Jun 06, 2020 18:54 UTC
  • Libye: le méga jeu de dupe?

Et si dès le début ce n’était qu’un jeu de dupe ? Après avoir laissé l’OTAN s’emparer de la base d’al-Watiya et de l’aéroport de Tripoli, Haftar se réfugie en Égypte, appelle à une trêve qui est rejetée. À présent, c’est au tour des Émirats de renoncer à Haftar et laisser à la Turquie et à l’OTAN consolider leurs positions en Méditerranéenne orientale évidemment au grand dam de la Russie, mais aussi, et surtout de l’Algérie.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a rencontré ce samedi 6 juin au Caire une délégation libyenne présidée par le président du Parlement libyen, Aqila Saleh et le Maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL).

Lors de cette rencontre, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a fait état d’une nouvelle initiative visant à établir un cessez-le-feu en Libye et à mettre fin à la crise dans ce pays.

Cette initiative, basée sur le respect de toutes les initiatives et décisions internationales concernant l’unité de la Libye, invite toutes les parties libyennes à un cessez-le-feu à partir de lundi prochain, tout en s’engageant à une déclaration constitutionnelle libyenne qui ouvre la voie à une relance du processus politique pour résoudre la crise libyenne. Ce plan, présenté après l’échec d’une offensive du maréchal Haftar sur Tripoli, comporte aussi un appel à des négociations à Genève et au retrait de tous les éléments étrangers de Libye.

Après un an et dans un geste sans précédent, les Émirats arabes unis, alliés du général Haftar, sont revenus sur leur position d’antan en disant qu’ils soutiendraient l’établissement d’un cessez-le-feu immédiat en Libye.

Les Émirats arabes unis (EAU) ont affiché leur soutien aux efforts de l’Égypte pour établir un cessez-le-feu immédiat en Libye, à peine quelques jours après l’échec de l’offensive lancée en avril 2019 par le maréchal Haftar sur Tripoli, où siège le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale.

Les récentes défaites des forces du général Khalifa Haftar, qui a été soutenu politiquement et militairement par les Émirats arabes unis, l’Égypte et l’Arabie saoudite, semblent avoir convaincu à la fois Haftar et ses partisans arabes d’accepter le cessez-le-feu, même formellement.

Plus tôt, des sources arabes dans le golfe Persique avaient révélé que les alliés émiratis, saoudiens et égyptiens du général Haftar n’étaient pas satisfaits du résultat de son offensive militaire destinée à renverser le gouvernement d’unité nationale. Même, le gouverneur d’Abou Dhabi, Mohamed ben Zayed Al Nahyane, a ordonné à ses proches de ne pas accepter la demande d’asile politique de Haftar et de sa famille.  

Cela intervient alors que sur le terrain, les forces du GNA ont lancé ce samedi une opération pour reprendre la ville de Syrte aux troupes du maréchal Haftar.

« Des ordres ont été donnés à nos forces (...) pour avancer et attaquer avec force toutes les positions des rebelles à Syrte », a déclaré Mohamad Gnounou, porte-parole des forces pro-GNA, en allusion aux forces du maréchal Haftar. « L’armée de l’air a mené cinq frappes dans la périphérie de Syrte, ville côtière située à 450 km à l’est de la capitale Tripoli », a déclaré Mohamad Gnounou dans un communiqué sur Facebook.

Il a ajouté que ces forces avaient pris le contrôle total de la ville d’al-Washka dans la partie occidentale de la ville de Syrte et avançaient pour libérer la ville du côté est.

« Après avoir pris le contrôle d’al-Washka, les forces du GNA traversent la région de Bouirat al-Hassoun et avancent vers Syrte », a-t-il précisé.

Plus tôt samedi matin, l’armée libyenne, affiliée au gouvernement d’union nationale, a lancé une opération militaire baptisée « Path of Victory » (Chemin de la victoire) visant à libérer les villes de Syrte et Jufra ainsi que les localités d’al-Washka, de Bouirat al-Hassoun, de Jarif et de Qasr Abu Haid.

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