Apr 15, 2021 19:15 UTC

À en juger la couverture qu’accorde RFI sur l’assassinat de Sidi Brahimi Ould Sidati, l’un des responsables de l’ex-rébellion et signataire de l’accord d’Alger en plein aéroport de Bamako, tout lecteur averti remarque un plan parfaitement prémédité.

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Analyses de la rédaction :

Assassinat d’un chef touareg : nouveau jeu français ?

À en juger la couverture qu’accorde RFI sur l’assassinat de Sidi Brahimi Ould Sidati, l’un des responsables de l’ex-rébellion et signataire de l’accord d’Alger en plein aéroport de Bamako, tout lecteur averti remarque un plan parfaitement prémédité.

Car la disparition de l’intéressé pourrait avoir un lien direct avec la volonté de la force d’occupation de remettre en cause l’accord d’Alger et de le remplacer par un accord qui débouche effectivement, pas en théorie, mais en pratique, sur un démembrement du Mali, et ceci apparaît quelque part dans le texte…

Quand RFI dit : « Certains anciens rebelles estiment que la réforme territoriale prévue par l’accord met trop de temps à se mettre en place. De nouvelles régions doivent être créées, leurs présidents doivent être élus et leurs pouvoirs étendus. Mais à l’heure actuelle, rien de tout cela n’a vu le jour », en effet la disparition de ce personnage qui semble avoir été bien proche de l’Algérie, entre dans une logique de déstabilisation qui constitue celle de la présence militaire française au Sahel et cette logique se veut nuisible à la fois pour l’Algérie et le Mali qui partagent des frontières et que le plan B franco-américain vise désormais, par une extension des activités terroristes de façon à pousser les populations à partir et l’armée malienne à quitter les lieux.

Il en en va ainsi pour cette localité de Farabougou, dans le cadre de l’accord de Niono, la France commence à indigner que la présence de l’armée malienne n’est plus souhaitable et que les populations désormais réconciliées avec les jihadistes sous l’auspice du conseil de l’imam Dicko, souhaiteraient voir l’armée partir.

Qu’est-ce qui se trame au Sahel sous l’égide d’une France dont la force armée est désormais accusée explicitement de crime de guerre, de tuerie à l’encontre des populations civiles ? Et on a qu’à se rappeler du massacre de Bounti ou encore des chasseurs Dogons.

Le scénario est parfaitement subtil. Il s’agit en effet de liquider les principales figures signataires de l’accord d’Alger en l’occurrence des touaregs, d’en accuser dans la foulée le reste de la population, de couper le pont d’amitié et d’entraide et de dynamique interrégionale entre l’Algérie et le Mali, d’embraser le Nord malien via l’affaire de l’Azawad et mettre tout ceci en simultanéité avec le retrait forcé de l’armée du centre du Mali et puis pourquoi pas de Kidal, de Gao et d’autres localités stratégiques du Mali ?

Car remarquons ceci : le récit que nous livre RFI au sujet de la cohabitation pacifique de la population et « des jihadistes » ressemble fort à une emprise takfiriste sur Farabougou.

RFI dit : « Aujourd’hui, les jihadistes peuvent prêcher avec leurs armes dans les villages du cercle de Niono, et les femmes sont obligées de porter le voile dans les zones contrôlées par la Katiba Macina. Mais les habitants peuvent à nouveau aller dans leurs champs ou dans les foires à bétail sans se faire attaquer, ni par les jihadistes ni par les chasseurs traditionnels dozos, avec lesquels l’accord a été conclu. »

Cela ressemble fort à Idlib, à Raqqa, à Mossoul, au plus fort moment de Daech et des takfiristes que les services secrets occidentaux y compris la DSGE de la France avaient activé, dans le strict objectif de démembrer les États-nations du Moyen-Orient et d’en faire une poignée d’émirats placée sous la gouvernance USA-OTAN que masquait Daech, Al-Nosra, etc.

Pour peu, RFI tendrait même à conseiller que les autres villes et localités et provinces maliennes suivent l’exemple de Farabougou.

C’est dans ce contexte que la disparition du chef touareg pourrait aider à l’émergence d’un nouvel accord ou peut-être à une extension de l’accord de Niono à l’ensemble du territoire malien, extension dont l’objectif consiste « à finir en beauté la présence de Barkhane au Mali », avec en toile de fond des villes et des provinces entières déconnectées de l’État central où jihadistes et populations coexisteraient ensemble et où les jihadistes ne tarderait pas à prendre le contrôle de la situation.

C’est le germe du démembrement inclus dans l’accord d’Alger que la France, au bout de 8 ans de présence criminelle au Mali, finirait par faire concrétiser.

Niger : le nouveau président a plus d’un tour dans la poche

Au Niger, le président Bazoum ne va pas par quatre chemins. Ayant été ex-ministre de l’Intérieur et bien au courant de tous les coups et complots du camp occidental, il demande à l’ONG Acted de cesser ses activités dans cette région du sud-est du pays.

« Au Niger, le gouverneur de Diffa demande à l’ONG Acted de cesser ses activités dans cette région du sud-est du pays. Dans un courrier, il accuse l’association humanitaire d’affairisme et de “connexions” avec “une organisation terroriste”, ce qu’Acted dément catégoriquement », lit-on sur RFI à ce sujet.

On se rappelle comment les agents des services français déguisés en activistes d’Acted se sont fait liquider dans cette région, Tillabéri, non loin des trois frontières et comment leur disparition a permis une extension de la présence des troupes étrangères dans cette partie.

Le président nigérien en est bien conscient et il est bien décidé de s’y opposer.

L’ONG est sommée de suspendre ses activités pendant au moins dix jours, le temps de mener « une enquête au niveau local et de transmettre le dossier à Niamey au ministre de l’Intérieur ».

Ce n’est pas sans raison si le président nigérien aussitôt élu a failli être renversé par un coup d’État signé le camp occidental.

D’ici quatre ans, il pourrait bien obtenir le démantèlement non seulement de Barkhane au Niger, mais encore la base américaine à Agadez.

En effet, le nouveau président du Niger avait qualifié d’« échec relatif » la lutte contre le djihadisme dans son pays.

Ensuite il a misé sur ses relations avec l’Algérie. Aussitôt élu à la tête du Niger, Mohamed Bazoum a d’ailleurs reçu, le 30 mars, un appel de son homologue algérien. Lors de l’entretien, les deux présidents « se sont félicités du niveau exceptionnel des relations qui lient l’Algérie et le Niger, ont examiné les moyens de les promouvoir et échangé leurs vues sur les principales questions d’intérêt commun ».

Visiblement, le nouveau président nigérien est bien plus malin que ses adversaires le pensent.

Bénin : qui en veut à Talon ?

Au lendemain de la publication des résultats de l’élection présidentielle remportée au premier tour par le chef de l’État sortant Patrice Talon, le ministre de l’Intérieur attribue les violences meurtrières à « certains acteurs politiques ». Il les accuse d’avoir planifié un vaste plan de déstabilisation qui a été déjoué.

Pourquoi Talon se trouve-t-il dans la ligne de mire occidentale ?

Luc Michel, géopoliticien, nous en dit plus.

 

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