Sep 27, 2021 12:55 UTC
  • Irak/Syrie: le Sultan tourne le dos à Biden?

Le président turc appelle les troupes américaines à quitter la Syrie et l'Irak.

« Bien sûr, si cela ne tenait qu'à moi, j'aimerais qu'elles quittent la Syrie et l'Irak de la même manière qu'elles ont quitté l'Afghanistan », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan dans une interview à CBS.

« Si nous voulons offrir la paix aux pays du monde, il ne sera plus utile de rester dans ces pays. Nous pouvons simplement donner à ces individus et à ces gouvernements la possibilité de prendre leurs propres décisions », a-t-il déclaré.

Interrogé sur l'intention de la Turquie de prendre la place des États-Unis en Syrie, Erdogan a affirmé : « Permettez-moi d'être très franc et honnête, nous ne resterons jamais dans un pays dont le peuple ne le veut pas et nous ne serons jamais dans un endroit où nous ne sommes pas accueillis. »

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan

« Les États-Unis doivent, a-t-il signalé, déterminer s'ils coopéreront avec les organisations terroristes de la région [le PKK, par exemple] ou la Turquie en tant qu'allié de l'OTAN. »

Concernant sa rencontre avec son homologue américain à Bruxelles, Biden avait évoqué l’intention de changer la politique américaine envers ses alliés en Syrie et en Irak. Erdogan a répondu : « Nous n'avons pas eu l'occasion d'examiner ces questions et nous nous sommes concentrés uniquement sur l'Afghanistan. »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain Joe Biden, lors de leur première rencontre au sommet de l’Otan, à Bruxelles

Il s’était interrogé sur le sort des camions d'armes et de munitions fournis par les États-Unis aux YPG (le bras du PKK en Syrie sous prétexte de combattre Daech ). Ankara n'aurait pas reçu de réponse positive à cet égard, a-t-il souligné.

En réponse à une question posée sur le rôle d’Ankara en Syrie, il a prétendu que la Turquie y construit actuellement 100 000 maisons en briques pour les déplacés. « Mais que font les autres pays ? », a-t-il lancé.

Lorsqu'on lui a demandé s'il avait parlé au président russe Vladimir Poutine de ces questions, Erdogan a répondu : « Oui ».

Il a exprimé l'espoir que les États-Unis, la Russie, l'Iran et la Turquie travailleront ensemble pour parvenir à la paix et à la stabilité, à la fois en Syrie et en Irak.

Le président Erdogan a également fait référence à l’opposition de Washington à l'achat par la Turquie de systèmes de missiles de défense aérienne russes S-400, à la suspension du projet commun Ankara-Washington sur les avions de chasse F-35 et la livraison de ces chasseurs à la Turquie malgré le paiement turc, soulignant que les États-Unis n’avaient pas le droit d'intervenir dans cette affaire d'autant plus qu'il avaient refusé de fournir des systèmes Patriot à la Turquie.

« La Turquie se munira certainement des systèmes S-400 », a-t-il précisé.

Erdogan a déclaré que la Turquie avait payé 1,4 milliard de dollars pour des avions de combat F-35, mais Washington a refusé d'en livrer cinq.

 

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