Apr 07, 2020 08:08 UTC

Mercredi dernier, le président américain a menacé l'Iran d'action militaire si leurs troupes basées en Irak étaient attaquée par les Irakiens qui en ont assez d'une occupation militaire US qui ne s'est jamais démentie.

L'US Navy a eu une petite idée de ce qui risque de lui coûter ce genre de menaces, l'US Air Force a toutes les chances, elle aussi, de vivre la même expérience : le 5 avril, le bâtiment d'assaut amphibie américain, USS Bataan, a été intercepté par la marine iranienne, alors qu'il traversait le détroit d'Hormuz, sans pour autant oser lever le petit doigt. Des experts qui relèvent le déploiement des dizaines de missiles côte-mer iraniens à Qeshm, juste en face du détroit d'Hormuz, estiment que l'USS Bataan n'a surtout pas voulu que son blindage électromagnétique DAPS soit percé par de puissants missiles côte-mer iraniens de type Ghader.

Le Pentagone n'a pas commenté l'incident ou a jugé mieux de ne pas le faire, vu que les tensions USA/Iran sont extrêmes et que le moindre faux pas pourrait  provoquer une escalade, l'Iran ayant prouvé en janvier dernier qu'il ne badinait point avec sa sécurité et que le cas échéant, un conflit direct avec les USA n'est pas à écarter. 

Le magazine The Drive vient de publier un article où il étudie la possibilité d'une campagne de bombardement contre l'Iran. Il y décrit l'état dans lequel se trouvent les six bombardiers B-52 que l'US Air Force a déployé le six janvier à la base Diego Garcia en océan Indien, tout en s'intéressant ensuite aux F-35 américains.  

En affirmant que les bombardiers B-52H ont fait des "vols marathon pour larguer des bombes en Afghanistan (pays où les USA s’entraîneraient pour frapper l'Iran, NDLR), à plus de 2500 miles de distance, l'article estime qu'une campagne aérienne contre l'Iran à coup de B 52 est quasi impossible à moins que les appareils reviennent à la base d'al-Udeid au Qatar :

"Suivant nos évaluations, il faudrait environ 11 heures à un B-52H pour effectuer l'aller-retour vers l'est de l'Afghanistan (zone d’opération), et ce, à une vitesse de croisière typique d'environ 525 milles par heure. Bien sûr, cela n'inclut pas le temps supplémentaire que les bombardiers auraient passé à flâner sur le champ de bataille et à mener leurs frappes. Nous ne savons pas où les B-52 ont effectué ces dernières semaines leurs frappes, mais les combats en Afghanistan ont été particulièrement intenses ces derniers mois au milieu d'un processus de paix fragile entre le gouvernement américain et les talibans".

Et l'article d'ajouter: "C'est pourquoi, il y a des années maintenant, l'Armée de l'Air avait décidé de baser des B-52 , ainsi que d'autres bombardiers, à la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, qui est beaucoup plus proche de l'Afghanistan, ainsi que de l'Irak et de l'Iran. Seul hic: Al Udeid est en ligne de mire des missiles iraniens"

Le constat d'échec semble total quand la publication fait état de la fin "tout proche de la mission de B-52 H à Diego Garcia et écrit: Mais les F-35 pourront-ils remplacer les B-52, se demande The Drive qui renvoie à une étude de POGO, un groupe de recherche indépendant basé à Washington, et récemment livré au ministère de la Défense US.

Le rapport dit : "  La promesse de Lockheed Martin d’atteindre une durée de vie de 8000 heures de vol par appareil, n’est pas possible. De plus, le système informatique peut facilement être piraté. Les données récoltées et enregistrées par le système ne sont pas fiables. Cela peut mener à des fausses instructions données au pilote surtout si l'adversaire soit doté de capacités de guerre électronique complexe. . Le logiciel en est déjà à sa 27e version et pourtant, ça ne fonctionne toujours pas. Bref, le développement des F-35 a pris un retard de 10 ans et coûte 200 milliards de plus que prévu."

Et le rapport d'ajouter : " mais il y a pire : autre problème sur le F-35 est la précision des missiles tirés qui risque de bien rater leur cible. Quand le pilote se base sur les informations qui sont projetées sur son casque, le missile va systématiquement trop à droite de l’objectif. Cela peut engendrer des problèmes dans les situations de combat et cela peut augmenter le risque de toucher les troupes au sol au lieu de toucher l’ennemi. Bref, l'US Air Force se trompe si elle croit pouvoir compter sur un F-35 qui depuis le début de la phase de test, compte quelques 941 manquements dont Une centaine de catégorie 1".

The Drive estime que les deux composantes de la flotte aérienne de combat US que le Pentagone compte utiliser contre l'Irak "sauraient difficilement franchir le système A2/AD " exclusivement développé autour du concept de défense et non d'attaque : " ce  sont des système composés de missiles performants comme Fateh 110, Sejil ou encore Shahab, qui constituent lgamme de missiles balistiques la plus diversifiée au Moyen-Orient.  l'Iran s'appuie sur des modifications des conceptions étrangères et en fait des anti-concepts contre le fabricant. " Les iraniens l'ont appris au cours de leur guerre avec Saddam: ils est plus facile d'avoir une défense solide (de nombreux missiles variés) qu'une force d’attaque, comme des avions que nous les Américains possédons et qui  sont chers et nécessitent beaucoup d'entretien, pire qu'ils pourraient entraîner la mort de pilotes."

 

 

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