Nov 03, 2019 12:55 UTC
  • MBS, seul dans un bateau qui coule!

Le vice-président du Conseil militaire soudanais estime qu'il n'est pas question de remplacer les militaires qui se retirent du Yémen. L'objectif du Conseil militaire est de se débarrasser de la pression de l’opinion publique soudanaise qui considère la junte militaire commet étant une marionnette  à la solde de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

N'empêche que les glas semblent bien avoir sonné pour la "coalition" pro-Riyad au Yémen, sa plus grosse composante étant sur le point de faire faux bond. 

En raison des "menaces sécuritaires" contre le Soudan, le lieutenant-général Mohgammed Hamadan  Dagalo, vice-président du Conseil militaire du Soudan, cité par Al-Alam, a ordonné le rapatriement de 10 000 soldats soudanais qui opérant surtout au Sud saoudien, face à un Ansarallah de plus en plus performant dans ses actions militaires. 

Surnommé Hamidati, Hamadan  Dagalo aurait dit lors d’une réunion tripartite, à laquelle ont assisté des représentants du Conseil des États et des Forces pour la liberté et le changement (FLC), que les militaires soudanais rapatriés depuis le Yémen ne seraient plus remplacés. La décision répond aux inquiétudes du Soudan, dit la presse soudanaise, par rapport aux activités des éléments armés de Boko Haram opérant sur les frontières du sud-ouest du Soudan. Enfin, c'est ainsi que la junte militaire au pouvoir explique cette grande débandade des soldats soudanais, quelques 30 000 à servir de mercenaires sous le drapeau de Ben Salmane à l'opinion soudanaise. Mais à vrai dire, ce qui a poussé le Conseil militaire soudanais à prendre cette décision, ce sont des lourdes pertes que les militaires soudanais ont essuyées au Yémen mais aussi la perspective d'une riposte militaire d'Ansarallah qui pourrait avoir une forme "balistique". 

Le porte-parole des forces armées yéménites, le général Yahya Saree a confirmé la mort de 4 253 mercenaires soudanais depuis le début de la guerre au Yémen en mars 2015.

Accusé d’avoir commis des crimes de guerre au Darfour et d’être impliqué dans le massacre du 3 juin à Khartoum, Hamidati cherche diligemment à sauver la face. Il veut également redorer son blason, car il est considéré par de nombreux Soudanais comme un agent à la solde de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Pour des milliers de Soudanais qui pleurent al mort de leurs fils au Yémen, le peuple soudanais n'avait pas ç s'y impliquer et surtout il n'a pas à y rester même en échange de l'argent. Surtout que de Riyad, les Soudanais n'ont reçu que l'humiliation : Riyad s’oppose à la proposition d’échanger des dépouilles des soldats soudanais tués avec des prisonniers de guerre yéménites et n'est prêt à faire cet échange que pour récupérer les corps des militaires saoudiens. Une chose est sûre : la décision de la junte soudanaise de se retirer du conflit au Yémen n'aurait jamais pu avoir lieu si Riyad se sentait capable de se battre encore. 

Faisant partie des Forces pour la liberté et le changement, le parti communiste soudanais qui coopère étroitement avec le Conseil militaire a appelé par la voix de son chef Mohammed Mokhtar al-Khatib, le gouvernement de transition au retrait immédiat des troupes soudanaises de la coalition saoudienne, mais aussi à annuler tous les accords conclus entre l'ancien gouvernement et les parties étrangères.

Le Royaume wahhabite dirige un bateau qui coule, les alliés étant de jour en jour plus déterminés à le déserter et à abandonner les Saoudiens seuls dedans. Or, les wahhabites cherchent toujours à prouver le contraire et espèrent qu’en achetant des armées aux mercenaires, ils seront à même de dominer la nation yéménite.

En dépit des moyens financiers et militaires, l’Arabie saoudite peine aujourd’hui à assurer la sécurité de ses frontières et la stabilité de son économie face aux combattants d’Ansarallah qui ne laissent pas sans ripostes les crimes commis à l’encontre du peuple yéménite.

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