Dec 06, 2021 18:35 UTC
  • Irak, juste avant la tempête!

A l'approche de l'échéance du 31 décembre, que les Américains littéralement cloués au pilori par près de 2 ans d'attaques asymétriques de la Résistance disent être une date butoir pour leur retrait d'Irak, les raids anti kurdes d'une fréquence et d'une violence inouïe se multiplient :

dimanche et pour la sixième fois consécutive en l'espace de 10 jours les peshmergas kurdes ont été pris pour cible des supplétifs daechistes du Pentagone qui ont répondu, quitte à se battre pendant plusieurs heures à Cheikh Bazini de Kirkuk. Rudaw.net affirme que les terroristes ont attaqué le siège du 127e bataillon des peshmergas en en tuant quatre combattants alors que la localité n'avait connu aucune violence depuis un an. Jeudi les supplétifs du Pentagone, dit Daech, avait déjà ciblé un village kurde à Makhmour, faisant un bilan de 18 morts, civils et peshmergas compris.

Mais, le cas le plus spectaculaire aura été sans doute cette attaque d'il y a quelques heures contre le village de Lahiban au nord du district de Sarkaran du district de Dibs, à l'intérieur des frontières du gouvernorat de Kirkouk, où 16 maisons ont été incendiés, et le tout du village, tomber, selon la chaîne pro Résistance Telegram Sabereen News proche au Hezbollah irakien. 

A quoi jouent exactement les Américains? La réponse renvoie à la double facette du plan B que les USA tentent de mettre sur place, maintenant qu'ils se trouvent complètement neutralisés, que ce soit au sol où aucun jour ne passe sans que l'US Army n'enregistre une attaque à bombe visant ses convois, ou dans le ciel, où drones, avions US font profile bas pour ne pas dire qu'ils disparaissent de bon. Certes, les Yankee ne comptent pas  perdre la face et continuent à se réarmer en envoyant renforts et armements à Aïn al-Asad ou à Harir, n'empêche que ce flots d'armements et de renforts ne pourra en aucun prix changer la donne militairement à moins qu'ils acceptent d'en faire les frais sur le dos de leurs soldats.

La liquidation de masse des peshmergas à laquelle le clan opportuniste de Barzani ne s'opposera guère si elle lui permettrait d'assurer la pérennité de ses intérêts, justifiera à coup sûr le maintien des troupes US néanmoins dans le Kurdistan irakien. D'ailleurs, il y a quelques heures, le directeur général du ministère des peshmergas, commentant les attaques récentes visant les soldats kurdes, n'a pas hésité à en évoquer l'idée: 

"la solution aux attaques de Daech? lancer des opérations conjointes avec l'armée irakienne ou alors se faire aider par l'armée américaine dont les drones de reconnaissance pourraient aider les peshmergas à localiser les terroristes". C'est dans ce contexte que prend sens deux événements récents, l'un, cette mise en scène ratée d'une attaque au drone contre la maison du PM Kazemi qui faute de preuve convaincantes n'a convaincu personne, et a plutot servi la cause de la Résistance irakienne et l'autre, ce contrat de près de 100 millions de dollars que le gouvernement finissant de Kazemi a signé avec hâte avec le Sultan Erdogan pour se procurer les fameux drones de Bayraktar, un produit otaniste par excellence qui a souvent agi, là où il se trouve contre la Résistance ou ses alliés russes. 

Plus d'un observateur y verra une nouvelle tentative destinée à reconquérir le ciel irakien que l'oncle Sam a perdu pour de bon dès lors qu'il a bêtement décidé de liquider les hauts commandants de la Résistance, entre 2019 et 2020 . Mais il y a plus : le pétrole, celui de Kirkuk, cette région que les peshmergas avaient quitté à la fin de Daech et pour la reprise de laquelle Barzani est même allé jusqu'à organiser un référendum sur l'indépendance et qu'a la faveur des attaques prémédités anti kurde de ces derniers jours, ces mêmes peshmergas regagnent peu à peu.

C'est en ce sens qu'il convient donc d'interpreter non seulement les mises en garde de plus en plus sévères de la Résistance irakienne à l'adresse des Yankee comme quoi, au-delà de la date limite du 31 décembre, leurs attaques anti US prendraient une nouvelle forme, et ce, que le gouvernement soit formé ou pas mais encore cette vague d'attaque aux missiles et aux drones qui s'abat sur les réseaux de détournement et du pillage du pétrole syrien qui extrait de la Syrie orientale, parvient à bord des camions citernes jusqu'au Kurdistan irakien pour être chargé avec la complicité d'Erbil et Erdogan à destination du marché noir européen ou pire à destination du port israélien d'Ashkelon. 

Saad al Saadi, l'un des hauts cadres d'AsaIb al-Haq, une des composantes principales du conseil de direction de la Résistance irakienne vient de dire : " la position de la Résistance au sujet du refus des Américains de retirer leurs forces militaires d'Irak est claire. et elle a été dit et redite à mainte reprise. Nous avons donné jusqu'à la fin de l'année chrétienne en cours aux Américains pour qu'ils débarrassent le sol irakien. C'est un délais voté par le parlement et accepté par le gouvernement. Au-delà de ce délai, notre langage sera celui de la force et la Résistance les chassera à l'appui de ses armes. 

Reste à savoir comment? le nouveau round de face-à-face aura-t-il la forme des attaques à coup d'essaim de drones ou impliquera surtout roquettes ou missiles? il y a des voix qui évoquent des options plus catégoriques genre ce qui se passe désormais à l'intérieur des bases-terminal de contrebande  du pétrole syrien US en Syrie orientale.

Des opérations en pleine bases Harir ou Ain al-Asad ou Balada voire même Victory seraient même à l'étude à moins que la Résistance dont l'action s'étend désormais dans l'est de la Syrie ou encore en territoire koweitien où les troupes US ont cumulé cette année un nombre record d'"accidents", veuillent se servir pour de bon de sa très méconnue DCA. Disons que cette DCA compterait de quoi abattre non seulement des drones US et otaniens mais encore des hélico US: le missile 358 déjà largement utilisé dans le ciel de Maarib contre Scal Eagle et CH-4 pourrait ouvrir le bal. 

Le 21 octobre, à peine 24 après que la base américaine à al Tanf non loin des frontières irakiennes eut été prise pour cible, les Américains ont à tout hasard trouver un 358, abandonné en chemin, tout près de Harir.  Une version d'attaque, dit l'institut Washington dans un article consacré à ce sujet,  au sol  a été utilisée par des  à Idlib, en Syrie, le 23 septembre 2021.

" Le missile était « dirigé vers » l'aérodrome....a « sortie » du 358 à Tuz Khormatu est probablement une communication codée de menaces anti-aériennes à proximité immédiate des avions de la coalition. Les services de suivi de transpondeurs open source  montrent que Tuz est un point de cheminement sur le routage de la plupart des avions et drones de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) de la coalition lorsqu'ils traversent le nord de l'Irak, probablement en raison de la présence de points chauds de l'État islamique(!!!) dans la zone. Le 358 est  conçu spécifiquement pour attaquer de telles plates-formes de surveillance volant à basse altitude et a été utilisé au Yémen pour cibler des drones américains et saoudiens."

Et d'ajouter : " les muqawama (Résistance) sont plus susceptibles de menacer des attaques anti-aériennes que de les entreprendre, dans le but de dissuader ou de compliquer l'aide de la coalition à l'Irak. ...Les muqawama semblent toujours hésiter à maximiser la létalité de leurs attaques, et frapper une plate-forme habitée serait extrêmement provocateur. Pourtant, des attaques contre des systèmes de drones américains sans pilote pourraient être tentées. Quoi qu'il en soit, la muqawama continuera sans aucun doute à déployer des menaces de manière à réduire la liberté de mouvement du personnel de la coalition et des organisations internationales, y compris des attaques prétendument ou réelles contre les hangars d'avions ISR et les moyens aéroportés"' (fin de citation). La dissuasion c'est pour l'avant 31 décembre... au-delà ce serait une autre paire de manche. 

 

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