Sep 29, 2022 16:28 UTC

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Cameroun : de nouveaux fonds de la BAD pour développer le secteur portuaire et l’assainissement durable en milieu urbain

Le Zimbabwe est convaincu que l’Opération militaire russe en Ukraine est fondée sur des préoccupations légitimes

Analyses de la rédaction :

Le Mali défie le système libéral 

Aujourd'hui, la délégation de la Cédéao est attendue à Bamako et à en croire RFI, la délégation dont la visite avait été reportée de 48 heures à la demande du gouvernement malien de transition et qui compte en son sein les présidents du Togo, du Ghana et de la Gambie va plaider pour la libération des 46 militaires ivoiriens toujours détenus à Bamako, militaires que le Mali a accepté de libérer à condition que la Côte d'Ivoire lui remet ces ex responsables du pays qui ont été tout au long de huit ans d'occupation du mali par l'armée française sa complice, en l'aidant à ce qu'elle puisse armer et financer les terroristes et s'en servir comme prétexte à l'effet d'occuper le pays et en piller les richesses. RFI dit : 

« La présence du président du Togo Faure Gnassingbé parmi les membres de la délégation des chefs d’État attendue à Bamako est plutôt bien vu par le gouvernement malien de transition. Le président Faure comprend bien les enjeux, il sait nous parler », explique à RFI un haut responsable de l’État malien. Un autre va plus loin : « Nous ne souhaitons pas que la Cédéao prenne le dossier en main à sa place. Disons que c’est le médiateur accepté par le Mali qui est accompagné d’autres présidents de pays également membres de la Cédéao. »

Au fait l'accent mis par RFI sur la nature des liens Mali-Togo mérite réflexion à plus d'un égard dans la mesure ou la Cédéao au sein de laquelle les lobbys occidentaux sont très actives a menacé de réimposer au Mali un nouveau train de sanctions après que la première série de sanction, ont lamentablement échoué et ce grâce à la solidarité et l'entraide inter africaine. Une solidarité à laquelle ont largement contribué le Togo, la Guinée et le Sénégal.

En évoquant sans cesse l'affaire des soldats ivoiriens détenus au Mali, Paris et ses complices ont trouvé du pain bénit pour semer la discorde entre les pays africains.

Ceci étant la perspective de nouvelles sanctions contre le Mali renvoie à des soucis d'une nature quelque peu différente de la France. L'échec de l'embargo anti malien a donné naissance à une alliance anti sanction inter africaine qui n'en pas fini de dire son dernier mot. Cette défaite a en effet porté un coup très dur à la monnaie coloniale et l’armée d'occupation en est parfaitement consciente. Les sondages crédibles parlent désormais d'un rejet unanime de la FCFA mais aussi du désir des africains de voire comme le voulait en son temps Kadhafi une monnaie unique indépendante du poids colonial. Tout indique que la menace d'une nouvelle série de sanction contre le Mali n'est pas étrangère à la crainte occidentale de voir l'alliance anti sanction occidentale qui est née en Afrique après l'assaut de la Cédéao contre le Mali se doter de sa monnaie unique. Voici une info qui parle très clairement de cette tendance :

La fin du franc CFA, une volonté populaire plus que politique ?

Un sondage Afrobarometer montre que les Africains francophones sont favorables à une monnaie unique, non contrôlée par la France.

C’est un secret de polichinelle : la réforme annoncée du franc CFA patauge, en grande partie à cause de la France, qui souhaite garder une certaine mainmise sur la monnaie unique africaine, et des dissensions entre États africains. Annoncée en grande pompe en décembre 2019, cette réforme n’a que peu avancé. Alors que la convention de garantie, signée en décembre 2020, devait établir un rôle restreint de la France et obliger Paris à procéder au transfert de 5 milliards d’euros à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), on pensait voir naître l’ECO assez rapidement. Mais la nouvelle monnaie unique se fait attendre…

À croire que les dirigeants ne veulent pas d’une monnaie unique. Il faut dire que les dirigeants peinent à s’accorder, notamment entre les zones ouest-africaine et centre-africaine. Pourtant, un sondage montre que les populations africaines attendent de pied ferme, la fin du franc CFA. Et ils se disent en grande majorité favorables à une monnaie unique sous-régionale, sans qu’une quelconque tutelle européenne soit mise en place.

À quand une vraie réforme monétaire ?

Le sondage, daté de juillet 2022, a été effectué par le réseau panafricain de recherche Afrobarometer sous le titre : « L’intégration monétaire sous-régionale est souhaitée par les citoyens d’Afrique de l’Ouest et Centrale francophone ». Les résultats sont en effet sans appel : plus de 80 % des citoyens d’Afrique de l’Ouest et Centrale francophone désirent une monnaie unique indépendante. Au Togo, ce pourcentage monte même jusqu’à 93 %. Au Gabon, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, ils sont respectivement 89, 77 et 82 % à vouloir la même chose.

Ces Africains refusent que leur monnaie soit contrôlée par « des puissances étrangères comme la France ». En cause, le fait que les personnes sondées estiment, pour 8 d’entre elles sur 10, que le franc CFA profite plus à la France qu’aux pays membres de la zone CFA.

« Ces positions très marquées dans tous les pays où des données ont été recueillies montrent que, pour l’Afrique de l’Ouest, les pays devraient accélérer leurs efforts pour enfin donner vie à une monnaie sous-régionale. En Afrique centrale francophone, même si le processus de la monnaie unique n’est pas encore évoqué, les populations de ces pays semblent également en percevoir les bénéfices et remettent en cause l’attachement actuellement du franc CFA à la France », indique Afrobarometer.

Russie : les USA menacent le Soudan 

Alors que le Soudan entend étendre ses relations avec la Russie, les États-Unis paniquent. Le mardi 27 septembre, l’ambassadeur américain au Soudan a mis en garde contre les conséquences si le pays d’Afrique du nord-est autorise l’établissement d’une base militaire russe sur la côte de la mer Rouge.

« Il y a des informations selon lesquelles la Russie essaie de mettre en œuvre l’accord qu’elle a signé avec le président déchu Omar el-Béchir en 2017 pour établir une base militaire le long de la mer Rouge », a indiqué John Godfrey dans un entretien avec le journal Tayyar.

L’ambassadeur américain met en garde le Soudan que si le pays permettait l’établissement de cette base, cela isolerait le Soudan de la communauté internationale et saperait les intérêts du pays.

« Tous les pays ont le droit souverain de décider avec quels autres pays s’associer, mais ces choix ont bien sûr des conséquences », a déclaré Godfrey dans une sorte de menace indirecte contre le Soudan. Il a ajouté que les États-Unis peuvent être un bon partenaire, mais cela sera possible grâce à la création d’un nouveau gouvernement dirigé par des civils et d’un cadre de transition qui ramènera le pays sur la voie de la démocratie. Ce qui en dit long sur des mois de pressions organisées de la rue sur la junte pour qu'elle cède le pouvoir à une transition soutenue par les États-Unis évidemment, une transition qui mette un terme à tous les accords militaires défavorables aux États-Unis et surtout celui sur la base russe.

Lors d’une visite à Moscou en novembre 2017 du président el-Béchir, renversé en 2019 par un coup d’État militaire, les deux pays ont signé des accords de coopération sur la formation militaire, le partage d’expériences et l’entrée de navires de guerre dans les ports des deux pays. Selon Russia Today, le président russe Vladimir Poutine a approuvé le 16 novembre 2020 la création d’une base navale russe au Soudan capable d’accueillir des navires à propulsion nucléaire.

Le chef d’état-major de l’armée soudanaise, le lieutenant-général Mohamed Osman al-Hussein, a déclaré dans un communiqué trois jours plus tard qu'« il n’y a pas d’accord complet avec la Russie sur l’établissement d’une base navale en mer Rouge, mais notre coopération militaire a été étendue ».

Le 9 décembre 2020, les médias russes ont publié le texte de l’accord entre la Russie et le Soudan sur l’établissement d’une base d’approvisionnement et de maintenance pour la marine russe le long de la mer Rouge « pour soutenir la paix et la sécurité dans la région ».

Rencontre Tshisekedi-Kagame-Macron

Les présidents Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Emmanuel Macron sont convenus, mercredi 21 septembre lors d’une rencontre à New York, « d’agir de concert » pour lutter contre les violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé l’Élysée.

Que retenir de cette réunion trilatérale?

Luc Michel, géopoliticien belge s'exprime sur le sujet. 

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