Jul 04, 2021 18:51 UTC
  • Main tendue d'Abdallah II à l'Iran?

Pourquoi le roi de Jordanie, allié des États-Unis, pacté avec Israël et qui n’entretient pas de très bonnes relations depuis 40 ans avec l’Iran, a-t-il décidé soudain de féliciter le président élu iranien Raïssi, connu pour son anti-sionisme et sa fermeté à l'égard des USA?

Certains diraient que la normalisation a miné la confiance Jordanie/Israël/USA d’une part et que le roi de Jordanie n'est pas prêt à oublier la tentative du coup d’État du prince Hamza, de l'autre. L’explication aurait pu paraître suffisante si ce n’était pas l’assaut de ces centaines de jeunes jordaniens vers les frontières avec la Cisjordanie en pleine bataille balistique de mai Israël/Gaza ou encore ce drone « irakien » qui a percé le ciel israélien via le ciel jordanien pour s’abattre sur Beit-Shean dans le Nord jordanien. Rai al-Youm donne son point de vue.

Le roi de Jordanie a présenté ses félicitations au président élu de la République islamique d’Iran, d’autant plus que la Jordanie s’approche, bien que d’un rythme ralenti, des pays membres de la Résistance. Ces deux signes laissent espérer une reprise de relations diplomatiques entre Amman et Téhéran, selon des analystes. Quelques jours après la réunion tripartite Irak-Égypte-Jordanie à Bagdad, Abdallah II de Jordanie a félicité Ebrahim Raïssi son élection en tant que nouveau président de la République. 

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Selon le quotidien électronique Rai al-Youm, « ce message de félicitation amène les experts à prévoir que l’Iran et la Jordanie pourraient reprendre leurs relations diplomatiques après de longues années de rupture ».

Rai al-Youm continue : « La Jordanie projetterait d’envoyer un ambassadeur à Damas et de nommer aussi un autre à Téhéran, d’autant plus qu’une équipe de diplomates jordaniens, au sein du ministère des Affaires étrangères, superviserait apparemment le processus de la reprise des relations diplomatiques entre Damas et Amman, car cela fait plus de deux ans qu’aucun ambassadeur n’est présent à l’ambassade de Jordanie dans la capitale syrienne, bien que l’ambassade poursuive ses activités administrées par un chargé d’affaires. »

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« Il est très probable que la Jordanie développe, d’un rythme ralenti et graduel, ses relations diplomatiques avec les pays membres de la Résistance, d’autant plus qu’elle n’entretient pas de relations de haut niveau avec l’Arabie saoudite, ce qui permettrait à la Jordanie d’élargir facilement ses relations avec la Syrie et l’Irak. En plus, les intérêts commerciaux et économiques que pourrait espérer la Jordanie de ses relations avec l’Irak, le pousseraient à prendre en considération la proposition de l’Iran de nommer un nouvel ambassadeur à Téhéran. »

Rai al-Youm se réfère ensuite à ses sources pour indiquer que le roi de Jordanie, lors de ses réunions tenues à huis clos, aurait fait part de sa décision de soutenir l’Irak et la Syrie pendant la rencontre qu’il aura dans deux semaines avec le président américain Joe Biden. 

« Le roi de Jordanie a réitéré, lors de ses réunions à huis clos, la nécessité du retour de la Syrie à la Ligue arabe et de soutenir le gouvernement actuel en Irak dirigé par Mustafa al-Kazemi », indique Rai al-Youm.

Abdallah II de Jordanie a félicité, samedi 3 juillet, Ebrahim Raïssi pour son élection à la présidentielle et lui a souhaité succès pendant son mandat. 

 

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