Oct 28, 2021 11:31 UTC
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C’est sans doute en pensant au spectacle de quelques 200 « instructeurs US », embarquant précipitamment dans la nuit de 20 à 21 octobre à bord d’un C-130 de l’US Air Force, et fuyant la base américaine d’al-Tanf vers les cieux jordano-israéliens, à peine quelques heures avant que la base soit prise pour cible, que le président Assad a pris la parole le mercredi 27 octobre devant les diplômés de l’académie militaire syrienne pour dire :

« On dit que les USA ont dépensé un trillion de dollars en Irak, plusieurs trillions en Afghanistan… Mais pour qui ? En ont-ils fait don aux Irakiens, aux Afghans ?... bien sûr que non... Ces dollars ont financé le complexe militaro-industriel américain qui ne se lasse pour fabriquer des armes à tuer. Dans la conception US, la guerre a le goût de dollar, et le dollar renvoie aux sociétés d’armements. Aussi après ses échecs en Afghanistan, en Irak et en Somalie en 1994 il faut s’attendre à ce que les États-Unis commettent davantage de guerres, de crimes de guerre et qu’ils en subissent autant de défaites. Et à quoi rime ceci ? Ceci veut dire qu’en ces temps troubles, seule reste et demeure celles des nations qui résistent, petites ou grandes, vieille ou ancienne… et cette Résistance ne devrait guère être passive mais belle et bien active… La Résistance revient à passer à l’offensive, à porter des coups, à acculer l’agresseur au mur et à le chasser de son territoire ».

Plus d’un analyste verraient à travers ces propos percutants, où le commandant en chef de l’armée syrienne revendique haut et fort son appartenance à la Résistance, un méga avertissement lancé contre le trio Turquie-Israël-US. Au nord, et plus précisément à Tal-Rafaat, localité stratégique qui unit le nord d’Alep aux territoires turcs et qui revêt, partant, une importance vitale pour Erdogan et son avenir de fournisseur de chair à canon aux projets expansionnistes de l’axe US-OTAN, des centaines de chars et de blindés turcs sont massés tout comme quelques 35 000 tueurs à gage takfiristes, salafistes et qaïdistes, massivement rappelés de la Libye et de l’Azerbaïdjan à qui l’armée de Sultan a promis un feu nourri d’artillerie et l’intervention des drones Bayraktar, si comme convenu, ils attaquent le nord d’Alep, le jour J de façon à permettre à Ankara de s’emparer de Tal-Rafaat.

Le président Assad ne l’a pas dit au cours de son discours mais il y a là un front net qui se dessine entre la Turquie démasquée d’Erdogan d’une part et l’axe de la Résistance de l’autre avec en toile de fond des combats identiques à ceux de 2018 à Saraqib, sur l’interconnexion M4/M5 où la force d’élite du Hezbollah Radwan a repris la ville en à peine trois heures de combats aux « rats erdoganistes » qui fuyaient dans tous les sens de tonitruantes attaques de la Résistance. Ce fut là que le Sultan a couché par terre pour se rendre quelques jours plus tard au Kremlin signé sa capitulation.

Mais le discours d’Assad a ciblé aussi un ennemi plus ancien, mais non moins vulnérable que la Turquie, à savoir Israël : cette plaidoirie assadienne en faveur d'une Résistance active vise droit donc le Golan occupé dont la bande frontalière avec la Syrie, vient de s’élargir nettement depuis que Deraa est revenu dans le giron de l’État et que les terroristes à la solde d’Israël y ont été soit soumis à l’autorité de l’armée syrienne et ses alliés de la Résistance désormais largement présents sur les frontières avec l’entité, soit chassés en Jordanie voisine.

Là encore, la Résistance à l’assadienne s’est déjà manifestée de tous ces éclats ces derniers temps, au point de pousser Israël à faire des aveux totalement mortels : la presse israélienne vient de reconnaître que ses chasseurs bombardiers, épine dorsale de sa doctrine de guerre, se font chopper désormais dans le ciel du sud de la Syrie, par des DCA syrienne à quoi « la Résistance a apporté sa touche ».

C’est énorme comme aveu de faiblesse et c’est inouïe comme « chance de revanche » - pour une Syrie qui privée depuis 2005 de toute possibilité d’interconnexion avec le ciel du Liban, s’y retrouve peu à peu, quitte à venger mille martyr et humiliations subis tout au long des années de la guerre de la part d’un Israël qui jouant à la fois sur le double tableau américain et russe, n’a cessé de bénéficier de la protection aérienne US et du silence aérien russe.

Évidemment les détails militaires de cette interception n’a pas lieu apparaître dans le discours de la présidence, n’empêche qu’elle a toutes les chances d’avoir été l’œuvre du radar Najm-802, propre à la gamme des batteries de missiles antimissiles Khordad-3 et Khordad-15, un radar à balayage électronique passive, composé de 5120 éléments en 64 lignes et 80 colonnes à même d’scanner pour la moyenne altitude son objet en changeant de façon électronique l’angle des ondes émises. Sa portée est de 10 à 400 km et il peut engager 6 cibles à la fois.

Cette capacité radar renouvelée syrienne qui a superbement vaincu les F-16 israéliens renvoie très justement à ce qui s’est passé la nuit de 20 octobre à al-Tanf, et à la mise en garde renouvelée de ce mercredi soir du président Assad. Car soit dit en passer le triangle d’agression et d’occupation Turquie-Israël-US s’effondrerait de lui-même si la principale côte disparaissait et là Assad parle effectivement de ces 900 soldats US qui « opère » officiellement à travers la Syrie et servent activement à maintenir sous perfusion les terroristes daechistes en Syrie mais aussi en Irak. Ces 72 dernières heures en effet ont été marquées par deux méga massacres à Diyala et plusieurs assassinats de force de sécurité irakiennes à Bagdad et à Kirkuk, ce qui prouvait avoir été pire si al-Tanf n’avait pas été visée à coup de drones et de missiles tactiques de la Résistance il y a de cela une semaine.

Alors le Casus belli anti US du président Assad ouvertement lancé, al-Tanf, cette base du diable US, risque-t-elle de repasser sous les coups ? Vu l’état d’alerte maximal en Jordanie et en Israël où le système de DCA intégrée tourne à plein régime, la réponse serait affirmative. Reste à savoir si oui ou non les radars occidentaux sauraient faire face à des essaims de drones plus larges et à des salves de missiles tactiques moins espacés. La frappe contre al-Tanf aurait été « ressauté » et « conforme » aux principes d’une guerre de « 6ème génération », impliquant à la fois l’intelligence artificielle, les UAV non habités mais encore les MiG-29 habités. Disons que l’axe de la Résistance, y aurait exercé une première étape en mettant en connexion les MiG-29 syriens, la nuée de drones assaillants qui se sont appuyés mutuellement à l’aide de l’IA.

Il semblerait que les MiG syriens auraient joué la nuit de 20 octobre le rôle de « guide » et les cinq drones assaillants partis de T4 et de l’Irak voisin, celui des coéquipiers. Toutes les composantes de l’essaim étant interconnecté, et connecté aux avions et au C2…Lors de ses fameux exercices de mai 2021, Grand Prophète 15, l'Iran a activé ses essaims de 10 drones dont l'algorithme de guidage s'adaptait aux avions. En outre chaque UAV avait une portée de 40 à 400 kms, doté d'une ogive de 5 à 15 kg. Le concept d'équipe  inter-essaim y était totalement  respecté mais le réseautage drones-avion, pas encore. A Al-Tanf ce serait ce réseautage qu'il fallait réussir et vu la précision de l'attaque ( trois points visés dans la partie américaine et syrienne de la base, NDLR) c'est un franc succès. Et dire que l’armée iranienne a placé la barre très haut en fabriquant rien que cette année quelques 1000 drones de tout type et que via un pacte militaire signé en juin, l’armée de l'air syrienne pourrait en bénéficier de la meilleur façon. A titre d'exemple, la prochaine frappe anti al-Tanf pourrait impliquer d'abord des nuées de drones à l'effet d'anéantir les sites de la DCA ( s'il y en vraiment?!) avant que les MiG-29 bombardent les positions US/Supplétifs. Il y a évidemment ce fameux périmètre 55 kms , particulièrement malmené de 20 octobre, mais ni les F-16 ni les F-15 US ne pourraient résistance aux essaims de drones armés qui tirent massivement  des missiles air-air, façon de faciliter la tache aux avions de combat "amis".  « Les attaques des drones iraniens c’est pas pour tuer mais pour harceler, disait dans un récent The Natioanl Interest… Peut-être mais à condition que l’agresseur en reçoive le message ... Sinon la saignée s'en suivra. 

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