Aug 08, 2020 15:44 UTC
  • Missiles iraniens au Venezuela?

La tonitruante défaite de la politique de pression maximale US face à l'Iran a fait tomber une seconde tête après celle de John Bolton, à savoir celle de Brian Cook, homme qui avait juré de ramener de force ou de grès l'Iran à la table du dialogue! 

Mais ce n'est pas tout : en virant Hook du département d'Etat et ce, alors que dès la semaine prochaine les USA s'apprêtent à affronter la Chine et la Russie au Conseil de sécurité pour prolonger l'embargo sur le commerce d'armes avec l'Iran, c'est Elliot Abrams, le chargé du dossier du Venezuela qui le remplace. Seul hic : Abrams a déjà subi de royaux coups iraniens aux Caraïbes. En mai, alors qu'un commando de la CIA composé de mercenaires de Silvercorps s'apprêtaient à prendre d'assaut la côte vénézuélienne, il a eu la très mauvaise surprise de se voir traqué puis, capturé par les forces côtières vénézuéliennes que d'aucuns ont dit avoir été conseillés par les conseillers iraniens. Les images des Américains arrêtés rappelaient d'ailleurs les marins US capturés par le CGRI en 2016 dans le golfe Persique.

Mais les déboires d'Abrams au Venezuela n'en sont pas restés là, l'Iran ayant décidé quelques semaines plus tard à envoyer ses pétroliers livrer de l'essence au Venezuela, à briser en mille morceaux les sanctions américaines, à établir un corridor de transit par troc entre le golfe Persique et les Caraïbes et à contourner l'une des armes les plus classiques de l'arsenal de l'Empire contre les États souverains, le dollar. Abrams a mené de lancer le Ve flotte US à l'assaut des pétroliers iraniens sans oser aller jusqu'au bout par crainte d'avoir à faire face à la riposte iranienne dans le golfe Persique. La déculottée a été de taille, les USA ayant même été obligés d'envoyer un émissaire à Caracas négocier la libération des effectifs de Silvercorps. 

Expliquant la nomination d'Elliott Abrams en tant que nouvel envoyé spécial des États-Unis pour l'Iran, le département d'État a d'ailleurs déclaré que la République islamique d'Iran et le Venezuela figuraient parmi les principaux "sacs à nœuds" de la politique étrangère américaine. « L'Iran et le Venezuela sont toujours au sommet des préoccupations du département d'État et de la Maison-Blanche », a déclaré Cale Brown, porte-parole adjoint du département d’État, dans son tweet datant du vendredi 7 août.

« Hier, le bureau du représentant spécial du gouvernement américain pour l'Iran a ajouté les fonctions d'Abrams », a indiqué Cale Brown, porte-parole adjoint du département d’État.

Le nouvel envoyé américain pour l’Iran a été un acteur majeur de la politique agressive envers le gouvernement vénézuélien, qu'il a cherché à renverser en faveur du chef de la pseudo opposition, Juan Guaido mais sans grand succès. Élu représentant spécial des États-Unis pour le Venezuela en 2019, Abrams n'a fait que cumuler les échecs. Vouloir aussi s'occuper de la politique iranienne de la Maison-Blanche sur fond de revers successifs face au Venezuela présentera pour lui une charge supplémentaire et éminemment plus périlleuse. Pourquoi? " Avide de confrontation et de guerre, Abrams risque de pousser l'axe économique Iran-Venezuela vers une alliance militaire. On sait bien que le Venezuela a besoin d'une marine plus forte, d'une DCA plus conséquente et des missiles qui touchent les intérêts US. L'Iran, bientôt débarrassé de l'embargo a tout ceci à lui offrir, note un analyste. 

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