Oct 21, 2020 20:41 UTC
  • Normalisation avec le Soudan, pas

La normalisation des relations entre le Soudan et le régime israélien serait bientôt annoncée par la Maison-Blanche, a prévu Amir Moussavi, analyste des questions de l’Asie de l’Ouest, lors d’une interview avec l’agence de presse Ilna. 

Selon l’analyste iranien, les États-Unis ont assujetti le retrait du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme au versement par Khartoum de 335 millions de dollars aux familles des victimes de l’attaque terroriste contre le navire USS Cole. Les médias et les sources auprès de l’État soudanais ont annoncé que le Soudan avait payé presque 300 millions de dollars de l’ensemble de cette somme aux États-Unis, malgré son marasme économique, ce qui a été accompli après la chute d’Omar el-Béchir à Khartoum. Les États-Unis et l’Arabie saoudite semblent vouloir faire pression sur le Soudan pour que celui-ci normalise ses relations avec Israël. 

Amir Moussavi a déclaré qu’il existait, à l’intérieur du Soudan, pas mal de différends autour de ce sujet de normalisation entre Khartoum et Tel-Aviv. « Le gouvernement actuellement en place est un gouvernement de transition qui n’est pas en droit de signer un accord de normalisation permanent. D’autre part, Israël sait que le Conseil de transition militaire du Soudan n’est pas en mesure de prendre une décision finale. »

L’analyste iranien a ajouté qu’au contraire de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, le Soudan ne bénéficiait pas de sources financières abondante et la normalisation ne serait pas très "rentable pour Israël. « À l’exception du parti communiste et du Parti Oumma, tous les autres groupes et partis politiques et sociaux du Soudan ont donné, sous pression, leur aval à la normalisation », indique l’expert iranien. 

Et d’ajouter : « Il existe trois points qui font du Soudan un important pays pour Israël : premièrement, Israël entend reloger 5 000 juifs d’origine soudanaise à Khartoum. Deuxièmement, une ligne aérienne reliant le Soudan à Israël pourra faire beaucoup d’économie pour Tel-Aviv. Troisièmement, Israël veut punir les Égyptiens. Depuis la signature des accords de Camp David, l’Égypte reçoit, chaque année, entre deux et quatre milliards de dollars des États-Unis pour son compromis avec Israël alors que pas un seul Israélien n’est arrivé en Égypte, ni pour investissement ni pour tourisme ». 

« Puisque tout accord de normalisation entre Khartoum et Tel-Aviv provoquerait très éventuellement l’ire générale, il serait moins probable que cet accord apporte des intérêts financiers à Israël », a conclu M. Moussavi. 

Mots clés

commentaires