Sep 21, 2022 14:07 UTC

Actualité en Afrique :

  • Mali : la mission de formation de l’UE va réduire de moitié son effectif militaire (Média)
  • A l’AG de l'ONU, Macky Sall évoque « l’Afrique des solutions »
  • Aérien : lancement en novembre prochain d’un programme pour accélérer la mise en place du MUTAA
  • L’Afrique subsaharienne adopte la 5G plus rapidement que prévu

 

Analyses de la rédaction :

1. Le Zimbabwe nie les USA pour la Russie ! 

Après deux décennies de sanctions, lesquelles n’ont pas toutes été levées, Washington tente une nouvelle approche pour empêcher le Zimbabwe de se tourner vers la Russie. Washington a invité le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères à participer au prochain sommet entre les États-Unis et le continent. 

Les invitations ont été envoyées et rares sont ceux qui n’ont pas été conviés au sommet États-Unis – Afrique, qui aura lieu du 13 au 15 décembre. Seuls les gouvernements sans relations diplomatiques avec Washington (l’Érythrée, le Sahara occidental) ou qui ont été suspendus par l’Union africaine (le Burkina Faso, la Guinée, le Mali et le Soudan) ont été laissés de côté. Longtemps au ban de la communauté internationale, le Zimbabwe sera en revanche bien représenté. 

Arrivé au mois de janvier 2021 à la Maison Blanche, Joe Biden a en effet pris le contre-pied de Barack Obama, qui, en 2014, n’avait pas souhaité convier les autorités zimbabwéennes. Le président Emmerson Mnangagwa étant toujours sous le coup de sanctions, ce n’est toutefois pas à lui que l’invitation a été adressée la semaine dernière, mais à son ministre des Affaires étrangères, Frederick Shava. Autrement dit, la nouvelle administration américaine fait toujours pression sur Harare. 

Cela dit, le nombre des pays africains qui ouvrent leurs portes à une coopération avec la Russie se rallonge, et le Zimbabwe en fait partie. Harare souhaite renforcer ses relations avec Moscou plutôt que de se plier face à Washington. 

Selon les informations, le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a déclaré son intention de renforcer la coopération de son pays avec la Russie. Sur la chaîne russe Rossiya 24, le président a indiqué : « je suis ravi que nous ayons des positions similaires avec Vladimir Poutine sur le développement de nos relations ». 

Le chef de l’État africain a également remercié son homologue et la holding Hélicoptères de Russie pour avoir livré un véhicule et un hélicoptère d’ambulance au Zimbabwe qui souffre souvent des catastrophes naturelles et a besoin d’instruments pour sauver des vies. 

Ce développement intervient alors que le Zimbabwe est sous le poids des sanctions américaines depuis plusieurs années. La semaine dernière, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, lors d’une rencontre avec Joe Biden, a plaidé pour la levée des sanctions contre le Zimbabwe. Mais une fois que les États-Unis instaurent des sanctions qui sont pourtant jugées illégales et injustes surtout envers la population et qui violent justement le droit international, ils ne les lèvent plus. Le seul moyen pour les pays sous sanctions américaines est de se souder et créer un front anti-sanction pour ne pas être victime de l’hégémonie du monde occidental avec à sa tête les États-Unis. De plus en plus de pays qui ne courbent pas l’échine face aux diktats imposés par les États-Unis sont sous le coup de sanction comme par exemple l’Iran, la Russie la Chine et tant d’autres. Au lieu d’avoir l’effet escompté, ces sanctions ne font que créer une situation précaire pour les populations. Il est temps que ce régime de sanction cesse. Pourquoi est-ce que les États-Unis devraient être les seuls à bénéficier de ce régime de sanction sans que le reste de la communauté internationale n’ait son mot à dire ? 

2. Poutine salue Goïta 

En pleine tension avec la France, le Mali peut visiblement compter sur le soutien du président russe. Les récents propos du dirigeant russe, qui a également maille à partir avec les Occidentaux ne viendront pas démentir cette assertion. Lors d’une cérémonie de remise des lettres de créance des ambassadeurs étrangers nouvellement accrédités en Russie, le président russe Vladimir Poutine a réitéré la volonté de Moscou d’approfondir avec les pays d'Afrique des relations bilatérales mutuellement bénéfiques. Le chef d'État, dans son allocution d'ouverture, s'est appesanti sur l'état et les perspectives des relations de la Russie avec le Congo, le Mali, le Sénégal, la Tanzanie et l'Ouganda. 

Abordant les relations entre la Russie et le Mali, Vladimir Poutine a salué l'attitude des dirigeants maliens pour l’édification de partenariats stratégiques à long terme et le développement de liens mutuellement bénéfiques. « Au cours d'une longue conversation téléphonique en août avec le président de la transition [Assimi] Goïta, nous sommes convenus de poursuivre les efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme international et l'extrémisme religieux », a déclaré le dirigeant russe, assurant que Moscou continuerait de fournir au peuple malien le soutien nécessaire, y compris la fourniture de denrées alimentaires essentielles, d'engrais et de produits manufacturés.

Il a également annoncé la poursuite de la coopération dans le domaine social et l'augmentation du nombre de bourses pour les citoyens maliens dans les universités russes. M. Poutine a félicité tous les Maliens à l'occasion de la fête de l'indépendance du pays, qui sera bientôt célébrée.

Le chef d'État a qualifié le Sénégal de l'un des partenaires les plus importants de la Fédération de Russie en Afrique. « Les relations diplomatiques ont été établies il y a 60 ans, et toutes ces années, nos pays interagissaient avec succès tant dans la politique que dans d'autres domaines, y compris la sphère commerciale et économique », a-t-il dit rappelant qu'il avait eu des négociations fructueuses avec son homologue du Sénégal Macky Sall à Sotchi.

« Nous souhaitons la poursuite du développement de la coopération avec la République démocratique du Congo - dans la politique, le commerce, les affaires internationales », a poursuivi le président Poutine. Selon lui, une assistance sera apportée aux partenaires congolais en vue d'améliorer la situation socio-économique du pays. « En tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et membre du Groupe des amis de la région des Grands Lacs, la Russie continuera de contribuer activement au processus de paix en République démocratique du Congo et dans l'ensemble de la région », a-t-il ajouté.

Parlant des relations de la Russie avec l'Ouganda, il a attiré l'attention sur le fait qu'elles étaient amicales et mutuellement bénéfiques. « Nos liens dans les domaines politique, commercial et économique, j'en suis sûr, continueront de se développer avec succès, y compris dans de nouveaux domaines prometteurs, par exemple, dans l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques », a déclaré le dirigeant russe.

En outre, Moscou renforcera ses relations traditionnellement amicales avec la Tanzanie, notamment dans des domaines aussi prometteurs que l'énergie nucléaire pacifique, les transports, l'énergie et le tourisme, a indiqué M. Poutine. Il a salué le rôle actif de la partie tanzanienne dans la résolution des problèmes du continent africain, et a exprimé son intention de poursuivre l'interaction sur un large éventail de questions d'actualité à l'ordre du jour régional et international.

Source : TASS

 

3. Mali-Côte d’Ivoire : le panafricanisme face à la sous-traitance occidentale

La crise actuelle entre Bamako et Abidjan dépasse le cadre strictement régional ouest-africain. Il s’agit en effet et avant tout d’une confrontation entre deux visions diamétralement opposées. L’une misant sur la souveraineté nationale et les valeurs panafricaines, l’autre restant dans une posture de sous-traitance en faveur du néocolonialisme occidental. Et le cadre à proprement dit « régional » prend de plus en plus une tournure continentale.

Depuis l’arrestation, en juillet dernier, de près d’une cinquantaine de mercenaires ivoiriens par les autorités maliennes, la crise ne cesse de s’envenimer entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Ceci étant dit, nombreux sont les citoyens ivoiriens qui soutiennent le positionnement du voisin malien dans ce dossier.

Au-delà de l’efficacité à travers laquelle a eu lieu cette arrestation des dits mercenaires, dont l’objectif visait fort vraisemblablement à tenter un énième coup d’État pro-occidental en terre malienne, ou du moins à créer des problèmes sécuritaires pour l’État malien, la fermeté avec laquelle le pouvoir du Mali a maintenu sa ligne jusqu’à maintenant – a été approuvée non seulement par des millions de Maliens, mais également un très grand nombre d’autres citoyens de pays africains.

Pendant ce temps, le président ivoirien et l’un des principaux représentants restants du système néocolonial de la Françafrique tente à nouveau de mobiliser un front anti-malien, notamment au niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Bien qu’il est nécessaire de reconnaître – avec de plus en plus de difficulté, à l’heure où de nombreux chefs d’État de la région, tout comme à l’échelle continentale, sont de plus en plus à l’écoute des aspirations pro-panafricans et pro-multipolaires de leurs citoyens. Avec en prime le rejet des schémas si longtemps entretenus par l’establishment occidental sur le continent.

D’autant plus que les méthodes de déstabilisation, y compris à travers l’implication de mercenaires, sont fort loin d’être nouvelles et représentent aujourd’hui un défi non plus seulement pour les États africains ayant ouvertement coupé le cordon « ombilical » avec l’Occident collectif, mais également tous les pays qui sont en voie de le faire ou du moins qui adoptent un positionnement de plus en plus équilibré, en s’éloignant progressivement du diktat occidental.

Faudrait-il à ce titre rappeler l’implication de mercenaires français, notamment en République centrafricaine dans un passé récent ? Depuis, Paris et d’autres capitales nostalgiques de l’unipolarité tentent par tous les moyens de maintenir cette méthode d’interférence et de déstabilisation à l’encontre des États libres d’Afrique, mais avec une mise à contribution plus active des principaux sous-traitants. Comme celui du gouvernement ivoirien.

De manière générale et dans la crise, qui oppose le Mali au gouvernement ivoirien actuel – la vérité et la dignité semblent prendre le dessus sur le mensonge et les méthodes criminelles. Et cela est connu aussi bien des citoyens maliens qu’ivoiriens, ainsi que d’autres peuples du grand continent africain. La confrontation entre les deux visions prend désormais ouvertement une tournure réellement continentale. Et au vu des processus en cours, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle internationale, il devient beaucoup plus facile de comprendre les vives inquiétudes des régimes occidentaux et affiliés.

Avec Mikhail Gamandiy-Egorov, analyste-chroniqueur à l’agence Observateur Continental 

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