Jan 22, 2021 10:42 UTC
  • 1er acte anti-Iran de Biden?

Le département du Trésor de l’administration Biden maintiendra le mécanisme anti-iranien que Washington avait adopté sous Trump. 

Le 25 octobre 2019, le département du Trésor a annoncé un mécanisme pour placer l’Iran parmi ses principales sources de préoccupation en matière de blanchiment d’argent.

Que fait l’administration Biden à ce propos?

Dans un document de 114 pages, publié il y a deux jours, la future secrétaire au Trésor de Joe Biden, Janet Yellen, a repris les accusations de 2019 du département du Trésor, ajoutant que la nouvelle administration maintiendrait ces mesures. 

Interrogée pour savoir si elle était d’accord avec la description de FinCEN sur l’Iran en tant que l’une des principales « source de préoccupation » en matière de blanchiment, Janet Yellen a répondu que oui. « Je crois que l’Iran suscite des préoccupations quant au blanchiment d’argent », a-t-elle précisé.

Répondant à la question d’un sénateur qui l’a interrogée sur les « mesures particuliers prises par le département du Trésor en vertu de l'article 311 de la USA PATRIOT Act », Janet Yellen a répondu : « Je crois qu’il faudrait maintenir les rigoureuses restrictions qui sont en place en raison du soutien destructeur de l’Iran au terrorisme jusqu’à ce que ce pays continue de le faire et tant qu’il refusera de faire toute la lumière sur ses financements militaires ».

La version écrite de l’audience où Yellen a répondu aux questions des sénateurs américains a été mise sur le site web de la commission financière du Sénat, le mercredi 20 janvier. 

Les accusations de FinCEN contre l’Iran

Le département du Trésor de l’administration Biden maintiendra le mécanisme anti-iranien que Washington avait adopté sous Trump. 

Le 25 octobre 2019, le département du Trésor a annoncé un mécanisme pour placer l’Iran parmi ses principales sources de préoccupation en matière de blanchiment d’argent.

« Le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Trésor a identifié l'Iran comme une préoccupation de premier ordre en matière de blanchiment d'argent en vertu de l'article 311 de la USA PATRIOT Act et, il a publié une nouvelle réglementation pour protéger le système financier américain des activités financières malveillantes iraniennes », selon le communiqué. 

Le Financial Crimes Enforcement Network est un bureau du département du Trésor des États-Unis qui prétend collecter et analyser les informations sur les transactions financières afin de lutter contre le blanchiment d'argent national et international, le financement du terrorisme et d'autres crimes relevant du financier.

Qu’en pensent les experts ?

Nombreux sont les experts et analystes qui croient que le mécanisme anti-iranien du département du Trésor aidera l’administration américaine à collecter les informations nécessaires pour trouver de nouvelles cibles de sanctions. En plus, les banques qui sont déjà réticentes pour faire des transactions avec l’Iran, par crainte de mesures punitives de Washington, seront beaucoup plus prudentes ; ce qui même rendra encore très difficile tous les échanges avec l’Iran même ceux en matière de médicament.  

Selon Tyler Cullis, avocat associé chez Ferrari & Associates et expert des questions liées aux sanctions économiques américaines, « la déclaration du département du Trésor permet aux banques américaines de suspendre, voire fermer leurs comptes dans les institutions financières qui sont en contact avec l’Iran ». 

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