Dec 01, 2020 10:53 UTC
  • Israël/Emirat : Alger sort son bazooka

Au Sahara occidental, il y a quelque chose qui ne va pas visiblement: près d'un mois après que Rabat s'est emparé de Guerguarat, et ce, sous pression conjuguée de l'axe US/Israël/OTAN/Emirats, et ce, pour déstabiliser la profondeur stratégique algérienne, Paris refait le "coup africain" cette fois avec le Maghreb:

ainis samedi les pro et les anti Sahara autonome se sont affrontés sur la place de la République, ce qui a fait d'ailleurs largement le jeu de la dictature militaire née sous Jupiter puisque Marocains et Algériens français se sont affrontés donnant à la police le prétexte de réprimer encore une fois les Maghrébins. Que l'affaire du Sahara occidental s'invite dans les rues de la France, c'est qu'au Maghreb, le plan de l'Empire n'a pas bien fonctionné: le Front Polisario qu’Israël et partant Rabat accuse d'avoir des liens avec le Hezbollah, aurait fait preuve d'une résistance inattendue. Mais il y a plus :

L'anti -sraélienne Mauritannie, elle aussi, n'est pas tombée dans le piège tendu par l'Empire : le Parti au pouvoir en Mauritanie vient de condamner les provocations de l'armée marocaine et confirmer que « nous reconnaissons le Sahara occidental et ne nous rallierons pas au Maroc ».  Hamdou Abdel-Malek, le représentant du Parti au pouvoir en Mauritanie a souligné que la Mauritanie reconnaîssait la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sans manquer de condamner l'ingérence marocaine dans la zone tampon à la frontière mauritanienne. Il n'a pas manqué non plus de dénoncer l'intervention militaire de Rabat  dans la zone tampon avec la Mauritanie, et a accusé l'armée marocaine de voler les biens de citoyens mauritaniens dans une zone appelée « Kandahar ».

Nom symbolique qui rappelle l'enlisement US en Afghanistan, une Amérique qui via son acolyte émirati a monté de toute pièce le conflit de Guarguarat. Ces propos, le représentant de l'Union pour la République en France, Hamdou Abdel-Malek, les a prononcés d'ailleurs sur France 24 pour que l'Élysée l'entende bien. Le porte-parole a démenti les allégations du Maroc selon lesquelles l'opération menée par l'armée visait à nettoyer la région de ce que Rabat a décrit comme un foyer « d'activités terroristes et criminelles » : « La Mauritanie est un État. Ce n'est pas un foyer pour les groupes terroristes, la Mauritanie est plus sûre que le Maroc », a-t-il poursuivi confirmant que Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général des Nations unies, a annoncé que l'ONU enquêtera sur ce que l'armée marocaine a fait et que les forces de l'ONU y seront envoyées. 

De son côté, l'expert mauritanien spécialisé dans les affaires maghrébines et africaines, Ismail Yacoub Ould Cheikh Sidia, a confirmé que « ce que fait le Maroc à Guerguerat est une menace pour la sécurité nationale mauritanienne ».

Il a conclu que la crise de Guerguerat est réapparue, et que la porte reste ouverte à deux tempêtes qui concernent directement la Mauritanie, à savoir « le lancement de la deuxième guerre bilatérale sur le Sahara occidental entre le Maroc et le Front Polisario, ou l’occupation par le Maroc de la partie après le sixième mur, de sorte qu’une région de Lagouira soit sous son contrôle à tout moment ».

De tout ceci ressort cela : la Mauritanie ne lâcherait pas le Front Polisario, si l'Empire anglo-sioniste et Cie pousse les bouchons plus loin. Un Empire qui ces jours-ci ne cesse de s'arbouter sur des cartes que joue et rejoue l'Algérie même en l'absence prolongée de son président. 

L’Algérie continue en effet ce que l’on peut désigner sans faute comme une véritable « révolution dans ses affaires militaires ». Après s’être dotée de missiles balistiques tactiques hypersoniques 9K720 Iskander M (et désormais la variante K), du complexe de missiles sol-air S-400, elle vient de signer avec la Russie un accord pour l’acquisition initiale de 14 avions de combat de cinquième génération Sukhoï Su-57 pour un montant de deux milliards de dollars avec la possibilité d’en acquérir jusqu’à 24 appareils de ce type en remplacement des 21 redoutables Mig-25 modernisés dont elle le dernier pays au monde à utiliser. L’Algérie deviendra ainsi le premier pays après la Russie à se doter de cet avion de combat de 5e génération, et l’un des trois pays du bassin mediterranéen à se doter d’avions furtifs de dernière génération (l’Italie et Israël disposent respectivement du F-35A et du très redoutable F35I). C'est clair: Alger s'arme contre Israël et l'OTAN. 

En parallèle à cet accord, Alger a passé commande de plusieurs dizaines d’avions de combat Mig-29M2, d’avions d’attaque Su-34 et de chasseurs Su-35. Et puis la marine algérienne attend également la livraison de trois corvettes Projet 20380 de classe Steregushchy, pouvant chacune lancer une douzaine de missiles de croisière de la gamme Kalibr. Autre fait fort significatif, l’Algérie est désormais extrêmement intéressée par l’acquisition du missile de croisière hypersonique antinavire 2M22 Zircon (SS-N-33), qui peut remplacer les Club-S et les Kalibr lancés à partir de ses submersibles, navires de surface et autres vecteurs. Ce missile est officiellement en phase d’essais en Russie.

Tout ceci n'a autre sens que ce qui suit: l'Algérie ne pliera l'échine à l'Empire. 

 

 

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