Oct 21, 2021 19:15 UTC
  • Arabie/Iran: Israël panique

Citant de hautes sources politiques et sécuritaires à Tel-Aviv, le journal en hébreu Israel Hayom a révélé qu’un état d’anxiété régnait à Tel-Aviv. Selon le journal, le réchauffement des relations entre l’Iran et plusieurs pays arabes de la région, d’une part et ce que le journal qualifie de « politique négative » des États-Unis sur le dossier nucléaire iranien de l’autre, ont suscité des inquiétudes en Israël.

Les sources bien informées en Israël ont souligné que depuis l’élection du président iranien Ebrahim Raïssi, Téhéran a fait un effort considérable pour rétablir les relations avec un certain nombre de pays du Moyen-Orient, dont l’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie.

Les mêmes sources soulignent également qu’Israël suit les développements en cours dans la région avec une grande inquiétude, car le retrait américain de la région a ouvert un espace important pour neutraliser les accords de normalisation avec l’entité sioniste.

En plus de ce qui a été mentionné ci-dessus, les sources ont expliqué que dans les pourparlers qui ont eu lieu entre Israël et les États-Unis, bien que les écarts sur le projet nucléaire se soient rétrécis, les divergences de position restent toujours assez importantes entre les deux parties.

Selon la même source, Israël souhaite que « les États-Unis fixent une date limite pour que les Iraniens cessent de tergiverser dans les contacts », et qu’ils menacent ce pays des sanctions sévères ou une action militaire, mais Washington a clairement indiqué que la deuxième possibilité n’était pas à l’ordre du jour au stade actuel, et que même la première possibilité ne serait prise que comme une issue.

 

À cet égard, un diplomate israélien estime que le rapprochement de l’Iran et de l’Arabie saoudite même temporairement peut former un nouveau système régional, ce qui est considéré comme une menace pour Israël.

Dans un entretien avec le journal israélien Maariv, Zalman Shoval, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis a déclaré : « L’un des plans de Barack Obama pour le Moyen-Orient était le retrait américain et la division de la région en deux zones d’influence ; la zone d’influence chiite dirigée par l’Iran et la zone d’influence sunnite dirigée par l’Arabie saoudite, tout comme la division de l’Europe en plusieurs zones d’influence à la Conférence de Vienne après la victoire sur Napoléon. »

Shoval a poursuivi : “Obama n’était pas conscient des différences entre le Moyen-Orient et l’Europe ; en effet, les intérêts et les motivations des différents acteurs dans cette région ne permettent pas de créer une équation géopolitique selon le modèle européen.”

Selon le diplomate israélien, Obama n’avait pas prévu que de nouveaux incidents comme la guerre en Syrie par exemple pourraient changer les conditions. Alors il n’avait pas prévu une éventuelle coopération entre l’Iran et l’Arabie saoudite dans certaines positions.

Selon Shoval, des signes de proximité entre Téhéran et Riyad sont évidents, il y a presque six mois, et bien que les intérêts fondamentaux et les tendances des deux parties n’aient pas changé, la réalité dans laquelle elles vivent a complètement changé, car sous le mandat de Trump l’Arabie saoudite, certains États arabes et Israël pensaient pouvoir compter sur Washington pour affronter l’Iran, en particulier dans le domaine nucléaire et dans d’autres domaines.

Mais les pourparlers visant à lever les sanctions, ont incité Riyad et certains États arabes, dont l’Égypte et la Jordanie, craignaient désormais de perdre le parapluie du soutien américain, à mettre à l’ordre du jour une flexibilité vis-à-vis de l’Iran. 

Dans ce contexte, les remarques du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, selon lesquelles les négociations entre l’Iran et l’Arabie saoudite avancent dans la bonne direction sont très importantes pour Israël. La proximité entre l’Iran et l’Arabie saoudite signifie la fin de la coalition anti-iranienne avec l’Arabie saoudite pour le membre le plus important.

Alors que des sources occidentales et israéliennes espéraient voir dans les accords de normalisation un moyen de renforcement des alliances régionales contre l’Iran assurant également la sécurité d’Israël, la situation semble désormais être tout à fait inverse, et aujourd’hui, c’est Israël qui doit attendre les conséquences des changements majeurs au Moyen-Orient.

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