Aug 18, 2021 12:34 UTC

48 heures après que les Taliban eurent pris le contrôle de la capitale afghane sous les yeux ahuris d’un Israël dont la presse ne fait plus dans la dentelle pour dénoncer « la débandade de l’hyperpuissance américaine »,

« un débâcle militaire et stratégique d’une Amérique qui en 20 ans d’efforts n’a réussi d’un iota ni de réformer le peuple afghan, ni de construire une armée propre à protéger ses intérêts », quitte, ajoute cette même presse « à donner des idées aux Iraniens et ses alliés pour en faire autant en Irak, en Syrie, au Yémen » puisqu’«ils voient à quel point est facile pour les Américains de laisser tomber amis et alliés » presque « de les jeter en pâture aux ennemis », Israël a pris pour cible « Hader », village druze non loin du Golan occupé où il a visé un poste de contrôle de l’armée syrienne. Effectivement, pour une entité, traumatisée à vie par l’opération « Epée de Qods », opération marquée, rappelons-le, par des tonnes de JDAM et de GBU larguées en seulement 11 jours sur Gaza, mais stérile en termes militaires puisqu’incapable d’arrêter ne serait-ce que pour une heure, les vagues croissantes de missiles palestiniens tirés le sud et le centre d’Israël, la prise de Kaboul est autrement significative et elle signifie ceci : après l’échec en mai de F-35 Adir à Gaza, voici le débâcle en août de « B-52 » et de « F-18 super Hornet US » à Kaboul…

La carte de Tel-Aviv en ligne de mire des missiles de la Résistance. Une "invasion" de Tel-Aviv possible?(illustration)

Avouons que ce second choc est encore plus cuisant que le premier d’autant plus qu’il s’inscrit dans un contexte dominé le coup du 6 août du Hezbollah où le tir de seulement 20 roquettes 122 mm contre « Kiryat Shmona » et sa base militaire où le Dôme de fer opère -ou veut opérer- de concert avec les Patriot du Golan, ont suffi à re-chasser les F-16 israéliens du ciel du Sud Liban. Hier soir donc il s’agissait de défier le destin et de croire encore au père Noël et à ce que une « Armée de l’air de centaines milliards de dollars, paralysée par sa lourdeur technologique est toujours susceptible de changer la donne », de ramener la règle d’engagement à l’époque où Israël se targuait d’être la puissance aérienne suprême et d’éviter une « inévitable » défaite.

La frappe israélienne de mardi a visé selon The Times of Israel des « zones où sont basés des combattants soutenus par l'Iran » : « Deux sites distincts l'un appartenant au Hezbollah et l'autre étant le bureau du commandant de la 90e brigade de la première division syrienne, le général de brigade Hussein Hamoush auraient été touchés ».

Par combien de missile ? Deux, seulement. Evidemment la crainte d’avoir à revivre la dernière semaine de juillet où la DCA syro-sud libanaise a tour à tour intercepté et détruit quelques 17 missiles air-sol, de type SPICE 1000, sur 18 tirés, a empêché le couple Bennett-Gantz de risquer une slave numériquement plus importante. Surtout que le Hezbollah a fait publier les photos de ses superbes interceptions le 22 juillet dernier, photo mettant en scène la carcasse de deux SPICE-1000 presque intacte, laissant entendre que son arsenal disposait plus que de simples missiles intercepteurs et que ses opérateurs de DCA savent aussi manier des dispositifs de guerre électronique.

Le missile SPIKE-1000 israélien abattu le 22 juillet par le Hezbollah à Qusseir (Capture d'écran via Twitter)

Mais cette baisse du nombre de missiles israéliens tirés contre Quneïtra n’a pas été la seule précaution prise par les Sionistes. Tout un branle-bas de combat a précédé la « démonstration de force » de pacotille israélienne dans la mesure où quelques heures plutôt « Tsahal » avait annoncé un exercice-éclair près des frontières libanaises. « L’exercice s’inscrit dans le cadre d’une série d’examens pour le chef d’état-major afin de vérifier l’état de préparation des forces israéliennes et ils étaient prévus dans le plan annuel pour l’année en cours », avait même dit le porte-parole des forces d’occupation israéliennes, Avichay Adraee.

Et pour quel résultat ?

Un premier constat vient d’être dressé par les sources russes qui qualifie le tir de double missiles du 17 août de « provocation inutile » car « n’osant plus faire voler ses avions ni dans le ciel du Golan occupé ni dans celui du Sud Liban « les Israéliens ont été contraint de recourir à des artilleries de longue portée, soit à avouer à la fois leur crainte et leur impuissance » : « Ce soir, l'armée israélienne a de nouveau (pour la deuxième journée consécutive, ndlr) attaqué le territoire syrien. Néanmoins, malgré le fait qu'Israël utilisait auparavant activement ses avions, craignant évidemment que les défenses aériennes syriennes ne commencent à atteindre les avions de chasse israéliens même au-dessus d'Israël, le commandement militaire du régime sioniste a décidé de mener des frappes sur la Syrie de façon à ce que ses missiles ne puissent être interceptés ni par les systèmes de défense aérienne russes ni syriens. ».

La roquette intelligente Fajr-4 qui cible avec précision. ©Tasnim News

Et comment? 

« Selon les informations dont dispose l'agence russe, Israël a eu recours à l’artillerie à longue portée pour viser la province de Quneïtra. Selon les informations dont dispose l'agence russe, dans la soirée, des attaques d'artillerie à longue portée ont été menées sur le territoire de la province de Quneïtra. Or l'artillerie elle-même ne peut être efficace qu'à courte distance. Ce choix prouve de toute évidence qu’Israël commence à réaliser le radical changement dans le ciel du Levant et le risque que les défenses aériennes syro-libanaises pourraient lui faire courir puisqu’elles sont non seulement prêtes à attaquer non seulement des missiles, mais aussi des avions de combat. Militairement parlant, c’est une fuite ne avant car au point où en est la bataille Israël/Syrie, l’artillerie ne pèse plus du tout. Cette supériorité aérienne que simule Israël ne trompe que les Israéliens eux-mêmes ».

Mais Avia.pro n’a pas tout vu, des sources syriennes faisant part d’un revers encore plus colossal que celui auquel renvoie le remplacement forcé des F-16 ayant à tirer allègrement des dizaines de missiles contre les bases de la Résistance en Syrie par des unités d’artillerie lourde qui pour être dotées de lance-roquettes multiples M270 MLRS ou de batterie de missiles balistiques sol-sol M109 n’en reste pas moins à des années de lumière de ces combattants du Hezbollah qui avec de simples Grad de 122 mm, font fuir les avions de chasse !

Suivant les images publiés tôt à l’heure par les sources pro Résistance, les deux missiles tirés contre Quneïtra aurait été détruits et interceptés mais de façon parfaitement inattendu. Aucune trace de tir de DCA sur la vidéo, seule deux explosions, celles des missiles agresseurs. La Résistance syro-libanaise serait-elle dotée de ce mystérieux missile 358 de fabrication iranienne à qui les experts donnent le nom de drone-DCA ?

Le drone US Scan Eagle abattu par un mystérieux système de défense aérienne de la Résistance Yéménite. @Harbi Press

Le Missile 358 n'est pas un missile intercepteur, mais un "drone kamikaze" équipé "d’un explosif généralement classé comme munition vagabonde"(Loteiring munition). C'est un drone qui accomplit la mission de la DCA. À l’aide d’un moteur à réaction et de multiples ailes de contrôle, d’une ogive munie d’un grand nombre de fusées adjacentes, cette arme patrouille longtemps le ciel de la zone de combat en attendant que l'avion ennemi arrive et qu'il le détruise par le biais du système de guidage au sol. Certains experts évoquent un engin de 3 mètres de long, d’un poids de 40 kg.

Ce serait un missile-drone d’une vitesse de 277m/s, et d’une endurance de 235 secondes, soit juste ce qu’il faut pour abattre et détruire les missiles de croisière. De toute évidence, l’œuvre de reconquête du ciel du Moyen-Orient entre dans une nouvelle phase, la première consistant à chasser les avions ennemis à coup de drone, la seconde, à nettoyer ce même ciel, toujours via des drones. Mais il y a plus : ce missile 358 qui vient de faire son baptême de feu à Quneïtra, en est déjà à son troisième succès à Maarib. Début juin un troisième ScanEagle US a été intercepté et détruit dans cette province où le F-15 et Tornado et Eurofighent ne peuvent plus rien… Tout porte à croire que le QG conjoint de l’axe de la Résistance agit en totale synchronie à l’échelle de la région, pour le grand malheur des grands perdants de la plus longue bataille de l’histoire. Car le couple Fateh-110-Missile 358 vaut à lui seul tous les F-16, F-15, F-18... B-52 du monde!

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