Mar 13, 2021 13:29 UTC
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M. Hocine-Nasser Bouabsa, qui estime dans les colonnes du web site Algerie Patriotique que "malgré l’assurance de certaines grandes puissances, l’Algérie de 2021 est visée par les forces impérialistes plus qu’elle ne l’était en 1991 car la conjoncture internationale actuelle est encore plus défavorable à l’Algérie qu’elle ne l’était à la fin des années 1980, après la chute du mur de Berlin.

D’autant plus que le plus grand pays d’Afrique est le dernier qui reste sur la liste des pays à soumettre, élaborée dans le cadre du remodelage de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA)", a sans doute raison: rien qu'à voir la tournure que prennent les manifs-célébration pro Hirak dont la troisième a eu lieu ce vendredi 12 mars.

En effet ce slogan " Etat civil et non militaire", subtilement injecté par réseaux sociaux interposés dans les esprits et les discours ou encore ces drapeaux Kabylie ami d'Israël brandis par ci et par renvoie à un seul et même thématique; pour ce nouveau round de face-à-face Empire finissant/ Algérie, le premier a abandonné le marge, quitte à s'attaquer au cœur à savoir la partie qui fait la force de l'Algérie.

D'ici les semaines à venir, l'Empire finissant chercherait donc par tous les moyens possibles et imaginables y compris, des "assassinats ciblés des opposants" à diaboliser l'Etat et évidemment l'armée, à placer celle-ci face à la foule, à la contraindre surtout à "tirer" et tout, sur fond d'une campagne médiatique déjà commencée depuis des semaines comme quoi l'Algérie est un "Etat militaire", que Tebboun est la marionnette de l'armée", et que "ses reformes et remaniements ne servent à rien"  et qu'enfin il faudrait que le pouvoir revienne aux civils. D'ailleurs, à la différence de l'époque Trump où les Frères musulmans maghrébin n'avaient pas le vent en poupe, on les a vus largement actifs ce vendredi à la manif du Hirak, au grand dam des autorités algériennes qui y voient un défi de taille à relever. Surtout que l'axe frériste, bien plus proche des démocrates que des républicains a pour les quatre années à venir une mission bien fixe, s'opposer, sous les dehors d'un anti sionisme de façade, à toute forme d'opposition anti normalisation : ainsi la Turquie du Sultan Erdogan a été chargé, après avoir perdu la bataille à Idlib, puis en Libye où ses pions ne sont plus présent au sein du gouvernement d'union, puis dans le Caucase où il se démène toujours par faire entrer par la fenêtre ses forces armées et ses mercenaires takfiristes, mises à la porte par la Russie et par l'Iran, d'envoyer les bourreaux idlibins à décapiter la tête d'Ansarallah à Maarib ou celle des Hachd à Sinjar en Irak.

Idem pour l'Algérie où l'appel particulièrement étrange d'Ennahda de Ghanouchi, plaidant en faveur d’un noyau du Maghreb arabe composé de la Tunisie, de la Libye et de l'Algére sonne faux quand on voit le peu de soutien de Ghannouchi porte à l'Etat tunisien, pris en otage par l'axe US/OTAN. 

Mais la situation est-elle désespérée? Rien de tel à l'opposé de ce que semblent bien croire une partie des analystes maghrébins : certes, le Maroc "sionisé" comme le souligne l'auteur  – "est aujourd’hui le poste avancé de tous les États qui se sont alliés pour mettre l’Algérie à genoux. Chacun de ces pays contribue avec ses moyens. Le Maroc offre son territoire et sa chair à canons. Israël offre sa technologie militaire. Quant aux monarchies arabes vassales, elles financent la croisade contre l'Algérie".  Mais c'est faux de dire que "Les Algériens, eux, n'ont que leur détermination et que leur Armée nationale populaire" et que "Si cette dernière tombe, l’Algérie sera parcellée et recolonisée, et sa population sera soumise et appauvrie". C'est faux, et réducteur. 

Il y a quelques heures, la mission iranienne à l'ONU a apporté un vibrant soutien au "droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions des Nations Unies, appelant le Maroc à cesser les violations des droits de l’Homme au Sahara occidental. 

Dans le compte rendu analytique de la 9e séance de la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) de l’Assemblée générale de l’ONU, publié récemment, le représentant de l’Iran auprès de l’ONU, Mohammad Reza Sahraei, a réitéré le soutien de son pays "au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément à la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale et exprime son soutien au processus de règlement (onusien) visant à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable permettant l’exercice de ce droit".

Pour Sahraei, Premier conseiller de la mission de l'Iran auprès de l'ONU, "il est essentiel que les parties (République sahraouie/Maroc) s’engagent à poursuivre le processus dans le cadre de pourparlers parrainés par les Nations Unies, sans conditions préalables et de bonne foi, conformément aux objectifs et principes énoncés dans la Charte de l'ONU". Le diplomate iranien a dénoncé "une tentative désespérée" du Maroc de "dissimuler son manquement à l’obligation de permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit à l’autodétermination que la communauté internationale lui a promis depuis longtemps, conformément au droit international et à la Charte des Nations Unies". Dans le même document, Mohammad Reza Sahraei, a indiqué que "le Maroc devrait cesser de s’immiscer dans les affaires intérieures des autres Etats et de remettre en cause leur intégrité territoriale. Il devrait aussi respecter ses obligations envers le peuple sahraoui, s’abstenir de commettre des violations des droits de l’Homme et appliquer les résolutions des organes de l’ONU sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, un droit ignoré par le gouvernement marocain depuis des décennies".

Certes la déclaration de l'Iran et partant de l'axe de la Résistance se concentre sur "le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination" mais c’est conforme à la position d’Alger et puis  tout le monde sait que la pointe de la flèche est bien dirigée contre le projet US/Israël au Sahara, et au-delà au Maghreb à savoir la "sionisation de l'Afrique du Nord". C'est dire que l'axe de la Résistance est prêt à se tenir aux côtés de cette résistance anti sioniste maghrébine qui trouve à travers l'Algérie son principale porte-voix pour créer une union plus large étendue entre la Méditerranée orientale et occidentale.   Le ciel du Sahel et du Maroc et de la Libye ayant été "confisqué" par l'axe US/OTAN qui maintient son armada en Méditerranée orientale, l'Algérie a  de nombreuses cartes gagnantes en main qu’il faut exploiter au plus vite : une armée puissante, l’une des meilleures équipées de l’Afrique mais dont la puissance s’élargira dans le cadre d’une coalition d’idéaux et de foi.

D’ailleurs cette coalition l’ANP l’a bien commencé à créer avec ses voisins dont la Tunisie de Suaid et la Mauritanie  anti-Israël qui a cessé toute coopération avec le Marc dans l'occupation de Guerguerat et qui rejette littéralement toute perspective normalisante et qui vient d’annoncer des exercices en mars au Sahara non loin des frontières algériennes et marocaines pour dire que dans toute éventuelle guerre « israélo-américaine » au Maghreb, guerre dont le Sahara pourrait en être le premier foyer, elle se place là où il faut à savoir contre Israël. Tout ceci est bon mais l’expérience a bien prouvé que l’Empire n’est mis au pas que quand il est combattu hors de la maison. Entre 2019 et 2020 l’Iran a mis tout son poids militaire dans la balance pour ‘dissuader’ les USA et leur armada du golfe Persique et le résultat en a été cet aveu du chef du CentCom comme quoi le « golfe Persique est dangereux pour que l’Amérique y fasse la guerre avec l’Iran ». Ce résultat l’Iran l’a du à ses capacités militaires mais encore à l’appui de ses grands alliés, Syrie, Irak, Liban et Yémen. Idem pour l’Algérie à qui il revient d’éloigner la violence de ses frontières, occuper l’adversaire de se défendre loin des frontières algériennes, bref faire alliance avec le camp des justes. Et le temps presse... L'USS Eisenhower est dans les parages. 

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