Aug 13, 2022 14:45 UTC

Actualité en Afrique : Un plan de modernisation annoncé pour la ligne ferroviaire reliant la Tanzanie à la Zambie ;

Mali : l’armée allemande suspend « jusqu’à nouvel ordre » la majeure partie de ses opérations ;

Côte d’Ivoire-AIP/les travaux du lycée professionnel et de l’hôpital général de Kong officiellement lancés ;

Tchad-Gabon : Mahamat Idriss Deby attendu à Libreville

Analyses de la rédaction :

RCA : coup de maître constitutionnel de Touadera

Pourquoi un média mainsteam par excellence qui ne fait en général que la promotion de la loi fondamentale dans les pays africains et on peut en citer des exemples du Cameroun ou du Mali où la France a tout fait pour arracher à coup de manœuvre de déstabilisations, de révolution de couleur, de coup d’État, même d’en changer le contenu, affiche-t-il une telle réticence quand le président centrafricain, champion de la lutte anti-néocoloniale, par qui a commencé la mise à la porte de la puissance d’occupation française en Afrique parle d’un référendum constitutionnel ?

Le président centrafricain s'est exprimé vendredi soir dans un message à la nation, à la veille du 62e anniversaire de l'indépendance. Le chef de l'État s'est dépeint en défenseur de la souveraineté du pays et, sur le sujet de la loi fondamentale, qui crée des remous à Bangui, « sensible aux aspirations profondes du peuple ».

Le 13 août est l’occasion de « rallumer la flamme de l’espérance » attaque Faustin-Archange Touadéra, « la manifestation de notre volonté commune de construire un État souverain et démocratique », poursuit-il. « Nous voulons prouver que nous sommes un peuple qui sait d’où il vient, un peuple qui sait où il va, un peuple qui sait ce qu’il veut. »

Et selon le chef de l'État, ce que veut le peuple centrafricain, c'est un référendum constitutionnel : « depuis le dialogue républicain, en mars dernier, de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger la révision », selon lui. « Notre corpus juridique n’est pas immuable. Il doit s’adapter aux évolutions sociales, politiques, techniques et environnementales tant nationales qu’internationales », estime-t-il encore. « La représentation nationale s'est montrée sensible aux aspirations profondes du peuple manifestées à travers des pétitions et marches de soutien », c'est donc pour cela que l'Assemblée « a demandé au gouvernement de déclencher la procédure du référendum ».

« Je ne ferai rien sans la volonté du peuple détenteur de la souveraineté nationale, ajoute Faustin-Archange Touadéra, cependant, je ne saurais demeurer indifférent aux cris de cœurs de mon peuple qui est dépositaire par excellence du pouvoir souverain. Je vous ai écouté. Je prends acte de vos sollicitations pressantes qui me sont parvenues de partout réclamant une nouvelle Constitution. »

Et de conclure : « Il appartiendra au gouvernement d’en aviser et de donner suite à la demande de l’Assemblée nationale, je veux dire, à votre demande. »

Mais de quoi s’agit la constitution centrafricaine pour que sa révision soit aussi difficile à digérer pour l’axe occidental ?

Il faut savoir que comme toute autre constitution, celle de la RCA est composée de plusieurs parties : le pouvoir judiciaire, le conseil de l’état, le conseil économique et social, le Conseil national de la médiation, le haut conseil de la communication, les collectivités territoriales et tout un tas d’autres chapitres qui concernent les divers aspects d’un gouvernement et de son peuple.

Le point le plus important dans tous ces chapitres est l’aspect économique, mais aussi militaire.

Un point important à révéler s’agit des changements radicaux que le président Touadera a effectué durant ces dernières années notamment en ce qui concerne les accords militaires.

Il faut savoir que lors d’un décret signé en septembre 2011 entre le gouvernement de la RCA et celui de la France, des formations des membres du personnel centrafricain par leur accueil ou leur admission en qualité d'élève ou de stagiaire dans les écoles de formation militaires françaises ou soutenues par la France a été autorisée et ce partenariat de défense comprenait toutes les parties de la défense centrafricaine, un peu comme ce qui se passait avant le coup d’État au Mali, en Guinée et dans d’autres pays africains sous occupation étrangère.

« Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement du Peuple centrafricain appelé à se prononcer par voie de référendum », peut-on lire dans l’article 66 de la constitution centrafricaine.

D’un autre côté et durant ces dernières semaines, des soutiens du président Faustin-Archange Touadéra demandent la révision de la Constitution centrafricaine ce qui pourrait permettre sa candidature pour un troisième mandat. De plus, en ce qui concerne l’économie centrafricaine, comme le dit le président Touadera, « l'adoption de la loi sur les cryptomonnaies est une « opportunité inouïe » pour le pays selon lui, et la récente levée de l'embargo de l'ONU sur les armes à destination de l'armée, qui constituait selon lui « une prise en otage » du pays ».

Une révision de la constitution, approuvée par le peuple souverainiste centrafricain concevra une nouvelle constitution qui colmate toutes les brèches par lesquelles l’Occident a durant toutes ces années a pu s’engouffrer pour travestir les textes et soumettre les institutions ou les adapter à son aversion pour les contre-pouvoirs. 

La RCA récupère de plus en plus sa vraie souveraineté et le cordon avec les puissances coloniales est entièrement coupé.

 

Mali : adieu Allemagne !

Au Mali l’État cumule les coups contre l’axe occidental.

A peine trois jours après avoir fait l’acquisition des chasseurs Su-25 qui lui serviraient à ratisser les déserts maliens que les Occidentaux ont infesté par leurs agents auxquels ils donnent le nom de Jihadistes, chasseurs qui combinés aux hélicos Mil (Mi-8 et Mi-26) déjà existants ainsi qu’à cette méga DCA déjà installée sur le territoire russe constitue la seule armée de l’air souveraine et de surcroit anti puissances d’occupation de tout le Sahel, le Mali expulse l’Allemagne de son territoire. Rappelons que Berlin qui a fait irruption au Sahel sous l’ex-chancelière Merkel avec son plan bidon de « réformes pour l’Afrique » qui ne visait à vrai dire qu’à piller les ressources africaines, et ce en coordination avec les Français, les Britanniques et les autres Anglo-saxons qui avaient pour mission de prolonger la nuisance de Barkhane que l’État et l’armée et le peuple maliens viennent de mettre à la porte.

Et pour ce faire c’était comme toujours par la porte de l’ONU que le « shift-occupation » devait se faire. La semaine dernière les autorités allemandes avaient même contacté le ministre malien de la Défense pour s’assurer que Bamako n’oserait pas revenir sur sa décision.

Or ce fut un choc ce vendredi pour les Allemands quand ils ont voulu traverser le ciel du Mali au nom d’une mission de remplacement des forces françaises.

En débandade, mais à vrai dire pour espionner cette nouvelle armée de l’air que Goïta et son équipe sont sur le point de mettre sur les rails et qui tout en étant une époustouflante évolution semble avoir rendu complètement dingue le camp d’en face. Mais puisque les Occidentaux et les médias à leur solde ont toujours l’habitude de décrire leurs échecs et humiliations en victoire quitte à ne jamais reconnaitre qu’ils sont perdants, RFI nous rapporte cette mise à la porte de l’Allemagne en ces termes :

« L'Allemagne suspend «jusqu'à nouvel ordre» la majeure partie de ses opérations au Mali. La décision a été prise ce vendredi 12 août après un nouveau refus de survol visant un appareil militaire allemand. Un refus de survol qui intervient alors que le ministre de la Défense malien avait lui-même donné son feu vert jeudi à son homologue allemand Sadio Camara et Christine Lambrecht qui ont échangé par téléphone jeudi et le ministre malien avait alors autorisé le vol prévu ce vendredi dans le cadre de la mission de l'ONU. Des actions et des paroles qui ne vont pas dans le même sens, a donc dénoncé son homologue allemande devant la presse de son pays ce matin, ce qui mène donc à la suspension des opérations allemandes au Mali. L'armée allemande ne sera donc plus en mesure de soutenir les opérations de la Minusma. Sa présence au Mali se limitera désormais à des missions de sécurisation de ses propres soldats, a annoncé Berlin ce vendredi. Une perte opérationnelle importante pour la Minusma dont elle est un des principaux contributeurs. »

Jeune Afrique, complètement dépité, écrit, ceci : « Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, sa numéro deux Amina Mohamed et l’envoyé spécial pour l’Afrique de l’Ouest Mahamat Saleh Annadif sont à pied d’œuvre pour trouver une solution à la crise diplomatique née de l’arrestation des 49 Ivoiriens à Bamako, mais le succès est loin d’être acquis ».

Décidément ! C’est la guerre de la libération du Sahel que le Mali a commencé et qui pourrait toucher la côte. Ouattara le superbe agent de l’empire en a peur d’où sa décision de gracier Gbagbo. Mais il a tort. Cette vague de décolonisation de la côte viendra du Mali et ce genre de gesticulation, de tentative de putsch n’en fera qu’accélérer la cadence.

 

Afrique/Blinken : le mépris US pour les Africains est toujours là 

Pour les États-Unis l’avenir du monde sera déterminé dans une très large mesure par l’Afrique. Après la visite du président français, Emmanuel Macron sur le continent africain, Antony Blinken, vient débarquer comme s’il devait réparer les erreurs en communication réalisées par le président français, Emmanuel Macron. Même si le chef américain des Affaires étrangères persiste à clamer qu’il ne veut pas imposer la vision des États-Unis en Afrique, des observateurs, dont RFI, mais aussi ses mots, affirment le contraire. 

Contrecarrer l’influence de la Russie et de la Chine sur le continent africain. « Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, est arrivé en Afrique du Sud le 7 août 2022, première étape d’une tournée africaine qui le conduira en République démocratique du Congo et au Rwanda. Une tournée qui vise à contrecarrer l’influence de la Russie et de la Chine sur le continent africain », affirme RFI alors que ce sont les intérêts de Washington qui sont en jeux. 

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken devait s’entretenir jeudi avec le président rwandais Paul Kagame à l’occasion d’une brève visite au Rwanda, troisième et dernière étape de sa tournée africaine après l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo (RDC). 

Sa visite à Kigali intervient au lendemain de ses entretiens en RD Congo qui ont largement porté sur le soutien apporté par le Rwanda à un groupe rebelle opérant dans l’est de la RDC, largement documenté par un rapport des Nations unies diffusé début août. 

Arrivé mercredi soir à Kigali, le diplomate américain devrait également évoquer la situation des droits de l’homme au Rwanda, régulièrement dénoncée par la société civile et des ONG internationales. 

« L’absence de réaction face à l’épouvantable bilan des droits humains au Rwanda, n’a fait qu’encourager les responsables de ce pays sur la voie des abus, même au-delà de ses frontières », a affirmé Lewis Mudge, le directeur pour l’Afrique centrale de l’ONG Human Rights Watch, dans un communiqué publié lundi. 

L’ONG a appelé Antony Blinken à « signifier d’urgence à Kigali qu’il y aurait des conséquences à la répression et aux abus exercés par le gouvernement au Rwanda et au-delà ». 

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a exprimé jeudi de “graves inquiétudes” sur la question des droits de l’homme au Rwanda lors de discussions à Kigali avec le président Paul Kagame, au dernier jour de sa tournée africaine. “Comme je l’ai dit au président Kagame, nous pensons que les gens dans tous les pays devraient pouvoir exprimer leurs opinions sans peur d’intimidation, d’emprisonnement, de violence ou de tout autre forme de répression”, a déclaré M. Blinken lors d’une conférence de presse. Il a également indiqué avoir abordé le cas de Paul Rusesabagina, qui purge depuis l’an dernier une peine de 25 ans de prison et dispose d’un statut de résident permanent aux Etats-Unis.  

Des paroles, des dénonciations qui n’aboutissent à rien de concret, mais servent à endormir les Congolais, car il n’y a évidemment pas de régime de sanction qui se mettent en place contre Kigali.  

Le fait de donner de l’importance à la question des droits de l’Homme alors que des milliers de congolais meurt dans l’Est de la RDC, est un message assez fort de la part de Blinken. Comme si cela n’était pas important. 

La réalité, c’est que Blinken n’était évidemment pas là pour exprimer ses inquiétudes quant à la déstabilisation qu’il y a dans l’Est de la RDC, mais seulement pour remettre les points sur les i avec Kinshasa. Pour Washington, la mission de l’ONU doit rester dans l’Est de la RDC et le Rwanda doit continuer à être le cheval de Troie des occidentaux. Ça c’est un point qu’il ne faut absolument pas quitter des yeux. Le reste c’est de la poudre aux yeux.  

Pour rappel, l’ONU a également émis un rapport accusant la force militaire française d’avoir bombarder un mariage dans le village de Bounty au Mali, pourtant rien de concret ne s’est passé. Pas de Sanction, ni de condamnation de la part de l’Occident. Ce qui veut dire que si les États-Unis ou l’ONU condamne, en parole, Kigali pour ses exactions dans l’Est de la RDC, personne n’a exhorté le Rwanda de retirer ses troupes de l’Est de la RDC ou encore d’arrêter réellement de soutenir les rebelles du M23. D’ailleurs, ce qui était assez étonnant, c’est que Blinken avait, dans son discours, glissé le fait que Kigali et Kinshasa étaient tous deux derrière des groupes rebelles et qu’ils devaient cesser cela. Donc selon lui, Kinshasa serait également entrain d’alimenter des groupes rebelles comme le fait Kigali ?  

"Il existe des rapports crédibles sur un soutien aux groupes armés par toutes les parties, y compris les FDLR par les forces congolaises et le M23 par les forces rwandaises", a déclaré Antony Blinken à l'issue de discussions avec le président rwandais Paul Kagame à Kigali, et non pas lors de sa discussion avec le président congolais Félix Tshisekedi. Des paroles qui n’ont aucun sens si ce n’est que pour montrer que Washington est un surveillant de cour de récréation qui vient séparer une petite bagarre entre deux élèves. Réduire ce conflit à cela, c’est vraiment insultant pour la mémoire des milliers d’Africain qui ont été tués et déplacé dans l’Est de la RDC, pour la seule et unique raison que les ressources naturelles du pays soient extraites et exportées gratuitement pour les pays occidentaux, et également parce que Washington y trouve son compte au niveau géostratégique pour pouvoir effectivement mettre des bâtons dans les roues des pays voisin de la RDC qui voudraient se tourner vers la Russie, l’Iran ou encore la Chine. Bref, Blinken est simplement venu rappeler au peuple congolais le mépris continue des Occidentaux vis-à-vis des africains et que la vie des africains ne compte absolument pas aux yeux de l’oligarchie occidentale.

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