Jul 01, 2020 17:19 UTC
  • Syrie : la Russie

A en croire l'ex-conseiller pour la sécurité de Trump, le néoconservateur belliciste Bolton qui passe, l'ironie de l'histoire, pour l'un des politiciens les plus intègres de l'histoire des États-Unis (!!), la Russie de Poutine travaille depuis un bon bout de temps à ce que l'Iran et le Hezbollah, soit ses seuls alliés en Syrie, la quittent et la seule chose qui l'aurait empêché de le faire, "c'est que sans les Iraniens, la Russie aurait à s'impliquer directement dans la guerre civile en Syrie,

ce qui est loin de servir les intérêts russes". Dans son livre intitulé «The Room Where It Happened: A White House Memoir», Bolton affirme même avoir entendu la personne de Président russe répéter ceci :" la priorité de Moscou en Syrie consiste à y éliminer Daech, puis à obtenir le retrait de toutes les forces iraniennes". Plus loin dans son live Bolton prétend : Ce qu'il m'a dit de façon implicite, Poutine l'a redit à Netanyahu : "l'Iran devra quitter la Syrie puisqu'il s'agit d'un objectif commun Russie/Israël. La Russie n'est pas partie prenante de la guerre civile en Syrie et l'expulsion des Iraniens est une priorité pour moi".

Evidemment ce genre d'assertions se trouvent confirmées par une presse maistream qui n'a perdu aucune occasion depuis le début de la guerre pour asséner des coups à l'alliance militaire russo -iranienne qui insiste sur la nécessité de préserver l'intégrité territoriale de la Syrie. "Les Russes regardent Israël frapper l’Iran" revient d'ailleurs assez régulièrement comme une antienne dont use et abuse la presse dominant ne serait-ce que pour discréditer Moscou aux yeux des parties qui s'interrogent de plus en plus sur la fiabilité de leurs liens et coopération avec les Américains. Mais les "Russes sont-ils réellement dans une situation compliquée, alliés, en partie, aux Turcs mais leurs adversaires à Idlib et en Libye à l'instar de leur coopération avec les Iraniens, amis face aux Américains, ennemis face à Israël"?Evidemment, les alliances de Moscou sont loin d'être réductibles à ces caricatures. Alors même que la presse mainstream abonde de commentaires et de remarques en ce sens, le site militaire russe Avia.pro rapporte l'info suivante : Conscient de son manque de capacité à confronter les systèmes de défense anti-aérienne russes S-400 Triumph, et surtout dépité par ses raids consécutifs contre l'axe chiite" en Syrie,  Israël pourrait être tenté de frapper la base militaire de Hmeimim, où se posent depuis quelques temps les vols militaires iraniens. La cible réelle d'Israël pourrait ne pas être la Russie, l'Iran et ses missiles tactiques étant plutôt dans le viseur"."Selon certaines informations, Israël pourrait de nouveau tenter de frapper à la périphérie de la base militaire russe de Hmeimim, en utilisant ses drones de combat. Mais cela revient au même objectif : une atteinte à Hmeimim ne laisserait guère indifférent Moscou, car au fond, la Russie n'a jamais trop cru à la rhétorique de guerre d’Israël qui tourne de façon  obsessionnelle  autour de l'Iran. Moscou sait pertinemment que Tel-Aviv agit sur l'ordre de Washington et que ce qu'il cherche en est, avant tout, de contrer la présence militaire russe au Moyen-Orient. Ce faisant, cela lui ferait également plaisir de discréditer les batteries de missiles antimissiles russes S-400 et une attaque contre Hmeimim sous prétexte d'avoir à en écarter l'Iran est à interpréter en ce sens.

«Le S-400 n'est pas conçu pour combattre les drones et les petits missiles. Si Israël décide vraiment de prendre une telle mesure, alors, évidemment, il sera la question de l'utilisation de systèmes de défense aérienne à courte portée, tels que Tor ou Buk. Il est également important de comprendre que toute menace contre l'armée russe ne peut pas rester sans riposte et que Tel-Aviv doit donc être très prudent surtout que Hmeimim, c'est la Russie qui en a ouvert les portes sur les vols militaires iraniens», note le spécialiste d'Avia.pro.La réalité de la nature des liens irano-russes en Syrie, c'est l'État syrien qui le définit : il y a peu Amos Yadlin, ex-chef du renseignement de l'armée israélienne invitait ses pairs à ne plus trop se faire d'illusion sur l'efficacité des frappes contre l'Iran :" Les raids du 23 juin (contre Soueida et Homs, NDLR) l'ont prouvé, les Russes ont laissé là aussi leur place aux Iraniens. Cette localité druze de Deraa, la Russie l'avait pacifiée en 2018 en promettant à Tel-Aviv ne pas laisser les forces pro-iraniennes de s'y infiltrer. Qu'Israël en soit venu à la frapper, cela montre que là encore la Russie a fait faux bond et a agi en coordination avec l'Iran. Cela renvoie au cas du Golan et de Quneitra repris par l'armée syrienne et la Russie et d'où la Russie s'est retirée en cédant la place au Hezbollah".

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