Aug 05, 2021 15:02 UTC

Actualité en Afrique : -Algérie-Iran : le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane reçu par le président Ebrahim Raïssi ; -Pour Ebrahim Raïssi, le niveau actuel des relations Iran-Ghana n’est pas satisfaisant ;

Niger : Le président de l’Assemblée nationale en visite d’amitié et de travail en Iran ;

-Burkina : Il y a 38 ans naissait la Révolution sankariste ;

-Agrivar Cameroun veut investir 15 milliards de FCFA dans une unité de transformation de soja à Douala.

Analyses de la rédaction :

Iran/Afrique : le rapprochement ne fait que commencer

Ebrahim Raïssi a prêté serment ce jeudi en tant que président de la République. Le fait qu’il soit le président iranien le plus félicité à travers le continent africain, qui a envoyé pas moins de 30 délégations aux cérémonies de ce jeudi au Parlement iranien, a un sens : ces vœux ont tous porté l’empreinte d’un profond changement, celui d’un Iran respecté, apprécié et admiré des grands peuples d’Afrique. 

Du chef de l’OPEP, le Nigérian issu de Zahiya qui a de loin envoyé les vœux les plus touchants, au président nigérien burkinabé, gabonais, béninois, centrafricain, burundais, guinéen, camerounais, congolais... et on en passe, ces vœux ont tous porté l’empreinte d’un profond changement, celui d’un Iran respecté, apprécié et admirés des grands peuples d’Afrique, car les Africains pour avoir été victimes jamais consentantes des décennies de colonialisme et d’impérialisme des Européens et des Américains, ne peuvent ne pas être sensible à la lutte acharnée d’une vieille nation qui depuis 40 ans clame la justice, l’équité entre les peuples et qui combat au prix du sang de ses meilleurs fils cette idée d’un ordre international égalitaire où la France, la Belgique, l’Allemagne, le Canada, la couronne britannique et puis les Yankees ne puissent s’arroger le droit autoproclamé de disposer des richesses inouïes d’un continent noir contre lequel ils sont depuis des siècles en guerre sans pouvoir pour autant y éteindre les flammes de la Résistance. La guerre colonialiste au Sahel en est un exemple manifeste. Les peuples sahéliens ont réussi à déjouer l’un des scénarios de guerre les plus complexes des officines néocoloniales euro-américaines baptisées le « djihadisme ».

Un mot venu des textes musulmans et qui signifie la guerre sacrée pour recouvrer la liberté, la souveraineté et l’Indépendance des peuples musulmans et que les occidentaux ont dévié de son sens pour en faire un concept inhumain et entacher ainsi l’image de l’islam et des musulmans moyen-orientaux, maghrébins et africains. Sept ans après l’invasion militaire du Mali par la France, cette dernière en est à compter désormais le nombre de Mirage 2000 qu’elle perd mystérieusement au Mali, des drones qui s’écrasent au Niger, aux forces qu’elle perd au Burkina. La France en est à cumuler les SOS en direction de l’OTAN, des USA, d’Israël à maudire les Sahéliens pour avoir su superbement faire d’épouvantail du djihadisme, un motif de réconciliation nationale, de recouvrement de leur souveraineté. Ce génie africain  a brillé de ses mille éclats au Burkina ou en RCA où le concept de « rébellion » armée, autre outil colonialiste à provoquer la guerre des noirs contre noirs, et ce sur fond de paupérisation programmée des peuples africains les plus matériellement nantis de toute la planète, puisque Dieu aime l’Afrique et que l’Afrique est le foyer de l’humanité,   a été  tourné en, force populaire, un peu comme en Irak, au Yémen, à Gaza et au Liban, force au peuple et prêt à assister des armes nationales, proies favorites des puissances colonialistes. Des colonialistes qui s’en prennent d’abord et avant tout aux armées nationales puisque pour eux, descendants des esclavagistes du XIXe siècle qui fêtent encore et de façon la plus éhontée qui soit,  la mutilation des noirs dans des champs de coton africains et en font même des chocolats pour leur fête (des mains d’Evers), l’Afrique ne devra jamais pourvoir elle-même se défendre. Le problème avec ces colonialistes incorrigibles est que même quand l’Afrique se met à jouer leur jeu, à chercher à travailler avec, suivant les règles qu’ils ont eux-mêmes imposées au continent, ils ne s’en satisfont guère : les occidentaux ont ainsi tué Kadhafi, liquidé son ami Deby, ont tenté d’éliminer Ali Bongo, cherchent toujours a avoir la peau de Biya, et pourtant ce sont là des dirigeants qui pour avoir opté pour la lige médiane ont toujours soufflé le chaud et le froid quitte à éviter la confrontation. Mais un blanc est blanc et comme le dit très clairement Biden chaque fois qu’il est question de compromis nucléaire avec l’Iran, pas question que les Iraniens aient les mêmes droits que les Yankees. Mais tout comme l’Afrique, l’Iran ne transige jamais, ne baisse jamais les bras.

C'est à cette Afrique-là que Raïssi tend sa main. Fils du peuple, un peu comme Ahmadinejad en son temps, il tend la main à cette Afrique qui n’a jamais abandonné l’Iran et dont le soutien l’a aidé à contourner les pires sanctions économiques de toute histoire. Au ministre ghanéen du Tourisme Raïssi a dit que le niveau des coopérations avec l’Afrique n’est pas à la hauteur. Au chef du Parlement nigérien il a évoqué les affinités qui lient les cœurs des Iraniens aux cœurs des Iraniens… Voilà c’est ce qui fait désormais peur et rien qu’à la lecture des articles consacrés à Raïssi par RFI, France 24, AFP, DW, VOA, BBC où il est décrit comme « un bourreau », l’observateur sent qu’il y a quelque chose entre l’Iran de Raïssi et l’Afrique qui dépasse l’autorité occidentale et qui terrorise les colonialistes. Cette chose est la résistance. Au maximalisme entre l’Iran et le grand continent qui n’a jamais cessé de lui servir d’exemple… Curieux hasard de calendrier, le 4 août l’Afrique célébrait la mémoire du grand Sankara, ce cinq août Raïssi prête serment et tend sa main fraternelle vers l’Afrique… 

Sahel : déménagement de Barkhane et alliés ?

Après des mois de fanfaronnade quand à un retrait des forces Barkhane et alliés du Sahel et notamment du Mali, voici un article de l’Opex360 qui attire l’attention sur ce sujet.

« Pour l’ONU, l’expansion de l’État islamique dans de “nombreuses régions d’Afrique” est “alarmante”

Qui dit expansion des groupes terroristes et situation alarmante, dit déplacement des forces d’occupation, des zones qu’elles ont été obligées de quitter suite à la résistance populaire et la puissance de l’armée.

C’est intéressant de voir que chacun des pays cités dans cet article de l’Opex360, a été en quelque sorte victime de plan de déstabilisations de l’axe US-Israël-OTAN.

Lac Tchad, Cameroun, Niger, Mozambique, Afrique de l’Ouest… bref, chacun de ces pays et régions ont à leur tour été cible des tentatives et complots de cet axe déstabilisateur.

"Quoi qu’il en soit, pour l’ONU, cette expansion de l’EI dans cette partie de l’Afrique depuis le début de l’année 2021 est ‘alarmante’. Et ‘elle montre que les synergies entre le terrorisme, la précarité et les conflits se sont renforcées et fait ressortir la nécessité d’une réponse mondiale urgente pour aider les pays d’Afrique et les organisations régionales''.

La France, enlisée au Sahel, déchu en Afrique de l’Ouest et expulsé de la Centrafrique, est en train de mettre en œuvre son plan B : extension des forces interventionnistes partout dans l’Afrique.

Ce n’est pas sans raison si Opex.360 dit : ‘Et le risque est de voir Daech être en mesure de planifier des attentats au-delà de ses zones d’influence. Les États membres avaient déjà prévenu que Daech pourrait retrouver la capacité de fomenter des attaques internationales si sa structure centrale ou l’un de ses affiliés régionaux venait à se renforcer suffisamment. Ce scénario n’en est devenu que plus plausible’, a conclu M. Guterres”, lit-on dans cet article.

Dès lors, toutes les lignes de ce texte ressemblent à un défi lancé à l’ensemble des populations du Sahel. On y voit presque l’impuissance et la colère d’une Barkhane à empêcher le processus de réconciliation intersahélienne qui a royalement dépouillé les colonisateurs et leur grand atout “lutte antiterrorisme”.

Mais les Africains en homme valeureux connaissent particulièrement ce genre de jeu. D’ailleurs, depuis des décennies, la France et les colons en général ont souvent mis en place des politiques sournoises afin de préserver leurs colonies en Afrique, et ça, les populations africaines les connaissent comme leur poche.

Entretien exclusif avec le président centrafricain, Touadéra :

En Centrafrique, les FACA font leurs preuves, le président Touadéra poursuit ses politiques souverainistes. La France et l’ONU tentent toujours de récupérer des points stratégiques du pays pour garder la RCA dans une déstabilisation sécuritaire dégradante afin de conserver les leviers de pression et de soumission contre le gouvernement de Bangui. Mais l’Occident oublie que la population centrafricaine est unie à son gouvernement, et que c’est cette union qui a gagné face aux tentatives de déstabilisation. Point sur la situation actuelle de la RCA, dans cet entretien exclusif de Luc Michel, géopoliticien avec le président Touadéra.

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