Oct 27, 2021 16:45 UTC
  • Idlib: le

La ferme décision de Damas de sécuriser entièrement les provinces d’Alep et d’Idlib a poussé Ankara à prendre un grand risque pour sauver des milliers de terroristes multinationaux qui y opèrent.

Puisque le sud de la Syrie, plus précisément la province de Deraa, vit un calme relatif après une dizaine d’années de tensions et d’affrontements, le gouvernement syrien a trouvé l’occasion de focaliser ses efforts sur la libération des zones occupées d’Alep et d’Idlib.

Les frappes aériennes menées récemment par les avions de chasse russes et syriens sur les positions des terroristes, soutenus par Ankara et opérant dans les différentes régions d’Alep et d’Idlib, mettent en évidence la volonté de fer de Damas de libérer toutes les régions occupées du Nord-Ouest.

Dans le même temps, les unités d’artillerie et de missile de l’armée syrienne continuent de pilonner et de bombarder les fiefs des terroristes dans différentes localités de la province d’Idlib.

D’autre part, les militaires de l’armée syrienne et les combattants de la Résistance se sont positionnés sur les lignes de front, tout près des fiefs des terroristes dans les provinces d’Alep et d’Idlib afin de se préparer à une nouvelle bataille.

La Turquie, qui a eu vent du nouveau plan de Damas et de la Résistance sait bel et bien qu’elle serait finalement obligée de retirer ses forces et ses supplétifs.

Ayant appris que son soutien indéfectible aux terroristes à Alep et à Idlib serait désormais inutile, la Turquie projette d’occuper les régions étant sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS) – les miliciens kurdes soutenus par les Américains –.

Ce que ferait très probablement Ankara, dans un proche avenir, est d’exagérer sur le danger que représentent les miliciens kurdes dans les régions frontalières pour ainsi camoufler ses tentatives destinées à transférer au Nord, les terroristes expulsés d’Alep et d’Idlib.

À noter que les quelques milliers de soldats de l’armée turque qui sont déployés, avec leurs armements lourds, dans 79 bases militaires et poste de contrôle, répartis dans les régions occupées des provinces d’Alep et d’Idlib, sont extrêmement vulnérables, car ils se trouvent dans la ligne de mire des unités d’artillerie et de missile de l’armée syrienne et du front de la Résistance. C’est exactement cette vulnérabilité, dont Ankara est conscient, qui pousse Recep Tayyip Erdogan à projeter d’occuper de nouvelles régions dans le nord de la Syrie.   

Un convoi de 5 kilomètres de matériel militaire des forces armées turques est entré dans la province syrienne d’Idlib.

Mardi soir, un important convoi militaire turc, composé des véhicules blindés et selon certaines sources, des systèmes de défense antiaérienne et des systèmes réservés à des guerres électroniques, est arrivé dans la province d’Idlib.

Le convoi, long d’environ cinq kilomètres, compte au moins 100 pièces d’équipement.

L’un des objectifs de la Turquie à atteindre dans le Nord syrien serait très probablement de mettre la main sur les régions stratégiques de la province de Raqqa, dont Aïn Issa, qui sont actuellement contrôlées par les miliciens kurdes. À noter qu’Aïn Issa est le point de jonction entre Qamichli et Kobané. Une fois cette ville occupée par les forces turques, la route reliant la ville de Raqqa à Kobané, à Manbij et au Nord-Est serait bloquée, ce qui entravera certes la circulation des forces syriennes lors des combats à venir.

En plus, au cas où l’armée turque arriverait à prendre le contrôle d’Aïn Issa, la route d’approvisionnement des miliciens kurdes reliant les régions occupées des provinces de Hassaké et de Deir ez-Zor à Manbij et à Kobané serait bloquée, ce qui signifie la chute de ces deux villes.

Malgré les calculs de la Turquie, la tâche ne lui sera pas facile dans le Nord où les forces de l’armée syrienne ont été déjà déployées en importants groupes, près d’Aïn Issa, de Kobané, de Manbij et dans des parties des provinces de Hassaké et de Deir ez-Zor. Là, la moindre attaque lancée par la Turquie serait équivalente d’une déclaration de guerre contre Damas.

Les Américains, qui ont lâché les Kurdes lors de l’invasion turque d’Afrin, craignent que ces derniers ne s’approchent de l’armée syrienne et de ses alliés de la Résistance. Ils ne permettraient donc pas à la Turquie d’agir en toute liberté contre les Kurdes, à moins que leur stratégique visant le Nord syrien ait changé.

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