Nov 29, 2021 17:54 UTC
  • Irak: les drones anti-US s'activeront?

Alors que Washington déploie tous ses efforts pour maintenir la présence de ses troupes en Irak, différentes personnalités et responsables irakiens dénoncent les actions américaines qui ont pour objectif de saper les capacités militaires de l’armée irakienne.

L’administration de Joe Biden ayant envoyé de nouveaux équipements à ses troupes stationnées en Irak dans le cadre de son plan pour l’année 2022, l’expert politique irakien, Sabah al-Taie, remet largement en cause l’adhésion des commandants militaires américains à l’accord sur le retrait des troupes US d’ici la fin d'année et dénonce l’inaction de Washington face à l’infiltration des terroristes de Daech sur le sol irakien.

« Les forces américaines ne quitteront pas l'Irak, la meilleure preuve est l'arrivée de nouveaux équipements, dont le système de défense aérienne C-RAM, ils se préparent aux événements de 2022 », a-t-il noté.

Et lui d’indiquer que la question va au-delà de la présence militaire américaine en Irak et Washington tient à agir dans l'intérêt du régime sioniste ; d’où ses tentatives d’être présent dans un pays comme l’Irak qui considère Israël comme ennemi et s’oppose à la normalisation des relations entre Tel-Aviv et des pays arabes. A titre d’exemple le rétablissement des bases militaires à Aïn al-Asad et al-Tanf est pour surveiller les éventuels missiles tirés sur les territoires occupés.

Des doutes sur le retrait des troupes américaines

« Toute annonce qui sera faite au début du mois prochain sur le retrait des troupes américaines a pour but de légitimer leur déploiement en Irak auprès de l’opinion publique », a fait savoir Osama al-Jawahiri, analyste des questions sécuritaires.

Faisant état d’énormes pressions internes et externes incitant le gouvernement de Bagdad à abroger la loi parlementaire qui stipule l’expulsion des forces américaines, il a averti que toute tentative de bloquer la mise en œuvre de la loi mettrait à rude épreuve le gouvernement face à l’opinion publique et augmenterait considérablement la portée des actions des groupes de résistance contre la survie des troupes de l’armée américaine qui occupent l’Irak.

« Les groupes politiques irakiens sont hautement déterminés à mettre fin à l'occupation américaine avec le soutien de la nation et du Parlement », a-t-il affirmé avant de prévenir que toute personnalité politique qui s'y oppose, se suicide politiquement.

Bagdad devrait répondre aux remarques de Washington

« Tous les accords sur le retrait des troupes américaines d'Irak ont ​​été conclus, mais le gouvernement doit répondre fermement aux commentaires faits par les responsables américains au sujet de la demande du gouvernement irakien de maintenir les forces américaines », a déclaré Fadhil al-Fatlawi, membre de la faction parlementaire Sadequn.

Qualifiant le maintien des troupes américaines de « nouvelle sédition », il a indiqué que l'absence de réponse de la part du ministère irakien des Affaires étrangères et des autres parties prenantes ou même du gouvernement d'al-Kazemi rendra la situation incontrôlable.

Tentatives US de saper les capacités de l'armée irakienne

Pour le lieutenant général Ali Ghaidan, ancien commandant de l'armée irakienne, les États-Unis sont non fiables. Il a ainsi détaillé les actions de Washington visant à empêcher l’armée irakienne d’acquérir des équipements militaires, y compris des armes lourdes.

« Afin d’assurer la poursuite de leur hégémonie, les Américains ont dès le début, agi de telle manière que les armes à disposition des forces de la Garde nationale de l’armée irakienne ne soient pas utilisées contre leurs intérêts et que l’Irak reste à jamais dépendant en matière de défense », a-t-il dénoncé.

« L'armée américaine a créé en 2005 la sixième division de l’armée irakienne dans une base militaire à l'aéroport de Bagdad ; la base était fermée tous les jours à 4h de l’après-midi et les officiers et soldats retraient chez eux, ce qui était ridicule et surprenant. Les États-Unis ont cherché à créer une force formelle qui ne pourrait pas être efficace en matière de sécurité », a-t-il précisé.

 

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