Oct 21, 2021 18:23 UTC
  • Al-Tanf: la zone

À en juger le communiqué de l'ambassade US en Syrie qui a commis le 20 octobre la fatale erreur de faire sauter par agents interposés un bus de l'armée syrienne en pleine capitale syrienne, la vaste offensive ayant visé hier soir al-Tanf juste avant minuit a été amplement convaincante.

 Alors que ce matin, le porte-parole du CentCom menaçait la Syrie et les groupes de la Résistance d'une "riposte", le communiqué, lui, appelle "toutes les parties à respecter le cessez le feu, à œuvrer dans le sens d'une désescalade" et surtout, chose totalement inattendue de la part des Américains "à condamner la violence en Syrie". C'est un fait que ni les Yankee ni leur rejetons israélien ne reculent spontanément à moins d'y être repoussé : Que s'est il passé donc entre temps?

Il y a eu évidemment cette tonitruante offensive "coordonnée et multifront" pour reprendre les termes du général US Urban ciblant la base de relais US entre la Syrie d'une part et la Jordanie et l'Irak de l'autre, car al-Tanf plutôt que d'être une simple base isolée et abandonnée quelques part aux milieux de désert comme le veulent nous faire croire les médias mainstream, opère en intégré avec les bases aériennes dans le Nord d’Israël mais aussi avec la méga-base jordanienne, Azraq, ou encore cette base Aïn al-Asad que les USA occupent en Irak. Or, la frappe de ce 20 octobre, impliquant à la fois drones et missiles, avait ceci de nouveau, par rapport aux attaques ayant déjà visé les bases US sur la rive Est de l'Euphrate, en qu'elle a impliqué aussi des MiG-29 syriens, qui signifie la fin du "monopole US" dans le ciel de la Syrie illustré par ce fameux périmètre de 55 km, sorte de zone "no fly" signé USA.

La frappe du 20 octobre a donc mis un terme à cette zone tampon que le Pentagone avait taillée sur mesure pour Israël, de façon à ce que ce dernier puisse y lancer impunément des raids contre le territoire syrien comme il vient de le faire ce 13 octobre quand ses F-16 ont bombardé Homs. 

Cette attaque contre al-Tanf veut dire aussi que désormais les F-16 israéliens, une fois à al-Tanf, pourraient ne plus regagner sain et sauf leur base de décollage. Non pas parce qu'il y a de puissantes batteries de DCA syrienne améliorées voire même de supposées batteries de fabrication iranienne à Deir ez-Zor, mais aussi parce que les MiG-29 syriens ont brillé ce 20 octobre par leur opération synchrone avec de redoutable drones Shahed iranien. Très curieusement, et à peine quelques heures après que le CentCom eut confirmé l'attaque contre al-Tanf, l'Iran a lancé ce jeudi de très importants exercices annuels de son armée de l'Air à travers cinq bases aériennes principales du pays, alors même qu'il a achevé il y à peine une semaine, un autre exercice d'envergure, consacré lui à la DCA.

Un dernier rapport indique que des bombardiers, des chasseurs à réaction et des drones d'attaque et de surveillance ont participé intensément à cet exercice-message, en utilisant des armes lourdes, notamment des missiles à guidage laser.

 

Pour la première fois, l'armée de l'air iranienne a tenu à ce que cet impressionnant exercice se fasse non pas sur une zone opérationnelle mais à travers tout le pays et en même temps en impliquant des F-5, des F-14, des Su-34, des MiG-29 iraniens. Selon le commandement intégré de cet exercice dont le nom de code est Fadaeeyan-e Harim-e Velayat ("Défenseurs du sanctuaire de Velayat"), ce premier jour a été marqué dès les premières heures par des avion de chasse F-7 de ayant ciblé les positions de l'ennemi fictif avec des bombes à distance iranien Yassin-90. 

 

 

En outre, les avions à réaction F-4 et F-5 de l'armée de l'Air ont détruit les cibles vitales de l'ennemi sur terre et en mer. Pendant ce temps, l'avion de chasse-intercepteur de l'armée de l’Air a exercé des manœuvres de combat aérien en altitude. 

Les manœuvres aériennes ont été soutenues par des avions de ravitaillement en vol Boeing-707 et -747, des avions de transport et de fret, en plus des Karrar (Striker), Kian, Ababil (Bird Flock), Arash et Kaman-12 (Bow -12), des véhicules aériens sans pilote équipés de roquettes, de missiles à guidage de précision, de bombes intelligentes à longue portée et de dispositifs de brouillage radar. Les avions de reconnaissance RF-4 équipés des caméras sophistiquées Samat, des drones Kaman 12 et des avions de patrouille navale P-3F ont survolé la région avant le lancement des manœuvres pour recueillir des données sur les signaux et effectuer des écoutes électroniques, et prendre des images de cibles ennemies fictives. Puis en ce premier jour d'exercice, différents types de drones, de missiles laser et radar ainsi que des types de roquettes et de bombes fabriqués par les spécialistes iraniens ont également été utilisés. Toutes les étapes de ces exercices militaires sont menées sous le commandement et la direction du quartier général de l'armée de l’Air iranienne avec la supervision d'experts de l'état-major général des forces armées de la République islamique d'Iran et de la base centrale de Khatam al-Anbia 

 

Mais au cours de cette première journée, il y a eu un épisode fort significatif qui ne va pas sans rappeler ce qui s'est passé hier soir à al-Tanf : des Kowsar iraniens et des MiG-29 du pays se sont engagés dans des combats aériens, "dans des situations proches de combats réels. Et ce qu'ils ont fait a été de détruire des missiles air-sol par des missiles air-air". Les MiG-29 iraniens l'ont-il fait en écho avec les MiG-29 syriens ayant opéré contre al-Tanf ? Visiblement. L'Iran s’apprête à mener des combats aériens contre Israël ? visiblement. Le commandement de l'exercice n'a pas parlé du type du missile, mais il pourrait s'agir de Fakour-90, un missile air-air basé très exactement sur le missile américain AIM-54 Phoenix. Il est utilisé pour intercepter et détruire des cibles aériennes à longue distance. Il a une portée de 150 km, une vitesse de Mach 5 et un système de guidage qui lui permet de toucher une cible indépendamment du radar de l’avion-lanceur. Juste ce qu'il faut pour abattre un F-16 israélien. 

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