Jan 16, 2021 17:25 UTC
  • Algérie: du

C’est avec délectation que la presse mainstream évoque cette attaque terroriste à Tébessa qui a coûté la vie jeudi à cinq Algériens et qui a valu l’avertissement du chef de l’état-major algérien à l’ensemble de la population, avertissement déjà fait quand les autorités algériennes ont dit qu’« Israël se trouve à la porte du pays ».

Cinq civils ont été tués et trois autres blessés dans l’explosion d’un engin sur fond d’une recrudescence des actes terroristes sur les frontières algériennes. 

Dans la foulée, le ministère algérien de la Défense a fait état le même jour, de l’élimination d’un terroriste dans la région voisine de Khenchela, dans le cadre de la lutte antiterroriste, sans qu’un lien ne soit établi entre les deux incidents. Mais ce lien se fait de lui-même dans l’esprit des Algériens qui assistent depuis plus d’un mois aux tentatives désespérées d’Israël et ses amis « golfiens et arabes » de s’installer sur les portes de l’Algérie. Les signes d’hostilités et de défis ne cessent d’ailleurs de se multiplier : 

Lors de la Conférence ministérielle de soutien à l’Initiative d’Autonomie sous la souveraineté du Maroc, tenue virtuellement vendredi 15 janvier sous l’égide des États-Unis, trois monarchies arabes du golfe Persique ont exprimé leur « appui fort » à l’Initiative marocaine d’Autonomie pour le Sahara occidental. Même le Qatar y est allé de son commentaire. Sultan ben Saad al-Merikhi, ministre délégué qatari, ayant salué l’initiative du Maroc sur l’autonomie du Sahara occidentale, souhaitant que cette proposition aboutisse à l’établissement de la paix dans cette région, et ce, quelques heures après que Alya bent Ahmed Al-Thani, représentante permanente du Qatar auprès des Nations unies, a fait part du soutien de son pays à la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et ses régions du Sud. 

Quant à Bahreïn, le satellite saoudien dans le golfe Persique, son ministre des Affaires étrangères, a fait état du feu vert de Manama à la « souveraineté du Maroc sur la région contestée du Sahara occidental » et le ministre émirati des Affaires étrangères Abdallah ben Zayed Al-Nahyan dont le pays a joué depuis le rôle de pyromane anti algérien tantôt en semant la guerre en Libye, tantôt en armant les terroristes du Sahel et puis maintenant en mettant le grappin sur le Sahara pour y ouvrir un consulat a pour sa part, exprimé le soutien de son pays à l’initiative marocaine. La conférence a, d’autre part, mis en évidence la décision de vingt États membres des Nations unies d’ouvrir des consulats généraux dans les villes marocaines de Laâyoune et de Dakhla. Ceci étant le cœur n’y était pas : depuis que le départ de Trump est chose irréversible, l'axe Israël/monarchies du golfe Persique a d’autres chats à fouetter que d’aller nuire aux relations Algérie/Maroc via une mèche à allumer au Shara occidental pour mettre au pas l’Algérie anti-Israël.

La semaine dernière juste avant son départ pour l’Allemagne le président Tebboun qui rechigne désormais à se rendre ne France a limogé un ministre trop pro Émirats. Ce qui veut dire qu’il a tout bonnement réclamé ce qui lui revient de droit, à savoir le droit de regard sur les contrats portuaires algériens que convoitent les Emiarts, avatar d’Israël. Cela veut dire par ricochet que d’ores et déjà un volet de ce plan assez complexe Sahara contre Palestine a du plomb dans l’aile et qu’à moins d’un vrai face-à-face, l’axe Israël/Émirats ne saurait faire avancer facilement ses pions au Maghreb. Surtout que mine de rien, les Marocains sont à 88 % contre leur roi pour l’histoire de normaliser avec Israël, et ce, même en échange d’une marocainité du Sahara. C’est dire que la Palestine fait partie des éléments identitaires au Maghreb. Et ce point Marocains, Tunisiens et Algériens sont les mêmes à le partager.  

Yabaladi écrivait il y a peu : « Deux mois après l’offensive des FAR à El Guerguerate, le bilan est positif. Aucune instance internationale, Conseil de sécurité ou Union africaine, ne l’a condamnée. La situation sur le terrain est calme et le processus d’ouverture de consulats se poursuit. Le 13 novembre, sans tirer un seul coup de feu, les Forces armées royales débloquaient la route d’El Guerguerate, point de passage stratégique entre le Maroc et la Mauritanie. Les éléments du Polisario qui avaient élu domicile depuis le 21 octobre ont été contraints de quitter leur siège, permettant ainsi la reprise de la libre circulation des personnes et des biens. Un retour à la normale que Rabat a voulu tirer à son avantage. En effet, l’opération a été l’occasion pour le Maroc de sécuriser davantage ses frontières sud, réalisant dans un premier temps une extension du mur de sécurité jusqu’à la Mauritanie. Un effort qui se poursuit désormais à l’Est, non loin de la zone d’El Mahbas. À terme, les travaux devraient priver les partisans du Front d’un autre accès à El Guerguerate, nous confie une source basée à Dakhla. »

Est-ce vraiment un succès ? Plus d’un analyste contredirait Yabaladi : cette occupation financée part les Émirats et planifié par Israël a valu au royaume le fait de se « murer » tout comme Israël, d’avoir peur des Saharouis, et de perdre sa confiance aux Mauritaniens qui ont dit haut et fort ne pas vouloir normaliser avec Israël. Leur ministre de la Défense a été en Algérie pour parler coopération militaire et peut-être mieux armer le front Polisario. De l’autre côté des frontières, l’Algérie continue à se renforcer et à soutenir ce qui ressemble à une résistance sahélienne à l’occupation occidentale française, américaine et otanienne. Tout ceci, n’aurait pas eu lieu si Rabat n’avait pas occupé pas Guergurat, si surtout il n’aurait pas permis à Trump de prendre une décision stratégique qui appartient au roi.... Certes on aurait brandi la menace d’un coup d’État sous le nez de Mohamad VI, mais il aurait pu bien en avertir son peuple. Les Marocains n’auraient jamais permis que les choses aillent si loin... avec Israël. Il y a certains analystes qui voient là une combinaison d’éléments relevant tous des capacités de soft war algérien... 

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