Jun 27, 2022 18:53 UTC

Le département américain de la Défense a attribué au premier fabricant d'armes britannique BAE Systems un contrat d'une valeur de 12 milliards de dollars "pour soutenir" les systèmes de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) à capacité nucléaire.

Les travaux liés à l'énorme contrat devraient être achevés d'ici la fin de 2040 et seront principalement réalisés à la Hill Air Force Base dans l'État occidental de l'Utah, a annoncé vendredi le Pentagone sans plus de détails. Selon le rapport, BAE était l'un des cinq entrepreneurs militaires soumissionnant pour le contrat de missiles à longue portée. Le rapport intervient près de trois mois après que le projet de budget de l'administration Biden pour l'exercice 2023 – publié le 28 mars – a appelé à des investissements massifs dans les armes nucléaires, y compris le soi-disant Ground Based Strategic Deterrent (GBSD) – un système de missiles balistiques intercontinentaux. A quoi rime cette démarche? Cela va de soi à intimider la Russie dont le président vient d'annoncer la mise au service de redoutable Sarmat d'ici la fin 2022. Face aux nouvelles menaces et risques, nous allons encore développer et renforcer nos forces armées", a annoncé le maître du Kremlin lors d'une réunion avec des diplômés d'établissements d'enseignement militaire supérieur. "
 

Des essais réussis du missile balistique intercontinental lourd Sarmat ont été effectués. Il est prévu que d'ici la fin de l'année le premier complexe de ce type soit en service opérationnel", a-t-il ajouté. "Il n'y a aucun doute que nous serons encore plus forts", a martelé le dirigeant russe. Sauf que le Sarmat ou Satan 2 qui  pourrait contenir jusqu’à douze têtes nucléaires et qui est tout simplement le plus gros missile nucléaire jamais conçu et qui à même de  raser un territoire grand comme la France ou comme le Texas et dont l'équivalent  n'existe dans aucun pays disposant de l'arme nucléaire ne sera jamais activé sur un champ de bataille et que la seule vertu en serait à caractère dissuasif.  Mais le temps est-il vraiment à la dissuasion maintenant que le territoire russe est exposé et que l'axe US/OTAN, malgré la perte d'une deuxième localité d'importance Severdonetsk met le grappin su la Kaliningrad comme pour établir une espèce de mécanisme de riposte territoriale? Plus d'un observateur inviteraient les Russes à suivre le cours du programme spatial iranien qui avec avec une cadence folle vers la conception d'un missile intercontinental iranien qui ne sera certes pas un Sarmat dès sa première apparition mais qui n'en aura rien de moins en termes dissuasifs puisque brandi contre Israël qui se trouve lui, au cœur de la crise ukrainienne. Mais que s'est-il passé ces derniers heures pour que l'idée d'un missile intercontinental iranien dont la technologie, dixit un haut commandant du CGRI est maîtrise depuis 2011 par l'Iran? 

En effet, le ministère iranien de la Défense a déclaré ce dimanche avoir testé avec succès  une porte-satellite  à propergol hybride appelée Zoljenah et ce, pour la deuxième fois.  Il y a là déjà un premier constat qui s’impose : l'Iran vient de rompre définitivement avec un cercle d'échec qui faisait rater ses lancements et rompre de façon substantielle puisque ses lancements, scientifique ou militaire, deviennent de moins en moins espacé.

En effet, Zoljenah  fabriqué par le ministère de la Défense et de la Logistique des forces armées et  dévoilé le 1er février 2021 en est à sa deuxième lancement, le premier lancement, également sous-orbital, ayant eu lieu le 31 janvier 2021. Mais ce n'est pas tout : car ce Zoljenah,  un engin triphasé est compétitif avec les meilleurs transporteurs de satellites du monde sur les aspects techniques, ayant deux phases de propulsion solide et une seule phase de propulsion liquide. Ce qui est une nette performance par rapport au camps d'en face à savoir US/Israël. Au fait Comparé à Jéricho II israélien de portée intermédiaire à deux étages à carburant solide, Zoljanah a une longueur d'avance Quant à l'ICBM américain,  Minuteman qui est lui aussi triphasé, Zoljenah a aussi de quoi être fier puis l'engin américain ne fonction qu' à carburant solide. 

N'est-ce pas qu'il y a quelque chose qui fait déjà la différence entre  un ICMB iranien et des transcontinentaux US/Israël?

Mais placé à une échelle nettement iranien, cet ICBM qui en a  tout sauf la charge nucléaire présente aussi de caractéristiques intéressantes. Les agences de presse iranienne soulignent : "Suite à l'intégration de la technologie requise et à un fonctionnement réussi, le porte-satellites Zoljenah sera capable de mettre "des charges utiles pesant jusqu'à 220 kilogrammes sur l'orbite à une altitude de 500 kilomètres

Le dernier lancement de Zoljenah intervient des mois après que le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a réussi à mettre en orbite un deuxième satellite militaire, appelé Noor- 2, en mars. À l'époque, le CGRI a  déclaré que Noor-2 orbite à une altitude de 500 km (311 miles).L'Iran a lancé son premier satellite militaire, Noor, sur une orbite à 425 km (265 miles) au-dessus de la surface de la Terre en 2020 ce qui signifie qu'en deux ans il a visé une altitude plus importante. Au fait, le premier lanceur  iranien capable de placer un satellite en orbite  Safir ne portait que des satellites de 50 kg les plaçant à 450 km d'altitude. la pousse est nette et sans équivoque surtout si on s'attarde sur les dimensions de l'engin. Alors que  Les images lui donnent une longueur de 22 mètres, un diamètre de 1,25 mètre et une masse de 26 tonnes du Safir la longueur du satellite Zol-Janah est de 25,5 mètres, son diamètre est de 1,25 mètre et son poids est de 52 tonnes.
 

Les premier et deuxième étages utilisent le même moteur à combustible solide d'un diamètre de 1,5 mètre et d'une poussée de 74 tonnes, et le troisième étage utilise un moteur à combustible liquide d'un diamètre de 1,25 mètre et d'une poussée de 3,5 tonnes. Et Zoljénah peut placer un satellite de 220 kilogrammes ou un système de satellites composé de dix satellites plus légers de 20 kilogrammes en orbite proche de la Terre. Mais il y a plus car  Le Zoljenah peut envoyer environ 10 satellites Nour-1 dans l'espace en un seul lancement, ce qui pourrait préfigurer, lâchons le mot, un système Starlink iranien. Alors l'Iran tout en cherchant assidûment la conception de son ICBM, est-il sur le point de mettre au point une constellation satellitaires identique à celle que SpaceX a impliqué dans la guerre anti Russie en Ukraine?

Visiblement d'autant plus qu'en Iran les cubeSats, qui désignent un format de nano-satellites, sont en cours de production, juste à côté des satellites de grande taille. En effet, par trois lancements de la fusée Zoljenah, 30 satellites de reconnaissance sont placés simultanément en orbite. Cette évolution contribue largement à l’amélioration des capacités de supervision et de surveillance de l’Iran, permettant ainsi une bonne couverture en temps réel des différentes régions de la Terre. 
 

Mais il y a plus car ces évolutions ICBMesque interviennent seulement  un jour après que le haut responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Josep Borrell, s’est déplacé à Téhéran et que le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a émis une résolution sur la coopération de la RII avec cette instance internationale.  Du coup, les observateurs croient en comprendre le message :  toute action hostile se heurtera à une réponse immédiate et réciproque. Bien que la République islamique ait fixé la portée de ses missiles à 2 000 kilomètres, elle est en mesure de fabriquer et de tirer des missiles balistiques intercontinentaux.

 

passé côté message certains analystes jugeant les images affirment que le Zoljenah pourrait être un missile balistique intercontinental de 6 000 kilomètres. Ce teste montre bien que Téhéran est capable de fabriquer à la fois une arme nucléaire et un lanceur de satellite pouvant viser des points éloignés. Mais sa doctrine n'étant pas belliciste, il préfère "être au seuil", que ce soit dans le domaine de l'arme militaire ou en termes de missiles intercontinentaux. C'est là une dissuasion peut-être légèrement plus forte, plus efficace que celle créée par Sarmat.  

 

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