Oct 31, 2021 19:07 UTC
  • Al-Tanf frappée: l'US Army vacille

Les forces américaines sont incapables de bloquer les lignes d’approvisionnement de l’Iran avec ses alliées en Syrie et même avec la présence des forces US dans ce pays, on voit que l’Iran y renforce de plus en plus sa position.

Dans un article paru sur le magazine américain Newsweek, Geoff Lamear, membre de l’institut américain de Defence Priorities écrit:

 Bien que l’attaque contre la base d’al-Tanf en Syrie n’ait fait aucune victime pour les Américains, mais étant donné que de tels événements pourraient facilement entraîner la mort des forces américaines, une question se pose de savoir si la mission de Washington en Syrie vaut-elle le prix ? 

Malgré la perte de puits de pétrole, de contrôle territorial et de leadership de Daech en Syrie, la présence américaine se poursuit dans ce pays et les conditions de retrait de leurs troupes sont devenues de plus en plus impraticables.

Une petite base telle qu’al-Tanf - avec 200 soldats - n’est pas en mesure d’influer la situation syrienne. À l’heure actuelle, Daech s’est désintégré et les activités des résidus de ce groupuscule se poursuivent d’une manière secrète dans ce pays. Les forces américaines présentes au cœur du désert syrien ne sont pas capables d’affronter Daech, en effet, elles ne constituent qu’une cible facile pour les ennemis.

Ainsi, la présence d’autres forces américaines concentrées dans le nord-est de la Syrie pour donner l’assistance aux FDS (forces démocratiques syriennes) n’a pas de justification. Les FDS ne réclament plus l’assistance US dans leurs opérations.

Le prétendu objectif de la mission américaine en Syrie est d’empêcher la montée de Daech en Syrie, mais cet objectif est bien sur secondaire à la tentative américaine de limiter l’influence iranienne dans ce pays. Même avec la présence des troupes américaines en Syrie, on voit que l’Iran y renforce sa position.

Les forces américaines ne sont pas en mesure de bloquer les lignes d’approvisionnement de l’Iran avec ses alliées en Syrie. La dissuasion américaine est assez faible face à l’Iran. Ce pays ne craint rien, il avait précédemment ciblé les forces américaines basées à al-Tanf en 2017 avec des drones, ainsi, ses alliées avaient lancé une offensive similaire contre les forces américaines stationnées dans un champ pétrolier syrien.

D’autre part, on ne peut pas négliger le soutien aérien et d’artillerie de la Russie au gouvernement syrien. Les forces américaines ne peuvent pas face à l’influence russe en Syrie.

Il est temps de s’affronter à la réalité : « Bachar al-Assad a gagné la guerre. Ce n’est pas une nouvelle annonce. Les décideurs américains doivent faire face à la réalité telle qu’elle est, et pas telle qu’ils veulent. »

Étant donné que le but principal de l’envoi de troupes américaines en Syrie était d’armer et d’entraîner les rebelles anti-Assad, l’impossibilité d’éloigner se dernier du pouvoir à un coût raisonnable pour les États-Unis doit signifier le retour des troupes américaines chez elles. Mais la stratégie américaine est encore dépassée et loin de logique.

Le jeu de Washington en Syrie ne vaut pas la mort des soldats américains. Cette mission ne protège pas les États-Unis. La récente attaque contre la base d’al-Tanf pourrait facilement être le prélude à une attaque beaucoup plus meurtrière.

Au lieu de s’excuser pour une mission ratée sans but, les décideurs américains doivent quitter la Syrie avant que cela ne dégénère en catastrophe.

 

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