Dec 27, 2021 18:54 UTC
  • L’Iran sort son ICBM-choc

Les exercices militaires Grand Prophète-17 ont été sans doute l’une des manœuvres militaires les plus importantes à être organisées au cours de ces dernières décennies en Iran.

Diverses tactiques ont été testées au cours de plusieurs jours d’exercices militaires impliquant différentes unités, des unités d’infanteries aux unités de missiles et de drones, dans divers endroits répandus pour la plupart sur la zone générale du sud du pays.

À chaque fois qu’ont lieu des exercices militaires impliquant les unités de missiles, l’intéressante question qui vient à l’esprit est de savoir où tomberont les missiles tirés au cours des manœuvres.

Pour répondre à cette question, il serait utile d’évoquer quelques points importants. À titre d’exemple, s’agissant des missiles balistiques, il faut se rappeler que c’est un missile qui n’est pas considéré comme une arme à haute précision ; puisqu’en général, ce concept n’est pas envisagé dans la phase de conception et de fabrication des missiles balistiques. Ces derniers ont souvent été utilisés comme une arme de destruction massive (ADM), ou une arme terrifiante contre les villes. Les missiles balistiques à courte portée Scud utilisés par l’ancien régime baathiste irakien au cours de la guerre imposée à l’Iran en sont un bon exemple.

En RII et avec le démarrage du programme balistique du pays, la question du développement des systèmes de missiles a commencé à dominer les débats politico-militaires, avec pour objectif d’offrir aux missiles iraniens les portées envisagées. Dès mars 2001, l’augmentation de la précision des missiles a aussi été mise à l’ordre du jour des secteurs concernés. L’utilisation des ogives séparables (indépendamment guidés) plus conformes aux principes de l’aérodynamique et le développement des gyromètres à fibre optique font partie des efforts particuliers menés par les experts de l’industrie militaire du pays pour transformer les missiles balistiques en une arme à précision.

Toujours est-il que les opérations ou exercices militaires menés ces dernières années ont fait découvrir au monde entier des scènes intéressantes qui prouvent la précision considérable des missiles balistiques iraniens. Des images de haute qualité ont fait le tour de l’espace virtuel, montrant le moment où les têtes d’assaut des missiles touchent leur cible, une réplique grandeur nature des installations nucléaires de Dimona. Les images éternisent au moins 12 moments précis où divers types de missiles frappent la cible avec d’ailleurs une précision considérable due exactement aux types de missiles choisis.

Quels missiles ont participé aux exercices ?

En s’appuyant sur les informations diffusées avant la tenue des exercices Grand Prophète-17, l’on peut dire qu’au moins 16 tirs de missiles ont été effectués en utilisant les missiles balistiques de type Sejjil, Emad, Ghadr, Dezfoul, Zolfaqar et Zelzal.

Avec une portée de 2000 km et une vitesse élevée, Sejjil, le missile iranien à propergol solide, est considéré comme étant l’une des perles de l’industrie balistique du pays, étant capable d’atteindre la Palestine occupée en moins de 10 minutes.

Parlant des missiles balistiques à propergol liquide, Emad serait le dernier modèle doté d’ogive séparable et d'ailettes de contrôle de stabilité, ayant déjà la belle expérience de frapper sa cible simulée à l’image d’un navire porte-avions. Emad a une portée de 1700 km.

Le missile Qhadr est effectivement un choix de substitution idéal à la fameuse gamme de missiles Shahab-3, qui utilise toujours le propergol liquide, et une tête d’assaut avec une conception pourtant un peu différente. Les images publiées et les explications du général Hajizadeh, commandant de la force aérospatiale du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) renforcent cette hypothèse en ce sens que le missile iranien Qhadr est désormais doté d’une nouvelle capacité toute particulière.

Pour besoin de manœuvrabilité, l’ogive du Ghadr a été équipée d’un propulseur et d’ailerons rétractables, ce qui lui permet de changer de trajectoire dans le sens opposé et ce, juste au dernier moment.

Pour acquérir cette manœuvrabilité, les missiles balistiques à moyenne ou longue portée doivent, soit, adopter la technologie de manœuvre de trajectoire exo-atmosphérique, soit adopter la capacité de vol hypersonique.

Vu les défis propres aux ogives « waveriders » des missiles hypersoniques, dont le choix de matériau conçu à haute température et permettant de repousser la limite thermique du vol hypersonique, la technologie de manœuvre de trajectoire exo-atmosphérique semble être le meilleur moyen d’optimisation des ogives de missiles balistiques conventionnels afin de les rendre plus aptes à esquiver la DCA ennemie.

La Russie a été jusqu’ici l’unique pays à avoir officiellement dévoilé son missile balistique intercontinental hypersonique, Topol MR. Avec le dévoilement de la version optimisée du missile Ghadr, l’Iran fait effectivement son entrée au club des pays détenteurs de cette technologie.

Parmi d’autres armes engagées dans lesdites manœuvres, sont cités les noms de 2 membres de la famille Fateh, à savoir le missile Zolfaqar avec une portée de 700 km et le missile Dezfoul, avec une portée de 1000 km et qui utilise le propergol solide et l’ogive séparable, sans oublier la puissante roquette d’artillerie Zelzal d’une portée d’environ 200 km.

Étant donné la superficie de la zone cible et en regardant les images montrant les points où les missiles utilisés au cours des récents exercices du CGRI ont touché leur cible, dans un laps de temps de presque 17 secondes, à partir du moment où la 1ère tête d’assaut touche sa cible jusqu’à la dernière, l’on pourrait conclure que le CGRI a une nouvelle fois utilisé la fameuse tactique MRSI, qui résume en anglais le « multiple rounds simultaneous impact ».

Il serait également intéressant de préciser que la tactique MRSI est en principe utilisée par les canons de campagne qui en tirant plusieurs munitions d’artillerie (habituellement de 155 mm) vers un endroit, mais sous divers angles, effectuent une sorte de gestion de temps assez efficace, de façon à ce que les obus de canon touchent une même cible à des intervalles de temps hypercourts ; et c’est ainsi que les explosions multiples qui en résultent pourront provoquer un maximum de dégâts pour la cible ennemie.

Reste également à ajouter qu’en plus des 12 tirs de missiles concernant la simulation de frappes contre Dimona, le CGRI a également procédé au cours des manœuvres Grand Prophète-17 à quatre autres tirs de missiles réservés à d’autres cibles stratégiques qui seront connues du public en temps opportun.

Bref, plusieurs tours d’exercices militaires menés par le CGRI ne laissent aucun doute sur la capacité de performance des missiles et des drones d’assaut ou drones-kamikazes de la RII, ce qui a bien évidemment provoqué une grande fierté à l’intérieur, et un silence significatif voire des analyses affirmatives sur la grande puissance de défense de la RII, à l’extérieur des frontières du pays.

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