Dec 07, 2020 18:13 UTC

L’actualité en Afrique :

  • Nigeria : la Bourse de Lagos a connu en novembre 2020 une de ses meilleures performances en 10 ans ;
  • Le Burkina Faso lance des formations dans le domaine des énergies renouvelables ;
  • Côte d'Ivoire: des personnes en situation de handicap reçoivent des fauteuils roulants et des vivres à Bouna ;
  • Cameroun : les banques vont devoir communiquer à la douane toutes leurs transactions financières avec l’étranger.
     

Les analyses de la rédaction :

1. Somalie: la nouvelle stratégie US en Afrique de l'Est

Les États-Unis mettent en place une nouvelle stratégie pour mieux coloniser la Corne de l’Afrique.

Visiblement, cette énième idée de retrait des troupes militaires US est toujours d’actualité.

Le gros des troupes américaines stationnées en Somalie devrait quitter le pays d’ici le début de l’année prochaine, selon le Pentagone, dans une annonce faite le vendredi 4 décembre 2020.

Trump aurait donné l'ordre de retirer la « majorité » des forces US en Somalie d’ici 2021, comme il en avait annoncé l’intention quelques mois plus tôt. Cet ordre de retrait, qui vient après l’Irak et l'Afghanistan, correspond à la promesse faite par celui qui est encore locataire de la Maison Blanche, de mettre un terme aux prétendues “guerres sans fin" dans lesquelles l’Amérique est engagée au dehors. D’ailleurs, la date butoir (avant le 15 janvier 2021), tombe juste avant que lui-même ne quitte le pouvoir.

Un retrait ou une nouvelle stratégie ? Ce retrait soudain de la Somalie, alors que l’administration Trump avait bien dit vouloir rester en Somalie et envoyer les troupes militaires au Niger, a suscité pas mal de polémiques. Certains politiques somaliens font des appels de phare à Joe Biden, pour revenir sur cette décision quant à d'autres, ils savent que le retrait réel des troupes ramènera la paix. Le seul hic, c’est que Washington ne lâchera pas ce pays, si stratégique à ses yeux, comme ça, au risque qu’il tombe aux mains du bloc de l’Est.

Pour sa part, le gouvernement somalien, n’a pas encore commenté l'annonce américaine. Le pouvoir central de Mogadiscio a, du reste, fort à faire, avec des défis qui s’accumulent. Outre la situation sécuritaire et politique, il doit assurer l’organisation ce mois-ci d’élections parlementaires, ainsi que d’élections nationales l’an prochain (début février)... Tout ceci en prélude au retrait à venir des 17 000 hommes de la force de maintien de la paix de l'Union africaine. Ce redéploiement est le prélude d’une nouvelle stratégie dans cette partie de l’Afrique de l’Est.

Les forces étrangères américaines ne se retirent pas totalement de la région, malgré leur démobilisation de Somalie. « Les États-Unis ne se retirent pas ni ne se désengagent d'Afrique », a ainsi annoncé le département américain de la Défense. Selon le Pentagone, si une partie de ces hommes seront probablement redéployés hors d’Afrique de l’Est, « le reste des forces seront positionnées de Somalie vers les pays voisins afin de permettre des opérations transfrontalières par les États-Unis et les forces partenaires ».

Ce redéploiement hors de la Somalie, dans les pays voisins, voudrait simplement dire que de nouvelles déstabilisations sont prévues, aussi bien en Somalie que dans ses pays voisins. Actuellement, la situation dans la Corne de l’Afrique est telle que les pays occidentaux veulent changer de stratégie d’attaque. En effet, suite aux nouvelles alliances qui se mettent en place dans cette partie de l’Afrique, dans le but de contrer le plan de recolonisation de l’Occident, il est clair que le redéploiement des soldats hors Afrique de l’Est va permettre surtout à Daech et à certains des Shebab à la solde américaine, de pouvoir attaquer ouvertement comme dans le nord du Mozambique. Daech et certains Shebab sont en accord avec l’Occident. Ce qui fait qu’au niveau terrestre, ils peuvent occuper les territoires des pays d’Afrique sans toucher aux intérêts financiers des Occidentaux. De plus, le fait de maintenir les armées nationales sert aussi à donner le champ libre à ces groupes terroristes.

Visiblement, c’est le déploiement de la force maritime occidentale dans le golfe de Guinée et l’océan Indien qui serait important. Vu la montée de l’influence russe, chinoise et iranienne dans la zone, les gains d’Ansarallah au Yémen, l’équilibre se penchent de plus en plus en faveur de l’axe de la Résistance.

L’alliance qui se met en place entre les pays de la Corne de l’Afrique n’était pas non plus prévue au menu. L’arrivée d’Israël dans la Corne n’a rien changé et le conflit provoqué dans la région du Tigré en Éthiopie n’a pas réussi à déstabiliser la région. Si ce retrait des troupes de la Somalie était prévu depuis plusieurs mois déjà, c’était à condition que la région soit entrée en guerre. Ce qui n’a pas été le cas. Donc, Israël va tenter à son tour de déstabiliser entièrement la région de l’Est avec entre autres l’aide de Daech.

Les pays d’Afrique mettent de plus en plus en place une alliance qui met en échec les plans des Occidentaux et l’Afrique met aussi en place des stratégies qui poussent les Occidentaux à faire de plus en plus d'erreurs. Et ce n’est qu’un début !

 

2. Mozambique: l'armée américaine attend impatiemment de prendre le pays

L’un des pays que les États-Unis visent pour un redéploiement des troupes suite à son retrait de la Somalie est le Mozambique.

Depuis plusieurs semaines, Zoom Afrique suit de près la situation au Mozambique et surtout, la manière dont les Occidentaux s’y prennent pour coloniser un pays et le piller.

Outre les sociétés privées de sécurité qui débarquent avec les multinationales, le groupe terroriste Daech, qui a des accords de partenariats principalement avec les États-Unis et la France, est bien là aussi. Ce groupe s’est bien fait remarquer en prenant la province de Cabo Delgado en même temps que les multinationales occidentales. Les sociétés privées de sécurité se sont occupées d’attaquer la population pour les faire quitter de force leur domicile. Ensuite, intervient Daech, qui tient la population entre ses mains et pratique des exécutions barbares pour que la Communauté internationale voie bien que le pays est dans une déstabilisation complète. Ensuite, c’est l’armée nationale qui est visée. Les militaires mozambicains ont fait de belles avancées dans le processus de sécurisation du pays. Mais voilà que les morts se multiplient aussi au sein de l’armée nationale. Hier, au moins 25 militaires ont été tués par des hommes lourdement armés, dans une embuscade au nord du pays, ont indiqué vendredi des sources militaires.

« Les terroristes ont laissé les véhicules des militaires pénétrer dans une zone avec une dense végétation et ont ensuite ouvert le feu avec des armes lourdes, faisant d’énormes pertes dans les rangs de nos forces », a fait savoir un haut responsable militaire à Maputo sous couvert d’anonymat.

« Pas moins de 25 hommes ont été tués et des dizaines d’autres blessés », a-t-il dit, ajoutant que les assaillants se sont repliés dans la forêt après l’assaut.

Suite à toutes ces pressions sur le gouvernement mozambicain, l’Occident attend donc que le pays leur demande une aide militaire officielle. Une aubaine pour les États-Unis qui annoncent un retrait de ces militaires de la Somalie dans l’espoir de redéployer une partie des troupes au Mozambique. D’autant plus que le prétexte fourni est que ces terroristes de Daech seraient précisément des terroristes des Shebab qui sont en Somalie.

Mais voilà que les choses ne se sont pas totalement passées comme prévu. Le Mozambique s’est tourné vers son voisin tanzanien pour signer un accord pour lutter contre les terroristes.

Les deux pays ont uni leurs forces pour combattre les violences extrémistes qui ont fait des centaines de victimes de part et d’autre de la frontière.

Cet accord intervient un mois après que des présumés terroristes aient organisé un raid en Tanzanie. Les chefs de police du Mozambique et de la Tanzanie ont signé un protocole d'accord en novembre dernier afin de réprimer les troubles.

"La Tanzanie veut des mesures positives pour mettre fin à cette tuerie brutale, je demande aux Tanzaniens de rester calmes et de coopérer avec les forces de sécurité en fournissant des informations potentielles alors que nous unissons nos forces pour traiter avec les criminels", a déclaré Simon Sirro, inspecteur général de la police tanzanienne.

Bernardino Rafael, inspecteur général de la police du Mozambique, a ajouté que des opérations conjointes seront menées pour faire face aux terroristes. "Nous ferons de notre mieux avec le partenariat avec nos homologues des forces de police tanzanienne pour nous assurer que nous sommes capables d'en finir avec les terroristes qui ont mis le feu à 175 maisons et tué des gens."

Un accord qui fait sortir Washington de l’ombre. Les États-Unis proposent donc d’aider le Mozambique à lutter contre le terrorisme qui menace la province riche en ressources de Cabo Delgado, dans le nord du pays.

Le coordinateur de la lutte contre le terrorisme au département d’État, Nathan Sales, un spécialiste et qui ferait un parfait point de liaison entre les groupes terroristes en Afrique et le gouvernement américain, a rencontré le président Filipe Nyusi à Maputo. « Les États-Unis souhaitent approfondir leur amitié avec le Mozambique au moment où nous sommes tous les deux confrontés au défi du terrorisme », a déclaré le responsable américain dans un communiqué.

Nathan Sales a souligné la nécessité d’une coopération internationale pour mettre fin au conflit dans le nord du Mozambique, qui dure depuis trois ans et a causé la mort de plus de 2.000 personnes, provoquant le déplacement forcé de 500.000 autres personnes. Des chiffres qui sont assez alarmants, et qui vont permettre donc à l'ONU de mettre beaucoup de pression sur le gouvernement mozambicain pour qu'il accepte une intervention militaire étrangère.  

Selon un article du Monde, « le conflit se déroule dans une région stratégique pour l’exploitation d’immenses réserves de gaz naturel liquéfié, sur lesquelles compte ce pays pauvre d’Afrique australe pour augmenter ses revenus et devenir l’un des principaux exportateurs mondiaux. » Voici comment l’article justifie et pousse à l’intervention américaine au Mozambique. Les États-Unis et la France sont principalement présents dans le pays pour piller ce nouvel eldorado pétro-gazier. Le Mozambique compte d’abord sur l’aide de ses voisins, car il sait que s'il demande une aide militaire aux Occidentaux, ce sera la fin du pays comme en Somalie ou au Mali. Actuellement, les interventions militaires occidentales ont bien démontré que la situation empire lorsque les troupes occidentales sont déployées dans un pays dans le monde.

Il est important de rappeler que le Mozambique a vu l’apparition de Daech juste au moment où l'Occident a découvert que les ressources naturelles du pays faisaient de lui un énorme eldorado et que visiblement, il fallait aussi que Daech fasse son apparition dans le pays en même temps que les multinationales. Les militaires occidentaux viendront par étapes et l’étape d’après, c’est le déploiement de bases militaires comme au Niger ou à Djibouti. Certes les pressions sont grandes et elles vont continuer à grandir jusqu’à ce que le gouvernement mozambicain cède et laisse le pays aux mains de l’Occident.

Mais visiblement, le gouvernement mozambicain n’affiche pas une telle volonté et préfère régler le problème en interne.

 

3. Afrique: le terrorisme en plein expansion ; les nouveaux bras armés des Occidentaux pour les 20 prochaines années

La nouvelle stratégie US, les nombreux débats concernant un éventuel départ de Barkhane du Mali, annonce une recrudescence de Daech et d'al-Qaïda sur le continent africain.

Un article est paru sur la BBC avec comme titre : l’Afrique remplace-t-elle le Moyen-Orient comme nouveau champ de bataille djihadiste ?

Suite à l’arrivée d’environ 300 soldats britanniques qui sont arrivés au Mali, en Afrique de l'Ouest, à un moment où l'épicentre du groupe terroriste de Daech semble s'être déplacé du Moyen-Orient vers l'Afrique.

Dans le cadre d'une mission de trois ans appelée Opération Newcombe, ils rejoignent une force d'environ 15.000 soldats multinationaux des Nations unies, menée par les Français, dans le but d'aider à stabiliser une partie du continent africain connue sous le nom de Sahel.

Le Mali est l'une des nations du Sahel qui combattent actuellement les terroristes, suite à l'appui de la France pour relâcher 200 terroristes dans la nature pour libérer 4 otages.

Selon l'Index de Terrorisme mondial ("Global Terrorism Index") publié le 25 novembre, le "centre de gravité" du groupe de Daech s'est déplacé du Moyen-Orient vers l'Afrique et, dans une certaine mesure, l'Asie du Sud, le nombre total de morts victimes de Daech en Afrique subsaharienne aurait augmenté de 67 % par rapport à l'année dernière.

"L'expansion de Daech en Afrique subsaharienne a conduit à une montée en flèche du terrorisme dans de nombreux pays de la région", rapporte le Global Terrorism Index.

"Sept des dix pays ayant connu une plus forte augmentation du terrorisme se trouvent en Afrique subsaharienne : Burkina Faso, Mozambique, RDC, Mali, Niger, Cameroun et Éthiopie".

Le rapport souligne qu'en 2019, "l'Afrique subsaharienne a enregistré le plus grand nombre de décès liés au terrorisme, soit 982, ou 41 % du total".

Le mouvement nigérian Boko Haram, tristement célèbre pour avoir enlevé des centaines d'écolières à Chibok en 2014, a mené des attaques majeures depuis 2010.

Mais aujourd'hui, alors que la concurrence entre les groupes terroristes rivaux s'intensifie, la menace terroriste dans la région s'accroît.

Le coordinateur du département d'État américain pour la lutte contre le terrorisme, l'ambassadeur Nathan Sales, affirme que Daech et al-Qaïda ont déplacé une grande partie de leurs opérations de leur berceau en Syrie et en Irak vers leurs filiales en Afrique de l'Ouest et de l'Est, ainsi qu'en Afghanistan.

Mais il ne s'agit pas seulement de gouvernements, de forces armées officielles, contre des insurgés, il y a aussi une rivalité mortelle entre les partisans d'al-Qaïda et de Daech. Cette rivalité devient si intense que l'expert français du djihad, Olivier Guitta de GlobalStrat Risk Consultancy, va même jusqu'à prédire :

"L'Afrique va être le champ de bataille des terroristes pendant les 20 prochaines années et elle va remplacer le Moyen-Orient".

Mais ils ont également des agendas différents selon les plans des Occidentaux.

Daech a une prédilection pour la violence extrême et graphique, comme le montrent ses vidéos de décapitations horribles. Si cela attire certainement des sociopathes et des criminels condamnés dans ses rangs, cela tend également à repousser la grande majorité des musulmans. Al-Qaïda et ses affiliés cherchent souvent à gagner la loyauté des populations locales qui n'ont pas confiance en leurs gouvernements ou leur police, en exploitant les griefs régionaux et ethniques.

"L'Afrique de l'Ouest", déclare l'ambassadeur Sales, "est une tempête parfaite, avec des Etats-nations qui ne contrôlent pas leurs territoires, commettent des abus de leurs forces et ont des frontières poreuses".

Le Nigéria a subi certaines des pires attaques terroristes de la région, le gouvernement luttant pour contrôler le nord-est du pays où le mouvement Boko Haram a évolué.

Les pays occidentaux n'ont offert qu'une aide limitée au Nigeria en matière militaire et de renseignement. Voici les prétextes fournis par les diplomates occidentaux : ils se disent contraints par la corruption et le mauvais bilan des militaires nigérians en matière de droits de l'homme.

Et pour les mêmes prétextes, il y a des embargos sur les armes.

Donc la présence militaire occidentale sur le continent africain servait bien de contrôle de la population, de protection des zones riches en ressources naturelles et aussi, de retracer les frontières des pays africains. En attendant, les groupes terroristes sont financés et armés pour devenir les bras armés des pays occidentaux.

Daech, al-Qaïda, Boko Haram, des Shebab, se sont tous renforcés ces dernières années, et la communauté internationale a tout fait pour empêcher les armées nationales de se renforcer. Des pratiques qui sont en totale contradiction avec la prétendue lutte contre le terrorisme que l’Occident a mis en place depuis une vingtaine d’années maintenant.

 

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