Jan 21, 2020 09:51 UTC
  • Iran : la France entre en guerre!

Le lundi 20 janvier, la France s'est vantée d'avoir pu engager dans sa "coalition marine" anti-Iran dont le siège se trouve aux Emirats et dont la "mission" commence en février au lieu de janvier précédemment annoncé, six pays supplémentaires.

 Ainsi, outre le Danemark et les Pays-Bas, la Grèce, l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et le Portugal seront de partie. A lire le communiqué de ses membre, cette coalition parallèle à celle des Américains a pour mission de "favoriser l’émergence d’une culture stratégique commune" et à "créer les conditions pour de futurs engagements conjoints"! Bizarre mission pour des pays, tous du même continent et de surcroît, membres de l'OTAN qui depuis tant d'années qu'ils existent, n'ont pas pu atteindre " une culture stratégique commune", culture qu'il leur faut acquérir au prix d'allumer la mèche de la guerre chez les autres ! Mais que compte cette EMASOH, mission européenne de surveillance maritime dans le détroit d’Hormuz de concret?

D'après le communiqué, ce sera la France qui lancera la mission aux frais du contribuable saoudien et émirati avec la frégate légère furtive Courbet qui commencera à patrouiller dans les environs d’Hormuz . Sur les autres composantes de cette mission européenne d'apprentissage qui dit vouloir aussi "dégager une dynamique de désescalade" mais on ne sait pas trop comment, les sources européennes ne soufflent mot. Mais il est fort probable qu'à défaut d'une force marine digne de ce nom, cette mission européenne ne tourne court et qu'elle ne serve qu'in fine de "bouclier marin" à l'US Navy. En Europe en général et en France en particulier, l'épisode de l'abordage en juillet du pétrolier britannique Steno Impero, arraisonné par un commando iranien après que Londres eut pris en otage le pétrolier iranien Grace 1 ne devrait guère s'oublier.  

Il y a moins de deux semaines, le site web spécialisé des affaires militaires, Janes Defense fournissait  d'ailleurs davantage de détails sur les capacités de guerre maritime iranienne en se focalisant sur les frégates de la marine iranienne dont et surtout Alborz, lequel a participé aux exercices navales sino-irano-russes de fin décembre 2019 dans les eaux d’Oman et de l’océan Indien. La publication "tire la sonnette d'alarme" en affirmant que des bâtiments de la marine iranienne "sont équipés de système modernes dans le domaine balistique aussi bien que dans celui de la guerre électronique". 

"La marine de la République islamique d'Iran a équipé l'une de ses frégates de la classe Alvand de nouveaux systèmes de combat développés par les spécialistes iraniens, eux-mêmes, lit-on sur le site web de Janes Defense, qui indique que les images d'IRIS Alborz (72) tirées de l'exercice naval interarmées iranien déroulé fin décembre 2019 avec les marines de Chine et de Russie, montrent que la frégate Alborz est  équipée de système d'arme rapproché (close-in weapon system, CIWS) et de système de conduite de tir (fire-control system,FCS) qui ont été installés au milieu du navire derrière l’entonnoir (The funnel).

Rappelons qu'un CIWS ou système d'arme rapproché, est un canon antiaérien détectant et engageant à courte portée des missiles, des avions ou des drones, missiles qui dans le cas iranien seront évidemment de haute précision, ayant la capacité d'être tiré en immersion. D'abord développé pour un usage navalisé, ce type d'arme a ensuite été adapté aux besoins terrestres, ce qui est le cas de la marine iranienne : il comprend généralement une combinaison de radars, d'ordinateurs et de canons rotatifs. Un FCS, système de conduite de tir est un réseau de composants, la plupart du temps un radar de conduite de tir, un calculateur de solutions de tir et un ordinateur compilant les données de l'arme, destiné à assister un système d'arme à toucher sa cible. 

L’analyste de Janes Defense précise ensuite que le système FCS comprend un directeur de contrôle de tir électro-optique (EO) en forme de boule, un système EO plus petit avec deux ouvertures similaires au Seraj-1 EO FCS associé aux systèmes de défense aérienne iraniens, et un directeur optique à commande manuelle pour le Kamand CIWS. Le Kamand et son système FCS associé sont montés sur des socles nouvellement construits derrière l’entonnoir (The funnel). Un deuxième directeur EO dérivé de Seraj a été installé sur une structure de mât nouvellement construite devant le support de pistolet Oerlikon KBA monté à l'arrière. Mais c'est quoi un Oerlikon KBA? 

Oerlikon KBA est une arme de tir sélectif fonctionnant au gaz en prenant une cartouche de 25 mm à partir d'une bande d'alimentation double sélective et le tir à une vitesse de 600 tours par minute, il a été développé comme une arme polyvalente à courte portée pour le champ de bataille moderne. En raison de sa puissance de feu, divers types de munitions et son dispositif de sélection de munitions instantanée (IASD), la KBA peut engager de véhicules blindés légers, les positions d'infanterie et des hélicoptères, antichars, des avions de combat et des navires, NDLR).

Aussi précise Janes Defense que la frégate Alborz a été également équipé de lanceurs de Chaff (les paillettes en français) et Flare (un leurre en français), similaire à celui qui avait été aussi installé sur la frégate Sahand(Les paillettes sont des filaments métalliques utilisées pour brouiller un radar. Elles sont efficaces pour brouiller les missiles à guidage infrarouge de type « tire et oublie ». Elles peuvent aussi aider à la détection d'un objet ou être utilisées en météorologie. Quant au leurre, Janes Defense ajoute : "Un leurre est un système de contre-mesure utilisé comme autodéfense. Pour échapper à une menace, un aéronef visé peut éjecter un ou plusieurs leurres constitués d'un matériau dégageant une forte chaleur en se consumant. Ceci a pour effet de détourner les armements hostiles (missiles) se guidant sur la signature thermique de leurs cibles, NDLR). L’article n’oublie pas non plus d’évoquer le développement du système de guerre électronique dont dispose la frégate Sahand. La marine iranienne a tenu, fin décembre 2019, un exercice naval conjoint avec les marines chinoise et russe dans les eaux du nord de l’océan Indien et de la mer d’Oman. Et là ce sera une autre paire de manche pour les marines hostiles à l'Iran. A tout ceci s'ajoute un autre élément que l'article relève : dans le golfe Persique, aucune marine étrangère n'est à l'abri. A chaque carré, il y a un élément de surprise qui vous attend". 

 

 

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