Mar 03, 2021 13:21 UTC
  • Israël, assiégé, maritimement

Israël ne l'aurait jamais cru : près d'une semaine après "le mystérieux" incident du 25 février en mer d'Oman, incident qui a coûté au navire-base logistique du Mossad, déguisé en cargo parking, sa première mission dans le golfe Persique, les milieux militaires israéliens se sentent totalement dépassés : ...

Pour la première fois, la boîte à outil est vide et en l'absence d'un "Big Brother" qui frappe à toutes les portes pour pouvoir s'attirer les faveurs de Téhéran, Israël se trouve face à face avec la réalité : des accusations pointant de doigt une implication iranienne dans la double frappe contre Hélios Ray fusent de toute part sans engager une quelconque preuve évidemment et le démenti officiel de Téhéran ne fait que rendre plus impuissante et plus hésitante une entité qui pas plus tard qu'au mois de novembre, se disait le "roi des cieux", capable de faire fondre les unités UF6 de Nataz en un tour de main, ou de manipuler les satellites pour faire descendre les savants atomistes iraniens à coup d'armes télécommandées et ce, non loin de la capitale iranienne.

Pire, ces dits "experts" sionistes dépêchés en catastrophe le 26 février à Dubaï pour ramener Hélios Ray de Fujairah à Dammam, en Arabie où les Saoudiens assistent comme témoin à l'effondrement de leur rêve de se faire protéger en l'absence d'une Amérique trumpiste, par Tel-Aviv, n'ont pas pu trop avancer ni sur l'origine ni sur le modus operandi de "l'attaque" qui a causé, rappelons-le, sans se faire remarquer des dizaines de pièces d'interception et de détection à bord, ces deux "brèches béantes" des deux côtés du bâtiment juste au-dessus de la ligne de flottaison, sans affecter le moteur mais en sorte que tout ce qui faisait la valeur du cargo-espion cesse de correctement fonctionner : système d'écoute, unité de traîtement de donnés, radars, liaison optique avec satellite, drone... Ces experts qui rentrent largement bredouille en Israël n'ont mime été foutu de trancher si c'était une "torpille", une "mine marine" ou encore un "missile de croisière" qui a fait ce coup "si chirurgicale", si "précis" comme l'ont fait de l'aveu du général McKenzie, les missiles Qiam des Iraniens quand un certain 8 janvier 2020 ils ont décidé non pas de venger la mort de Soleimani mais seulement de faire comprendre aux Américains qu'il est temps de plier bagage. 

Selon des fuites, les milieux d'experts sionistes sont tout sauf d'être concluants : ni une mine marine, ni une torpille, encore moins un missile de croisière "si nombreux dans les eaux terrifiantes du golfe Persique qui regorgent de vedettes rapides, de sous-marins et de bateaux  iraniens", ne sauraient mettre hors de fonction en l'espace d'à peine quelques minutes, une mastodonte navale comme "Hélios Ray" haut de 36 mètres et avec une capacité de tonnage de 21 000!

Est-ce "on" venait de faire à Israël une surprise? Après tout, tout au long du mois de décembre et de janvier les Iraniens ont fait une dizaines de manœuvres militaires entrelacées étendues du golfe Persique à l'océan Indien avec des épisode particulièrement cuisant comme ce missile balistique Sejjil de 1800 km de portée ayant failli faire couler l'USS Nimitz caché dans le nord de l'océan Indien.

Haaretz, parfaitement sûr de ce qui avance, évoque même l'idée d'une nuée de drones sous-marins qui aurait prix pour cible Helios Ray le soir de l'incident alors même que ses 28 membres d'équipage la plupart des officiers de Mossad, se croyant trop malins, s'apprêtaient à traverser le détroit d'Homuz. Le journal renvoie même à un exercice militaire de la marine iranienne datée du mai 2020 où "les unités du CGRI ont dévoilé un drone sous-marin, le dénommé "Ya Mahdi": « A l'époque l’expert dans le domaine maritime, H. I. Sutton, faisait remarquer que ce bâtiment étrange ressemble soit à un assez petit sous-marin habité, soit à un véhicule sous-marin sans pilote de taille décente (UUV) avant d'ajouter que si ce submersible était effectivement un UUV, cela signifierait que l’Iran a fait son entrée dans un club exclusif de pays. Et bien l'expert ajoutait également qu'il y voyait une mise à niveau en termes de capacités navales de l’Iran, en soulignant que la nature probablement sans pilote des nouveaux sous-marins iraniens deviendra un point fort de la marine iranienne dans le détroit d’Hormuz et le golfe Persique, vu son effet dissuasif face aux adversaires.

Et puis le spécialiste estimait qu'avec un prix abordable, le sous-marin de fabrication iranienne est à peu près comparable au sous-marin à propulsion diesel-électrique sans pilot extra-large Orca ou XLUUV" tout en ajoutant que la propulsion diesel-électrique fournira une très longue portée à l’appareil que la grande taille de l’UUV pourrait rendre l'intégration des armes plus réalisables, comme par exemple la pose de mines et sa coque cylindrique en acier montre que l’UUV iranien n’a rien en moins qu’un sous-marin. Pour Sutton « Ya Mahdi » est la première vedette télécommandée du CGRI à même de tirer trois roquettes (missiles) et de porter des explosifs, ce qui "fait de ce bateau une bombe sous-marine mobile en mer ayant la capacité de toucher les navires ennemis avec une longueur de moins de 12 m et d’une hauteur de 1,5 m, et une petite taille, cet appareil conçu dans la pure tradition des missiles et des drones iraniens de matière composite est donc furtive, et susceptible de rester largement à l’abri des radars et des systèmes de défense surtout qu'il pourrait être télécommandé depuis le sol voire à partir d’autres navires. 

Comment les drones iraniens surveillent les sous-marins ennemis?

« La question qui se pose d'emblée est la suivante : ce premier drone sous-marin iranien a-t-il été testé contre Israël? Et si oui, s'agit il d'un déplacement de théâtre de combat anti Israël depuis le ciel en Syrie, vers la mer? Des navires et cargos israéliens risquent-ils désormais à être ciblés par des nuées de drones sous-marins? Et bien si c'est le cas l'armée israélienne est très mal barrée dans la mesure où notre point fort c'est notre l'armée de l'air et que les milieux marins, Israël ne le maîtrise point. C'est d'autant plus inquiétant que la "riposte" israélienne à la "première attaque maritime iranienne" a été parfaitement décalér, puisque l'armée a choisi encore de frapper la Syrie sans comprendre que le cadre de face-à-face Israël/Iran venait de franchir un palier, dépassant largement le front Nord le front sud ou encore le Golan. En esquivant une réponse maritime, Israël a de surcroît envoyé à ses partenaires du golfe Persique, tous des Etats côtières un très mauvais signal. Alors comment attendre d'Abou Dhabi, de Riyad, de Manama de faire alliance, comme ne le cesse de le demander le ministre de la Défense Gantz avec Israël pour faire face à l'Iran? Nos partenaires du Golfe (Perisque) n'iront-ils croire que nous sommes en train de nous servir d'eux de bouclier pour faire éloigner de nos côtes la terrible perspective, celle d'avoir à affronter l'Iran et ses alliés non plus seulement au sol et dans le ciel et encore en mer? »

Et la source d'ajouter : « Depuis 2019, les Iraniens ont fait preuve d'une totale maîtrise en termes de guerre navale. On se rappelle l'abordage de Steno Impero, des dizaines d'opérations d'interception effectuées par des drones iraniens au dessus des navires de guerre US. On se parle même des commandos iraniens ayant mis la main sur les marines US et britanniques. Et si l'Iran et ses alliés se mettaient à en faire autant avec Israël? L'incident du 25 février pèserait pour longtemps en termes économiques puisque peu de compagnie d'assurance et de frète accepteraient à rendre service à Israël si ces attaques devenaient une habitude. Ce serait en quelque sort un "blocus maritime" imposé indirectement à Israël, que certains qualifieraient de renvoi de l'ascenseur iranien à Israël lequel n'a cessé ces dernières années à plaider à tort et à travers en faveur du blocus contre l'Iran. Et dire que 90 % de nos commerces avec le monde extérieur se fait par voie maritime et que l'Iran et ses alliés sont désormais bien présents dans toutes les voies maritimes de la région! Une chose est sûre : la mer fait désormais partie des fronts de guerre contre l'Iran et ce sont les Iraniens qui en ont décidé ainsi. Le rapport de dissuasion que le Hezbollah a su imposer à Israël depuis le mois de juillet sur le front nord, les Iraniens eux, nous l'imposent en mer. Vouloir continuer bêtement à frapper la Syrie est une fuite en avant. »

Et d'ajouter : « Dans le passé, les attaques israéliennes contre la Syrie restaient sans réponse mais les choses commencent à changer : déjà le raid aérien du 28 février a été un échec, la totalité des huit missiles ayant été interceptés et détruit par une DCA syrienne qu'on dit avoir été renforcée par les batteries Khordad-15 iraniennes. Le coup de Hélios Ray vient de rompre diablement la routine. Et cette bataille des mers qui commencent au moment où Ansarallah gagne partout et à tous les points ne peut que faire partie de la Grande guerre que l'Iran et ses alliés viennent de déclencher contre Israël. Reste à savoir si oui ou non, Tel-Aviv est prêt à relever le défi? »

Et l'article de conclure : « Une rébellion contre la ligne de "pression maximale" de Netanyahu est sur le point de former en Israël. Plus intéressant encore, un certain nombre de ces hauts responsables de la sécurité israélienne plaident pour un retour US au PGAC  comme l'explique Ben Caspit. « Une équipe d’experts [israéliens] particulièrement chevronnés a conclu que, contrairement à la position de la plupart des membres dirigeants du gouvernement Netanyahu-Gantz, l’accord avec l’Iran ne devrait pas inclure le programme de missiles de Téhéran ou ses activités régionales ». Dans tout ceci, il y a un "sombre aveu" dont personne ne veut discuter publiquement, à savoir qu’Israël a été surpassé par le camp d'en face. Alors que le monde entier est obsédé par la « Big One » (la perspective d’une arme nucléaire) et par la question de savoir si la pression maximale inciterait ou non l’Iran à se conformer au PGAC, l’Iran prépare – pas la Big One – mais beaucoup, beaucoup de « Little Ones ». Israël est maintenant entouré de milliers de missiles de croisière intelligents et de drones d’attaque à capacité d’essaimage. Et dire que l'incident de Hélios Ray vient d'étendre le théâtre de la guerre en mer ! 

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