Aug 02, 2022 10:11 UTC

Actualité en Afrique :

  • Niger : Le Premier Ministre installe officiellement le cadre national de dialogue public-privé
  • Mali: scandale de l’achat des équipements militaires : La justice aux trousses de trois anciens ministres
  • RDC/ Des Casques Bleus tuent 3 Congolais: le Secrétaire Général de l’ONU les fait arrêter
  • Rassemblement à Ouagadougou contre la présence française

Analyses de la rédaction :

1. Burkina Faso: des manifestations anti-France se mettent en place ! 

De nombreuses personnes se sont rassemblé samedi à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso pour manifester contre la présence française dans le pays. 

Rassemblés devant le mémorial érigé à la mémoire de Thomas Sankara, ancien président assassiné en 1987, des burkinabès ont appelé au départ de la France, ex-puissance coloniale. Ces protestataires ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « France, parrain du terrorisme, dégage », « Tous ensemble pour la libération du Burkina Faso », « France impériale, tyran, sangsue, dégage », où encore « non aux accords de coopération avec la France ». 

« Nous dénonçons les accords de partenariat économique, l’installation des détachements et des bases militaires sur le continent » africain et « exigeons le départ de la base militaire de Kamboissin (nord-ouest de Ouagadougou), la fin de la convention d’assistance technique et des accords de coopération avec la France », a déclaré Monique Yeli Kam, présidente d’une nouvelle coalition d’organisations rassemblées au sein du M30 Naaba Wobgo. 

La France « s'agrippe de façon misérable à son ancien empire colonial africain dont elle pille, exploite à souhait les ressources, allume des foyers de terrorisme et alimente des guerres et des génocides », a-t-elle ajouté. « Nous sommes une nouvelle génération et nous avons pris conscience de notre histoire et sommes déterminés à nous assumer et mériter notre indépendance à travers plus de liberté et de vérité », a de son côté affirmé Sayouba Kindo, membre du M30. 
Ce mouvement a lancé un appel à des manifestations nationales le 12 août pour exiger « la fin de la politique française sous toutes ses formes et le départ de l'ambassadeur de France ». 

La présidente du Mouvement pour la renaissance du Burkina Faso (MRB), Yéli Monique Kam, a lancé officiellement le mouvement M30 Naaba Wobgo, ce samedi 30 juillet 2022 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse. 

Ce mouvement a pour objectif, selon les initiateurs, « la lutte pour la rupture des accords de coopération avec la France ». Ainsi, le M30 a prévu, avant même son lancement officiel, une marche-meeting pacifique le 12 août 2022, sur l’ambassade de la France au Burkina Faso pour demander le départ de l’ambassadeur et la fin de la politique française en Afrique. Cette marche concerne l’ensemble du territoire national. 

Alors que Yéli Monique Kam et ses camarades étaient face à la presse au mémorial Thomas Sankara, un groupe d’individus, visiblement hostiles à l’activité, a fait irruption dans la salle. Ils ont commencé à jeter les chaises, rapporte certains journalistes. 

Les forces de l’ordre sont intervenues. « La police est allée chercher Yéli Monique Kam au lieu du lancement officiel du mouvement M30 Naaba Wobgo, au conseil de l’entente, à Ouagadougou. Cependant, la police nationale a intimé l’ordre à certains journalistes d’effacer leurs photos prises. Il y a eu des blessés suite à l’affrontement entre une partie des jeunes hostiles à l’activité et les partisans de Yéli Monique Kam », précise un journal local. 

Il faut noter qu’avant l’interruption de cette activité, Yéli Monique Kam a prêté serment pour être fidèle au mouvement M30. « Moi Yeli Monique Kam, j’affirme mon patriotisme, mon appartenance et mon amour pour mon pays et pour tous les autres continents. Notre lutte ne vise pas les peuples mais la politique française en Afrique. Je m’engage à lutter contre la domination, la politique française en Afrique et ses alliés américains jusqu’à la libération complète de mon pays et de la terre de mes ancêtres afin de la léguer intacte aux générations futures. Je jure d’être fidèle à l’idéal du M30 Naaba Wobgo pour un Burkina uni prospère et stable », a-t-elle déclaré. 

L’idée de la naissance du M30 est née au lendemain de la déclaration de l’ambassadeur de la France au Burkina Faso, Luc Hallade, concernant des internautes qui accusent la France de jouer un double jeu dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Il a déclaré : « Je regrette que les réseaux sociaux soient devenus les idiots utiles, la caisse de résonnance de ceux qui nous accusent de jouer un double jeu ». Cette déclaration n’a pas été digérée par une partie de l’opinion burkinabè. 

L’Élysée continue vraisemblablement de relancer la vague anti-France colonialiste au Burkina Faso de par son comportement et ses propos. Il n’y a que le peuple burkinabé et le peuple d’Afrique qui peuvent pousser les colons hors du continent. 

2. RDC: l’aveu d’échec de l’ONU 

Tout comme le convoi militaire français qui a été stoppé par la population burkinabé en novembre 2021 ou les soldats français ont dispersé les manifestants à balle réelle, l’ONU semble suivre le même cheminement. 

Un convoi de Casques bleus de l'ONU empêché de franchir un poste frontalier avec l'Ouganda, dans l'est de la République démocratique du Congo, a ouvert le feu dimanche et forcé le passage, blessant huit personnes, selon un responsable local. 

Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, on voit des hommes dont au moins un en tenue de policier et un autre de militaire, s'avancer vers le convoi immobilisé de l'autre côté de la barrière fermée à Kasindi, dans le territoire de Beni, à la frontière avec l'Ouganda. Après un échange verbal, on voit les Casques bleus tirer des coups de feu, avant d'ouvrir la barrière et de franchir le poste. 

Selon Barthélemy Kambale Siva, fonctionnaire délégué du gouverneur du Nord-Kivu à Kasindi, "huit personnes, dont deux policiers qui étaient commis à la barrière, ont été grièvement blessés" dans cet incident. M. Kambale Siva n'a pas donné la raison pour laquelle le convoi onusien était empêché de franchir la barrière. 

La mission de l'ONU en RDC, la Monusco, n'avait pas donné suite dans l'immédiat. 

La semaine dernière, des manifestations meurtrières pour réclamer le départ des Nations unies, ont eu lieu dans plusieurs villes de l'est de la RDC. Un total 19 personnes, dont trois Casques bleus, ont été tuées dans ces manifestations violentes. 

Les manifestants accusaient les Casques bleus d'inefficacité dans la lutte contre la centaine des groupes armés responsables du chaos dans lequel sont plongées les provinces de l'est du pays. 

En visite en RDC, Jean Pierre Lacroix, chef du département de paix de l'ONU a indiqué samedi être venu pour "parler avec les autorités congolaises, examiner les moyens par lesquels nous pourrons à la fois éviter se reproduire ces incidents tragiques et surtout mieux travailler ensemble pour atteindre nos objectifs".  

"Nous souhaitons que les conditions soient réunies, notamment le retour de l'autorité de l’État, pour que la Monusco puisse avoir terminé sa mission le plus vite possible et laisser la place à d'autres formes de soutien international", a-t-il dit. 

Mais l’ONU a tout de même été obligé de reconnaitre ce samedi, “l’insuffisance” des résultats de sa mission de paix en République Démocratique du Congo (RDC) et dit comprendre la frustration des Congolais. 

Cette audience accordée à Jean Pierre Lacroix et cie, intervient quelques jours après la série des manifestations populaires à l’Est de la RDC exigeant le départ de la Monusco. 

“Nous sommes venus rendre hommage aux victimes congolaises et onusiennes des derniers événements malheureux qui se sont déroulés à l’Est du pays, a déclaré d’entrée de jeu M. Lacroix. 

Tout en condamnant ces manifestations de colère, le numéro 02 de l’ONU a dit attendre le rapport des enquêtes. Pour eux, les manifestations de colère à Goma, Butembo, Uvira, etc sont des attaques planifiées dont les auteurs doivent être recherchés. 

Toutefois, a-t-il dit, l’ONU poursuit sa collaboration avec l’Etat congolais malgré l’insuffisance de résultats. 

M. Lacroix a aussi exprimé le soutien de l’ONU aux processus de Luanda et Nairobi. De son côté, Félix Tshisekedi a fait part à l’équipe onusienne, des frustrations de la population congolaise. Il a rappelé toutes les péripéties qui ont conduit à la montée de tension au sein de la population. Les deux parties ont reconnu la nécessité d’améliorer la communication au sujet de la crise à l’Est. Ce dimanche, M. Lacroix est attendu à Goma et à Beni pour une évaluation de terrain.  

La machine est lancée, les congolais demandent le départ immédiat de la Monusco, mais pas pour que cette mission soit remplacée par d’autres aides militaires internationales, peu importe le format. Les congolais demandent tout d’abord un renforcement de l’armée nationale et sont même prêts à tolérer une aide militaires régionales, à conditions que ces aides viennent des pays voisins amis de la RDC.

3. Mali: Macron doit arrêter sa “posture néocoloniale”

En visite à Bissau, le Président français a déclaré : ” Nous avons aussi partagé nos inquiétudes sur l’amplification des violences contre les populations civiles au Sahel, plus largement dans toute la sous-région, et en particulier les exactions commises par les éléments mercenaires déployés au Mali et dont les agissements sont désormais documentés par les Nations unies. Wagner pour ne pas les citer…”. 

Sur cette lancée incendiaire, il parle de “violences systématiques visant les populations peulhs. ” Pure délire ! 

Décidément, Macron a du mal à accepter l’humiliation subie au Mali. Et il est visiblement décidé à foutre la pagaille dans un pays dont le seul tort est d’avoir mis les forces françaises hors de son territoire. Pour Macron, l’affront subit par la France doit être lavé même s’il faut pousser les populations civiles maliennes à s’entre tuer. 

Mais le Président français ou l’avocat défenseur des populations peulhs semble avoir la mémoire courte. A-t-il oublié le massacre commis par l’armée française à Bounty dans la Région de Mopti, le 03 janvier 2021 ? En dépit du rapport de la MINUSMA qui indique clairement la responsabilité de Barkhane dans le bombardement d’un cortège de mariage, le gouvernement français n’a jamais accepté d’endosser cette barbarie. Est-ce Wagner qui a froidement assassiné les populations peulhs de Bounty ? 

Seuls ceux atteints de myopies ferment les yeux sur ces massacres perpétrés par l’armée française dans le Centre du Mali. Or des “rapports documentés des Nations unies” existent également sur ces massacres. Alors Monsieur l’avocat défenseur des peulhs demander à l’ONU de publier également lesdits rapports. 

Oui Macron semble avoir la mémoire courte. A-t-il oublié le Génocide rwandais ? Bilan ? 800.000 à 1000 000 victimes. Là aussi, la responsabilité de la France ne fait l’objet d’aucun doute. Seulement voilà ! Le Mali dit ceci à Emmanuel Macron : qu’il se détrompe une bonne fois pour toute, LE MALI NE SERA JAMAIS LE RWANDA ! 

Le Mali ne sera non plus jamais la Côte d’Ivoire où la France a aligné des fosses communes pour arriver à ses fins : installer au pouvoir un larbin. 

De 2010 à 2011, la crise ivoirienne a fait plus de 3000 morts. Et l’armée française s’est illustrée en intervenant du début à la fin de ce conflit. Un des moments sanglants de cette crise fut justement l’intervention de l’aviation française sur la ville de Bouaké. 

Aujourd’hui, des manœuvres sur fond d’ingérence dans les affaires intérieures du Mali sont pilotées depuis l’Elysée. Des dernières attaques contre les garnisons militaires, aux gesticulations de certains mouvements signataires de l’accord d’Alger en passant par l’agitation de certains politiciens….toutes ces machinations ont pour objectif de provoquer le chaos au Mali après le départ définitif des forces françaises. Un départ prévu dans les semaines à venir. Alors, l’agitation verbale de Macron n’a d’autre objectif que de baliser le terrain à ce chaos programmé. 

Aux Maliens de s’unir afin d’éviter le piège ! 

 

Mots clés