Aug 11, 2021 18:22 UTC
  • Sa Majesté envoie ses commandos

« Le déploiement des forces britanniques au Yémen a des motifs colonialistes aux aspects contemporains », écrit un site web arabe.

Le déploiement de forces spéciales britanniques dans la province yéménite d’al-Mahra suscite plein de questions à propos de la stratégie militaire de Londres envers un pays qui s’enlise dans la guerre depuis sept ans. 

Une escouade des forces spéciales britanniques est arrivée il y a quelques jours au Yémen pour « traquer les militants à l'origine de l'attaque de drones contre le pétrolier Mercer Street. »

Selon le journal britannique Express, 40 soldats des forces spéciales britanniques sont arrivés dans l'est du Yémen, via l'aéroport al-Ghaidha de la ville d'al-Mahra, notant que la division comprend une unité spéciale en guerre électronique étant capable d’espionner les communications.

Le journal a ajouté que l'unité travaille avec la Force d'opérations spéciales américaine, qui était déjà présente dans la région et aide à former des unités de commandos d'élite saoudiennes.     

Selon le site d’information Arabi 21, « le Royaume-Uni suit des objectifs stratégiques au Yémen qui sont également partagés par ses alliés anti-iraniens dans le golfe Persique, au Moyen-Orient, voire dans le monde. »

« Ces objectifs stratégiques sont liés à la sécurité de l’énergie, au transport maritime et aux activités de l’économie navale dans l’ouest de l’Océan indien », a déclaré Ali al-Dhahab, analyste stratégique et militaire yéménite. 

Et d’ajouter : « la présence militaire britannique au Yémen peut découler des ambitions colonialistes de Londres aux aspects contemporains. »

« Une certaine coordination militaire, sécuritaire et de renseignement existe entre le gouvernement démissionnaire du Yémen et les forces britanniques. »

Dans ce droit fil, Yassin al-Tamimi, analyste politique, écrit : « Le Royaume-Uni tente de justifier sa présence militaire à l’est du Yémen sous prétexte de « vouloir contrer les menaces iraniennes visant la navigation internationale ». 

Selon Yassin al-Tamimi, « le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis essaient de se donner plus de raisons justifiant leur présence sur le sol yéménite. »

« Un déploiement au Yémen réduit les coûts d’une possible confrontation avec l’Iran car toute opération militaire pourrait être dirigée du Yémen et ça sera difficile et totalement sans intérêt pour l’Iran d’attaquer ce pays pour protéger sa dissuasion. »

Les habitants d’al-Mahra contre la présence de militaires étrangers

Le mouvement pacifique des habitants d’al-Mahra pour protester contre le déploiement de militaires britanniques dans cette province yéménite prouve comment le peuple s’oppose à ce que cette partie du territoire du Yémen soit transformée en une base de soldats étrangers. 

En février 2021, Ali Salem al-Haridi, alors le gouverneur d’al-Mahra, a accusé le Royaume-Uni d’avoir formé des éléments à des fins d’espionnage et de préparation d’attentats contre le gouvernement, les institutions et les tribus de cette province. 

À cette époque-là, Ali Salem al-Haridi a réclamé l’expulsion de toutes les forces étrangères d’al-Mahra. 

 

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