Sep 17, 2019 07:30 UTC
  • Guerre au Yémen, suite et fin?

Depuis que le secrétaire d'État US a cru bon d'accuser l'Iran d'avoir attaqué les deux raffineries d'ARAMCO à l'est saoudien, l'axe Riyad-Washington n'a cessé de changer de version :

Les Américains ont d'abord prétendu que les explosions étaient provoquées par des "missiles balistiques iraniens" tirés depuis l'Irak par les Hachd al-Chaabi avant que Pompeo, craignant d'apporter un nouveau coup aux relations déjà largement ternies avec l'Irak, n'y revienne, et retire ses propos lors d'un contact téléphonique avec le PM irakien.

Lundi au soir, vin le tour de l’Arabie saoudite, quasi pétrifiée par l'inefficacité de ses armements made in US : son ministère des A.E a prétendu,  que les attaques menées samedi 14 septembre avaient impliqué des armes "de conception iranienne" mais au stade où en est l'enquête, Riyad ignore toujours d'où les missiles ont été tirés? 

« L'enquête se poursuit et tout indique que les armes utilisées lors de ces deux attaques provenaient d'Iran », a déclaré Al-Maliki à la presse, ajoutant qu'il enquêtait maintenant sur « la localisation des tirs ».

Cette énième mise en scène antiiranienne de l'axe Washington Riyad et qui vise avant tout à dévier l’opinion internationale de la spectaculaire et historique bon en avant d'un peuple démuni qui en l'espace de 5 ans est sur le point de devenir une puissance de drone et balistique à vaincre l’industrie militaire US, se déroule sur fond des tweet mi figue mi raison de Donald Trump.

Alors que dans ses premières réactions, il disait savoir qui avait fait le coup et être prête à engager une "riposte militaire" pour "protéger l'allié saoudien" et plus que lui, " le pétrole du royaume" et empêcher une hausse des cours en cette période préélectorale, Trump a déclaré lundi que l'Iran semblait être "responsable de l'attaque contre les installations pétrolières saoudiennes" mais qu'après tout il préférait « éviter un conflit militaire avec Téhéran ».  Il a même réitéré sa volonté et son intérêt pour la diplomatie en minimisant le choc de l'attaque sur le marché mondial du pétrole et en disant que "l'Amérique n'avait pas besoin du pétrole du Moyen-Orient".

Un début de lâchage de l'acolyte saoudien? Fort possible. L'éditorialiste de Raï al-Youm, Abdel Bari Atwan ne l'écarte pas : " C'est une Amérique qui a refusé de riposter à la destruction de son RQ-4 abattu par le CGRI? Comment voulez-vous qu'elle venge l'Arabie saoudite. Car si le coup au drone d'Ansarallah a été à même de provoqué un chamboulement du marché et à pousser Washington à puiser dans ses réserves stratégiques qu'en sera -t-il d'une première vague de missiles iraniens qui s'abattraient sur les autres raffineries des Salmanes? 

Pour le reste, Riyad semble ne faire trop d'illusion :  si les Saoudiens ont déclaré qu'ils « réagiraient avec force à ces agressions », ils se sont également abstenus de blâmer directement l'Iran et n'ont pas appelé à des représailles immédiates. Histoire de ne pas laisser l'épisode se dégénérer en conflit plus vaste, une semaine à peine avant que les dirigeants du monde ne se réunissent aux Nations unies pour l'Assemblée générale. A Washington, Trump espère toujours rencontrer Rohani. Mais là aussi, la voie se bloque: le Leader de la Révolution islamique vient de rejeter tout dialogue avec les USA à quel que niveau que ce soit tant que l'Amérique continuera à empêcher le pétrole iranien de se vendre "normalement".

Alors la guerre au Yémen suite et fin? l'analyste du monde arabe dit avoir reçu un coup de fil du porte-parole de l'armée yéménite, le général Saree. L'intéressé se moque bien du résultat de l'enquête saoudienne ": "

"les 10 drones qui ont visé les deux raffineries saoudiennes sont de fabrication yéménite. Ils étaient munis d'un prototype de moteur entre le moteur ordinaire et à réaction. Ils étaient conçus de matière propre à dévoyer les plus puissants radars de l'arsenal saoudien. la base qui les a lancé se trouve au Yémen. Ansarallah ne ment jamais. La prochaine étape de notre opération nous permettra de nous emparer de 500 kilomètres carrés des territoires saoudiens et de capturer de centaines de soldats des Salmanes. Quand nous rendons hommages aux braves gens qui nous ont aidé à réaliser notre frappe du 14 septembre, nous ne parlons pas des chiites de l'est saoudien, mais bien des gens au sein de l'armée et du régime des Salmanes" 

Une chose est sûre: en l'absence d'un véritable système de défense aérienne et antimissile , d'une armée qui sache se battre, le royaume devra réellement repenser son alliance avec les États Unis et surtout la poursuite de la guerre contre une puissance émergente qui s'appelle Ansarallah. 

 

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