui veut dire que contrairement à ce que prétendent certains médias mainstream ou la Communauté internationale, les Congolais ne sont, encore une fois, pas « manipulés » par un tiers, mais ils crient bien leur ras le bol face à la présence néfaste de troupes militaires étrangères sur leur territoire. Car évidemment, les Congolais ont bien compris la vraie raison de la présence de l’ONU dans leur pays et surtout, pourquoi l’insécurité est en hausse.  

L’ONU annonce un retrait progressif tout comme Barkhane avait annoncé un retrait progressif du Mali. Et on a bien vu les conséquences de ce retrait au Mali et c’est ce qui se produit également en RDC.  

Au Mali, Barkhane avait sous-estimé les capacités de l’armée malienne. La France n’avait en aucun cas prévu que Bamako allait utiliser sa force aérienne contre les groupes terroristes. En RDC, les troupes étrangères préparent leur retrait en préparant et armant les groupes terroristes pour qu’ils puissent également faire face à la force aérienne congolaise. 

Khassim Diagne, Représentant spécial adjoint auprès de la MONUSCO, a annoncé mercredi au cours d’un échange avec la presse organisée par Patrick Muyaya, ministre de la Communication, à Kinshasa que selon leurs informations, le M23 appuyé par le cheval de Troie des occidentaux à savoir le Rwanda, s’est doté d’un arsenal militaire antiaérien. Ces éléments font usage des missiles sol-air et peuvent atteindre des cibles aériennes. 

Il a également rappelé que ce dispositif surface-air a déjà causé des dégâts :  

« Ce missile sol-air a été à l’origine de la descente d’un avion de l’armée congolaise. Un missile sol-air descend un avion ou un hélicoptère. »  

Aucun détail n’a été donné sur les types de lanceurs. S’agit-il des missiles à très courtes portées (avec des lanceurs portables par un homme) ou véritable un arsenal des systèmes terrestres avec des tracteurs-érecteurs-lanceurs (un véhicule avec un tracteur intégré qui peut transporter, élever en position de tir et tirer un ou plusieurs missiles). 

Le peuple congolais demande le retrait immédiat de la Monusco, car il sait que c’est l’ONU qui fournit ces armes aux groupes terroristes en Afrique. Évidemment, personne ne va fouiller les conteneurs marqués du sigle « ONU », car selon la loi internationale, cela ne se fait pas. Pourtant, c’est bien ces conteneurs qui doivent être fouillés pour empêcher les armes d’arriver aux mains des terroristes ou des groupes armés.

3. CEDEAO : une nouvelle armée anti-panafricaniste ?

Après sa mini tournée africaine, le président français, Emmanuel Macron, a décidé de lancer une armée anti-panafricaniste. 

Le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Umaro Mokhtar Sissoco Embaló, président de la Guinée Bissau, a annoncé, jeudi, la création bientôt d’une « force anti-putsch ». 

Umaro Mokhtar Sissoco Embaló s’exprimait en conférence de presse conjointe avec son homologue français, Emmanuel Macron en visite dans le pays. 

« Il y a déjà sur la table de la Cédéao un projet de création d’une force anti-putsch qu’on est en train de penser à créer », affirmant que « cette entité va permettre à tout le monde de comprendre que nous sommes au 21e siècle et qu’il est inadmissible et inacceptable de faire des coups d’État », a-t-il déclaré. 

Et d’ajouter : « On ne peut penser que pour arriver au sommet de l’État, c’est un fast track. Il y a des procédures pour être chef d’État. Il faut qu’on soit tous républicains. C’est le peuple qui a le droit de sanctionner les dirigeants, mais pas avec des coups d’État militaires ». 

Le Président français Emmanuel Macron a, pour sa part, indiqué avoir été informé par le président Embalo de la volonté de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de bâtir une force luttant contre le terrorisme dans les différents membres. 

Saluant l’initiative, Macron estime que « c’est un instrument extrêmement efficace pour lutter contre les déstabilisations qu’on a vues fléchir dans la région où des groupes militaires ont exploité, parfois, l’affaiblissement de l’Etat pour prendre le pouvoir. Voilà ce qui est attendu de la Cédéao ». 

Il prétend, en outre, que « la France continuera son rôle dans la région au service d’États souverains légitimes. Car nous considérons que notre rôle est d’aider à réussir cette bataille contre le terrorisme et à permettre le développement stable et la formation de la jeunesse dans cette partie du continent africain ». 

Enfin, Embalo annonce une mission bientôt à Bamako qui sera conduite par son ministre des Affaires étrangères pour rencontrer les autorités maliennes suivies de sa visite au Mali. L’objectif vise dit-il à discuter avec « nos frères maliens et je pense qu’on va arriver à un accord, car c’est très important qu’on finisse avec la transition au Mali, au Burkina et en Guinée Conakry ». 

Il est clair que si le président français demande au président Embalo, de créer une armée pour faire la guerre aux gouvernements malien, burkinabé ou encore guinéen, ce n’est pas pour se lancer dans une guerre contre le terrorisme, qui est, pour rappel, la priorité des États africains. L’enjeu est assez important pour Paris, car la préoccupation de Paris, ce ne sont pas les coups d’État en Afrique, mais bien la crainte que les autres pays d’Afrique suivent les pas du Mali.  

Et pour cause, les Occidentaux tentent de développer l’énergie nucléaire, pour alimenter l’Europe, et peut-être même se passer du pétrole. Rappelez-vous, le 10 février, Emmanuel Macron avait annoncé sa volonté de faire construire d’ici 2050 six nouveaux réacteurs nucléaires EPR et en envisage huit autres supplémentaires. Mais à votre avis, d’où proviendrait l’uranium nécessaire pour son projet ?  

Imaginez donc que les pays d’Afrique de l’Ouest décident de suivre la même voie que le Mali et finissent donc par rompre les relations avec la France et ne fournissent plus les ressources nécessaires au bon fonctionnement de ces fameuses centrales nucléaires... que se passerait-il ? 

Cette visite d’Emmanuel Macron en Guinée-Bissau, ainsi que la nomination du président Embalo à la tête de la CEDEAO, nous a éclaircis sur l’affaire de la tentative de coup d’État dans le pays en février 2022. En effet, la tentative de coup d’État était entourée de mystère. Maintenant, la situation est beaucoup plus claire. C’était tout simplement une mise en garde à l’encontre du président Embalo pour qu’il suive à la lettre les diktats de Paris contre des pays comme le Mali.  

De plus, comme à son habitude, Emmanuel Macron continue d’avoir ces propos insultants concernant l’Afrique. Au Cameroun et au Bénin, Macron a tenté de contrer l’influence de Moscou, c’était l’un de ses objectifs. Le président français a abordé le sujet dès sa première prise de parole, mardi 26 juillet à Yaoundé, lors d’une conférence de presse avec son homologue camerounais Paul Biya. Il a critiqué « l’hypocrisie » du continent vis-à-vis de la Russie et de son invasion de l’Ukraine. 

« Je vois trop souvent de l’hypocrisie, en particulier sur le continent africain (...) à ne pas savoir qualifier une guerre, parce qu’il y a des pressions diplomatiques, je ne suis pas dupe », a déclaré le chef de l’État, sans désigner directement la Russie. Le problème, c’est que le déni de la France et même de l’Europe concernant le conflit ukrainien atteint des sommets.  

Le problème ce n’est pas une histoire de « manipulation » ou de « pression politique », comme veut absolument le prétendre Emmanuel Macron, mais bien l’hypocrisie de l’Occident et non de l’Afrique. La politique de deux poids deux mesures des occidentaux est bel et bien le cœur du problème. On parle de conflit ukrainien et de sanction envers la Russie, mais on ne parle pas de sanctions ni même de condamnation pour le régime d’apartheid d’Israël en Palestine, ou contre le bombardement et l’invasion de l’Irak par les États-Unis, ou encore le bombardement de l’OTAN en Libye, ou encore le bombardement du Yémen par l’Arabie saoudite, ou encore des nombreux massacres et crimes de guerre commis en Afrique, on pense encore au bombardement du village de Bounty au Mali en janvier dernier par la force Barkhane qui prétendait bombarder une réunion d’élément terroriste alors que ce n’était qu’un mariage de civil. Où sont les condamnations et les sanctions ?  

Ces bien l’hypocrisie occidentale qui est le au cœur du problème et non des « pressions politiques » de la part de la Russie. 

En bref, des propos qui, comme à l’accoutumée, sont insultants envers l’Afrique.  

La création d’une force contre le panafricanisme et les propos insultants est en fait une déclaration de guerre directe de la France contre les Africains qui défendent leur souveraineté et leur intégrité et qui se battent bec et ongle pour prendre leur destin en main. D’ailleurs, la récente menace des groupes terroristes au Mali contre le gouvernement malien en est également une preuve. 

Des propos qui, comme à l’accoutumée, ne prennent absolument pas en compte la volonté du peuple. Ici, les deux dirigeants visent particulièrement le Mali. Visiblement, le président Macron prend l’affaire du Mali très personnellement au point de vouloir lancer une nouvelle armée, non pas pour combattre le terrorisme, mais bien pour combattre les putschs. À l’heure où le terrorisme prend de l’ampleur dans la région de l’Afrique de l’Ouest, Macron veut que les armées ouest-africaines laissent le terrorisme et se mobilisent contre les putschs, et ce, sous la pression du chantage et des menaces. Il est vrai que certains dirigeants n’osent pas ou n’arrivent pas à se retourner contre la France, peu importe la vraie raison qui les anime. Mais le Mali reste tout de même un bel exemple. Le peuple malien qui a réussi à imposer la ligne à suivre à ses dirigeants, et un gouvernement qui suit les directives de son peuple, et non les diktats de la France ou encore des États-Unis, voilà un point essentiel que les chefs d’États africains et même du monde entier devraient s’inspirer.

 

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