Oct 12, 2021 11:07 UTC
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Dans la nuit de 11 à 12 octobre, alors même que le duo US/Israël lançait en l’espace de 48 heures, un second raid au drone parfaitement « stéril » contre Abou Kamal et partant contre les positions de la Résistance, non loin des frontières d’un Irak qui vivait les dernières heures d’un scrutin législatif bien décisif, remporté, selon les chiffres officiels, par les Sadristes et

autres formations pro-Résistance pour le grand malheur des Américains et des Israéliens qui ont tout fait ces dernières semaines jusqu’à organiser à Erbil un forum de normalisation avec Israël parce qu’ils savent pertinemment que militairement parlant, le vieux projet dit « du Nile à l’Euphrate » est mort et enterré et qu’un Israël, vivant sans cesse à la merci des missiles de la Résistance n’est plus grand-chose, si ce n’est un « éternel otage » à faire des frais, à ne permettre rien gagner en retour, le gourou Bennett s’est soudain souvenu du Golan. Au fait, depuis l’été 2020 où cette zone ultra stratégique s’est trouvé pendant un certain temps au centre d’intérêt régional, puisque potentiellement apte à devenir le terrain de riposte du Hezbollah contre les raids américains, plus personne n’avait entendu les officiels sionistes l’évoquer. Bennett a donc rompu un assez long silence quand, en justifiant sa décision de créer 54 000 logements au Golan occupé, il a lancé hier soir ceci.

« Nous suivons de près les moindres évolutions dans les relations Iran/Syrie… Nous savons que les Iraniens veulent se planter tout près de nos frontières et nous encercler … nous ferons tout, nuit et jour pour mettre un terme à cette tentative. Les iraniens n’ont rien à faire en Syrie. Il faut que leur aventurisme sur le front Nord cesse pour que nous puissions en assurer la sécurité ».

Significative triade !  À quoi rime cette menace anti Iran alors même que la « présence iranienne et du Hezbollah » au Golan remonte au moins en 2017 , date de la reprise de Quneitra par l’armée syrienne et ses alliés ? Certains tendraient à placer cette mise en garde dans un contexte plus large, celui d’un total dépassement israélien par tout ce qui se passe aux alentours : à l’instigation d’une Amérique qui dés le mois de mai et la tonitruante défaite en à peine 11 jours de la machine de guerre sioniste face à la Résistance a très bien compris que the Game au Levant is over, et que toute obstination à vouloir maintenir le statu quo risque de s’avérer fatalement couteux, Amman s’est mise à rapprocher de Damas, à ouvrir ses frontières avec la Syrie et surtout à  retirer son soutien aux terroristes de Deraa. Or Deraa a été une zone-tampon israélienne tout au long de ces dix ans de guerre, une limitrophe au Golan par où l’entité se préservait une certaine marge de manœuvre en territoire syrien.

Ce processus de rapprochement Jordanie/Syrie n’en est pas resté là : presque simultanément à la reprise de Deraa et à l’extension de « l’emprise » de la Résistance sur cette longue bande frontalière Syrie/Golan occupé, un nouveau coup a été joué, dit celui «  des pétroliers iraniens à Beyrouth » avec en toile de fond cet extraordinaire inversement de la donne sur la scène libanaise, faisant des États-Unis et leur ambassadrice-sorcière Shéa, un allié par défaut du Hezbollah. Ainsi alors même que le Sionistes voyaient au début dans ce projet de transit du gaz électricité égypto-jordanien au Liban par territoire syrien interposé »e un contrepoids au corridor maritime anti sanction  Iran Syrie Liban, les choses se sont radicalement changées de sens quand à Beyrouth, le MAE iranien a plaidé pour un dégel des liens avec les pays arabes, qu’Assad a promis d’œuvrer en ce sens et que surtout la Jordanie a évité d’évoquer en cours des pourparlers avec la Syrie, la présence du Hezbollah à Deraa puisque le gazoduc arabe ne peut atteindre le Liban sans avoir à passer via le sud libanais… Aux yeux des Sionistes, peu habitués à l’improvisation, tout ceci semble à terrifiant jeu de dupe où il n’aurait été que le dindon de la force. Le Golan et sa rétrocession à la Syrie vont-il être cette ultime carte que l’Amérique va jouer pour se tailler une place dans un nouveau Moyen-Orient, non pas celui de Bush-Rumsfeld mais celui de la Résistance ?

La panique de Bennett avec son projet de pacotille de multiplier des colonies dans le Golan le laisse supposer. Après tout à quoi bon de soutenir l’occupation du Golan par Israël, alors même que cette zone ultra stratégique qu’une certaine littérature décrit comme étant trop convoitée uniquement  pour ses ressources hydrauliques ou agricoles, ou encore pour son climat doux, n’a jamais été à vrai dire qu’une « base balistique potentielle » pour Israël. Et comment ?

Il s’agit d’une région montagneuse située à une courte distance des centres politiques et sécuritaires sensibles en Syrie, au Liban, en Palestine et même en Jordanie. La distance entre les hauteurs du Golan et le palais présidentiel syrien à Damas, le palais présidentiel libanais à Beyrouth, le palais royal jordanien à Amman et la maison du Premier ministre sioniste à Qods sont respectivement d’environ 50, 60, 85 et 110 kilomètres. C’est donc une fenêtre d’ouverture  qui surplombe le territoire ennemi et ami pour une enclave israélienne qui détient quelques 70% de ses principales infrastructures telles que l’aéroport Ben Gourion, la route nationale (A6), la canalisation nationale et les lignes à haute tension dans une bande étroite de la Méditerranée et en Cisjordanie. Or dans les années 60, si Israël a occupé le Golan avec la bénédiction de  l’Amérique, c’était parce qu’on  le croyait capable de dominer militairement ses voisins depuis le Golan.

En mai, Gaza et ses 4000 missiles ont prouvé que cette époque est définitivement révolue et que avec ou sans le Golan, il faudrait moins de dix jours pour que Israël se noie. D’ailleurs cela fait un bon bout temps que les F-16 israéliens n’apparaissent plus dans le ciel du Golan pour frapper la Syrie, préférant opérer comme hier soir depuis al-Tanf au sud syrien ou encore depuis le ciel de la Jordanie. Dans cette optique, l’apparition de 54 000 logements au Golan occupé  ne pourrait in fine qu’être une leurre de plus. Pourquoi? Et bien tout bonnement parce que sur le front Nord tout comme le front Sud, Israël d’en haut a besoin de se protéger contre les missiles en se servant comme d’un bouclier d’Israël d’en bas

Hier soir presque au moment où Bennett tirait des plans d’une expulsion iranienne de la Syrie sur des comètes, l’un des hauts commandants du CGRI, le général Nil Foroushan commentait les déboires militaires successifs de l’axe US/Israël en ces termes :

« L’une des raisons de la défaite totale de la machine de guerre sioniste face à la Résistance réside dans le fait qu’Israël ne se trouve pas en face d’une armée classique et normative. Nous surveillons de près les exercices militaires récurrents en Israël et à chaque manœuvre nous sommes plus convaincus que les Israéliens cherchent désormais à imiter la résistance. Le problème est que cette imitation ne réussit pas. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que la stratégique, l’opérabilité et les tactiques de l’axe de la Résistance sont flexibles, dynamiques et continuellement changeantes. En mer tout comme au sol, la Résistance innove sans cesse et fait en sorte de mettre à un maximum profit les faiblesses de l’ennemi …".

Au Golan, c’est déjà fait, la Résistance en a d’abord chassé la composante la plus faible de la machine d guerre israélienne, sa force terrestre. avant de s’occuper de ses avions et drones qui fuient les missiles intercepteurs Syro sud libanais, ceux du Mersad-16 par exemple, qui sont en en mesure de détruire les cibles volant à une grande vitesse et dans une basse altitude comme des missiles de croisière, embarqués qu’ils sont à bord d’un camion et dotés qu’ils sont de deux radars Hafez et Najm-804…Ce Mersad-16 a comme missile intercepteur le Shalamcheh-2 et par les temps qui courent, il serait peu probable qu'un F-16 israélien abattu par un premier missile intercepter Shalamcheh-2 puisse provoquer un quelconque émoi à Washington. Dison Le Golan revient de loin ... 

 

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