Dec 11, 2021 18:44 UTC
  • Ansarallah a-t-il perdu ses stocks de missiles?

Malgré la récente escalade des opérations aériennes de la coalition saoudo-émiratie contre ce qu'elle prétend être des ateliers de missiles et de drones et leurs arsenaux, les frappes yéménites se poursuivent dans les profondeurs du royaume, tandis que le rythme des abattages d'avions espions à l'intérieur du Yémen s'accélère.

Des développements qui ont plusieurs indications, dont la plus évidente est peut-être que les offres faites par Sanaa d'établir une trêve aérienne mutuelle avec Riyad pourraient ne pas durer et rester indéfiniment sur la table.

« Contrairement au cas des années précédentes, les défenses aériennes des forces de Sanaa sont désormais capables d'abattre les avions espions avancés de l'alliance saoudo-émiratie, américaine et chinoise, à un rythme élevé. C'est ce que les observateurs attribuent à l'évolution remarquable intervenue, progressivement, dans ce système depuis 2017, et à l'entrée en service de nouvelles armes de défense aérienne, confirmée par le porte-parole officiel de l'armée et des « Comités populaires ». Le général de brigade Yahya Saree a annoncé l'abattage du deuxième avion espion « CH4 », mercredi, par un missile sol-air, dont le type n'a pas encore été annoncé », souligne un article du journal libanais Al-Akhbar rédigé par Rashid al-Haddad.

Selon l’article, cette annonce est intervenue quelques heures après un autre point de presse, qui traitait de l'annonce de la destruction d'un avion espion « Scan Eagle » de fabrication américaine dans l'espace aérien du gouvernorat de Maarib, ce qui a augmenté le nombre d'avions espions abattus par les forces de Sanaa, au cours des derniers mois, à 19, dont certains sont très coûteux. Cela a incité la « coalition » à cibler ses épaves avec plusieurs raids, comme cela s'est produit la semaine dernière après que les défenses aériennes yéménites ont abattu un drone d'attaque sophistiqué dans l'espace aérien de la zone d'Al-Amsheya entre les gouvernorats de Saada et Amran, utilisant un missile sol-air dont le type n'a pas été annoncé.

A cet égard, le porte-parole du mouvement Ansarallah, également le chef de sa délégation de négociation, Muhammad Abdel-Salam, a confirmé dans un tweet que « les capacités des forces armées yéménites, y compris les défenses aériennes, sont en constante évolution ». Il a considéré « les acquis qui ont été réalisés sur le terrain, dont la dernière en date a été la destruction de deux avions Scan Eagle de fabrication américaine et CH4 de fabrication chinoise, comme preuve de cette évolution », avertissant que « l'ennemi doit se rendre compte qu'il n'a d'autre choix que de prendre l'initiative d'annoncer l'arrêt de l'agression et de lever le siège. »

Ces déclarations sont considérées comme un signe que Sanaa a l'intention d'intensifier ses opérations sur le terrain, ce qui fermerait la porte à la possibilité de relancer l'équation de « l'arrêt des bombardements en échange d'une cessation des attaques », qu'Ansarallah avait proposée par l'intermédiaire du médiateur omanais fin juin et début juillet, précise Al-Akhbar.

Dans ce contexte, des sources bien informées à Sanaa confirment que l'armée et les Comités populaires ont poursuivi, depuis l'opération du 7 décembre, leurs « attaques contre des cibles militaires et économiques sensibles dans les profondeurs du royaume ». De même, ils ont inclus la ville de « NEOM » et de nouvelles installations économiques saoudiennes dans la banque de leurs objectifs.

Le conseiller de la délégation de négociation de Sanaa, Jamal Amer, estime dans une interview à Al-Akhbar que « l'armée et les Comités ont réussi à atteindre un équilibre de dissuasion aérienne, malgré la différence d'armement et le soutien militaro-technique américain sans précédent » à l'alliance saoudo-émiratie.

Il a déclaré qu’« être préoccupé par les débats sur les sites ciblés par les missiles yéménites dans les profondeurs saoudiennes, en réponse à l'escalade de l'agression, n'a pas de sens par rapport aux objectifs atteints ». Il a ajouté que « l'épuisement important de l'arsenal de missiles intercepteurs coûteux a conduit à une grave pénurie du stock de réserve de Riyad, ce qui a incité le régime saoudien à solliciter l'aide des pays du golfe Persique, dont le Qatar, et des États-Unis, pour lui fournir de toute urgence des missiles intercepteurs Patriot. »

Cette escalade des opérations des forces de Sanaa intervient malgré les propos répétés, ces derniers jours, par la « coalition » de viser les ateliers de drones et de missiles et leurs entrepôts appartenant à l'armée et à Ansarallah. A titre d’exemple, elle a récemment prétendu avoir visé un système de défense en cours de test à l'aéroport de Sanaa, ce qui a été démenti par le gouvernement de Sanaa.

A la fin de l’article, Al-Akhbar souligne que « le taux de raids par erreur visant les forces du président démissionnaire, Abd Rabbo Mansour Hadi, augmente, au moment où le porte-parole de la coalition pro-Riyad, Turki Al-Maliki, continue de défendre que les frappes sont « concentrés et atteignent avec précision leurs objectifs ». Cependant, mercredi soir, un convoi militaire des forces de Hadi a été visé par des « tirs amis » d'avions de guerre saoudiens, qui ont causé la mort de 26 personnes. Quelques jours auparavant, le ciblage aveugle des positions de ces forces à Wadi Dhanna, à al-Rawda et dans d'autres zones du sud de Maarib, a également fait des dizaines de morts.

 

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