Dec 30, 2021 11:51 UTC
  • Lattaquié : la vengeance royale!

Si, comme le prétend cette ridicule campagne de propagande de guerre qu’entretiennent depuis 48 heures les médias mainstream, évidemment non sans avoir une certaine arrière-pensée pour la bataille qui se prépare en Ukraine contre Moscou,

campagne qui décrit le deuxième raid au missile de croisière du soir de 27 décembre sur le port de Lattaquié comme étant une « absolue chef d’œuvre militaire », marquée par « la victoire US-Israël-Otan sur la puissante DCA russe en Syrie occidentale » et partant, par la destruction « avec une précision inouïe » de supposées « cargaisons d’armes et de missiles iraniens à destination du régime d’Assad», alors la Russie devrait cesser soudain d’intéresser Damas qui n’aurait alors plus aucun autre choix que de travailler à établir une règle d’engagement avec d’Israël comme l’ont fait avant lui le Hezbollah ou Gaza, quitte à remettre l’entité à sa place.

Eh bien dans ce cas de figure on comprendrait mieux l’hystérie qui règne depuis à peu près une semaine au sein du cabinet sioniste et qui a de près ou de loin partie liée avec le Golan occupé : Lundi, soit trois jours avant la deuxième frappe contre Lattaquié, le gourou Bennett a annoncé avoir l’intention de doubler d’ici 5 ans le nombre des colons en y construisant 13 000 logements supplémentaires, financés à hauteur de 280 millions d’euro lors d’une séance tenue, sans honte ni ambages dans le Kibboutz de Mevo Hama qui donne sur le lac de Tibériade.

Car soit dit en passant, bien avant Idlib dont s’est emparé le Sultan depuis 7-8 ans dans le nord syrien, et ce, moins pour ses besoins d’expansionnisme néotomas et de pillage systématique des richesses matérielles de cette province que pour en faire un espèce de pool à terroristes, toujours disponible et prêt à rendre service à l’OTAN et à ses velléités, entre autres, anti russes en Méditerranée orientale, c’est le Golan qui a été et reste toujours le territoire le plus anciennement occupé de la Syrie, un territoire qui juxtapose, par un heureux hasard, le sud du Liban, et donc le Hezbollah et qui constitue de ce fait un front idéal de combat, une zone excellemment propre à créer puis à éterniser un rapport de force dissuasive anti-Israël qui avouons-le, s’impose désormais dans toute son acuité à la Syrie.

Et ce dans la mesure où l’entité sioniste, chassée lamentablement du ciel syrien après l’attaque au drone du 20 octobre contre la base US à al-Tanf et les infrastructures qui y servaient de tremplin à son armée de l’air, a été amené à se rattraper, quitte à de déplacer l’épicentre de ses frappes contre Lattaquié, non pas pour y détruire des missiles tactiques iraniens, qui fabriqués sur place, n’ont pas besoin d’être transités par la mer, mais biens des denrées alimentaires et des marchandises dans le strict objectif de paralyser les activités portuaires syriennes, et un peu comme ce qu’a fait l’axe US-Israël le 4 août 2020 à Beyrouth, d’insécuriser le port, d’en faire fuir la Chine qui, vient tout juste, curieuse coïncidence, investir de gros sommes d’argent à Haïfa.

Sur cette base, une règle d’engagement impeccable anti Israël ne pourrait avoir un cadre mieux placé que le Golan, une région montagneuse située à une courte distance des centres politiques et sécuritaires sensibles en Palestine occupée, à 113 km de Haïfa, à 180 km de Tel-Aviv, à 174 km de Gush Dan et à 110 km de la maison u Premier ministre sioniste. Le Golan est donc une fenêtre naturelle de tir à missile à courte portée naturelle qui surplombe le territoire ennemi, cette « enclave » dite Israël, qui détient quelque 70% de ses principales infrastructures telles que l’aéroport Ben Gourion, la route nationale (A6), la canalisation nationale et les lignes à haute tension dans une bande étroite de la Méditerranée et en Cisjordanie.

Bennett pourrait dépenser tant ce qu’il veut, le Golan de 2021 n’est pas celui du siècle dernier qu’a occupé sans accroc les Sionistes. Ce Golan- là n’avait ni le Hezbollah, ni ses missiles tactiques qui aux dernières nouvelles, outre d’être de redoutables engins de haute précision, se sont mise aussi à l’heure « furtive ». En juin, quand le PM Bennett, fraîchement arrivé aux commandes a cru soudain au père Noël et qu’il s’est mis à bombarder le sud du Liban, quelque 21 roquettes du Hezbollah tiré vers le Golan et la Galilée ont suffi de le ramener sur terre. Il s’agissait de simple Katioucha que ni le Dôme de fer ni le Patriot, tous deux déployés au Golan n’ont pu intercepter. Désormais, la Résistance dispose de bien meilleurs roquettes d’artillerie, le Zelzal, un avatar de missile tactique car ayant une « ogive détachable ».

Disons qu’après le kit Labayk 1, ce dispositif ultra simple composé d’ailerons aérodynamiques qui s’ajustent sur le nez de n’importe quelle roquette « bête » pour lui offrir un système de guidage, de contrôle et de navigation aux moindres frais, et le rendre, ainsi « tactique », cette ogive détachable est une autre géniale invention que l’Iran offre à ses alliés au sein de l’axe de le Résistance qui du Liban à Gaza en passant par l’Iran et le Yémen, ont bien adopté le Zelzal. Ce missile qui est l'une des roquettes d'artillerie les plus lourdes au monde, avec un diamètre de 610 mm, une charge d'ogive d'environ 600 kg et une portée de 200 à 250 km, qui pourrait s’amplifier le cas échéant. Mais à partir du Golan, les distances à parcourir pour atteindre le cœur de l’entité, sa côte septentrionale, ses infrastructures gazières (…) la distance ne dépasse jamais les 200 km !

Photo: la section qui permet le détachement de l'ogive et de la coque du Zelzal. Le Zelzal frappe avec une précision folle une cible de faible section radar/Tasnim 

Or le modèle guidé de ce missile est équipé d’une section de guidage entre la tête militaire et la coque, une modification qui a pour effet, d'une part, de forcer le système de défense aérienne à intercepter la coque du missile, et d'autre part, à permettre à l'ogive détachée de se cacher des radars, en raison de sa faible section radar. Aucun Dôme de fer se saurait résister au binom « Labayk-1», tête détachable soit une double tactique qui rend d’abord ultra précis chaque roquette tout en la furtivisant. Cette double caractéristique fait d'une part, qu'il n'y a aucune roquette qui rate sa cible, poussant la DCA à dépenser ses tirs et de l’autre à les dépenser non pas pour intercepter l’ogive mais la coque. Ce sera mortelle pour les stocks de Dôme de fer qui déjà en mai et face à Gaza qui ne disposait même pas de Zelzal, ont fait preuve d’une performance de moins de 40 pc.  

Mais le Labayk-1 et l’ogive détachable ne sont pas les deux uniques caractéristiques qui a largement létalisé le Zelzal. Cette curieuse roquette d’artillerie a dans certaines de ses versions, une tête pluviale composé de petites bombettes qui une fois activées, couvrent un périmètre de destruction largement plus important.

Si le Golan devient le centre de n’importe quel mécanisme de dissuasion anti sioniste, Israël n’en échappera pas. Cité par Walla, le Sioniste Yuni Benhaeim affirmait il y a quelques jours qu’il y a comme un air de fin de règne pour Israël au Golan : « Suivant les données communiqués par les services de renseignement et de sécurité (d’Israël) le Hezbollah agit dans l’ombre au Golan suivant le même modus operandi qui a précédé le retrait d’Israël du sud Liban en l’an 2000... De toute évidence, le plan de « libération du Golan » a déjà dépassé le stade de préparation et en arrive au stade d’opération militaire ce qui veut dire que l’armée syrienne et son allié pourraient arriver à tout moment à l’acte. Ce serait à partir du Golan que le front intérieur désormais ultra fragilisé subira l’attaque conjointe Syrie-Hezbollah… »

Et tout porte à croire que ce moment ne sera pas trop loin. Le centre d’études israélien ALMA va même jusqu’à prétendre que la Résistance libanaise aurait déployé ses missiles intercepteurs sur les hauteurs de Qalamoun au nord-ouest de Damas soit à proximité de la Bekaa ». ALMA croit savoir que cette DCA compterait des missiles de courte portée SA17, SA8 SA22 : Ce sont de vieux missiles certes, mais ils n’ont pas à relever le défi Zelzal. Et puis surtout qu’on n’oublie pas d’extraordinaires capacités d’optimisation de la Résistance… Haïfa a de sales temps devant lui...

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