Oct 07, 2020 12:08 UTC
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Ce mercredi 6 octobre, les agences ont fait état du départ de deux pétroliers "vénézuéliens" qui projettent, au mépris total des sanctions US, de livrer quelques 1.2 millions de barils de pétrole lourd à destination de l'Asie. Les milieux US qui suivent ces éventements avec angoisse et terreur, y constate une certaine "iranisation" des attitudes du Venezuela, premier détenteur du pétrole au monde et anti-Empire par essence.

Cibles de sanctions anti-US, le Venezuela a eu par exemple recours à ses navires pour transiter cette cargaison importante qui appareille, tout comme le cas des pétroliers iraniens sous pavillon de la République bolivarienne, comme pour défier l’Amérique. Depuis le mois de mai, date de la livraison de l'essence iranienne au Venezuela, trois cargaisons iraniennes ont relié le golfe Persique aux Caraïbes, ou ce qui revient au même, le Venezuela a mis trois mois pour apprendre comment se moquer comme l'Iran des sanctions US. Et si seulement les coopérations Iran-Venezuela en restaient là! 

Le Pentagone exprime ouvertement désormais son inquiétude quant aux liens sans cesse croissants de l’Iran avec le Venezuela qui de l'économie "risque à tout instant de basculer en militaire, vu que l'embargo contre l'Iran sera levé dès le 18 octobre, soit dans 11 jours". Le chef du commandement du Sud des États-Unis, l’amiral Craig Faller, y revient comme pour reconnaître que l'US Navy ne peut rien contre : « L'Iran a accru sa présence dans l'hémisphère occidentale de la planète avec l'intention de créer des "méfaits" contre Washington. En effet ce pays voit une opportunité de créer des méfaits ici dans notre voisinage dans cet hémisphère qui est le nôtre, et aussi une opportunité pour enclencher le levier économique et autres », a dit Faller lors d'un événement organisé par l'Organisation des États Américains (OEA), ajoutant : « Car ce ne sont pas seulement les livraisons de pétrole ».

« L'Iran pense qu'il a l'opportunité de faire des "méfaits" dans notre région voisine, en même temps qu’il estime opportun d'étendre son dynamisme économique », a allégué Faller tout en mettant en garde contre "l'implication iranienne" dans la région sensible de l’Amérique du Sud : « La présence de l'Iran au Venezuela a considérablement augmenté ces derniers mois, dans le but de déployer les membres de la Force d'élite Qods dans le pays. Ce qui semble inquiéter de plus en plus Washington, c'est la coopération militaire des deux pays et le déploiement des armes iraniennes, les missiles entre autres, dans la région qui était précédemment sous l'emprise des États-Unis ». 

« Car le problème n'est pas uniquement de voir l'Iran et le Venezuela s'unir pour neutraliser les sanctions américaines et pallier aux importantes pénuries d'essence au Venezuela que l'Amérique a cherché à dessin pour pousser au renversement le gouvernement de Maduro mais aussi et encore une prolifération des armes aux Caraïbes et ce, à quelques kilomètres des côtes américaines. Un troisième pétrolier iranien est arrivé au Venezuela ce week-end, contenant environ 820 000 barils de carburant. "Et on ne sait vraiment pas si ce trafic se réduit uniquement au pétrole", note un analyste américain commentant les propos du commandant US. »  

En effet le fait que le Venezuela ait appris de l'Iran le fait d'envoyer sous le nez de l'US Navy ses pétroliers sillonner l’Atlantique, cela voudrait dire qu'en matière de protection de ses cargaisons, le Venezuela pourrait bénéficier du soutien de la Force Qods. Bientôt, l'Iran saura armer le Venezuela de missiles antinavire, voire de drones et l’Atlantique ressemblera alors à la mer de Chine ou encore au golfe Persique. 

Selon des informations, les attachés militaires vénézuéliens ont activement assisté aux deux récents manoeuvres militaires tenues par les forces armées iraniennes dans le golfe Persique et dans l'océan Indien. Et visiblement, outre les missiles antinavires, les drones iraniens et leurs performances les auraient particulièrement intéressé. On se rappelle que le Venezuela a conçu fin des années 2000 son premier drone en bénéficiant de l'assistance iranienne. Mais plus que les drones iraniens, ce serait les bombes intelligentes dont sont dotés ces appareils qui pourraient intéresser le Venezuela.

"Sadid" par exemple, qui est missile et bombe et qui est tiré depuis toute sorte de drone et d’hélicoptère. C'est en 2010 que l'Iran a installé le missile Sadid-1 sur son fameux drone "Shahed-129". C'est une bombe avec d'un détecteur TV ou thermique dans son nez. Un autre type de cette même bombe "Sadid" a été dévoilé à l'exposition Max 2017 en Russie. Ce type de bombe a des caractéristiques telles qu'un poids de 34 kg, une longueur de 1630 mm, un diamètre de 152 mm, une ogive explosive, une portée effective de 30 mètres, parfaitement compatible avec la géographie de l’Atlantique. Mais on pense surtout à la bombe guidée "Yassin" qui a la capacité de tirer à une distance de 50 km sur des cibles spécifiées. C'est cette même bombe qui a frappé la passerelle de commandement la réplique que le CGRI a fabriquée à partir de l'USS Nimitz et qu'il a activé lors des exercices en août 2020. Bref, il y a un péril iranien en hémisphère ouest.

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