Jan 19, 2022 09:19 UTC
  • Ansarallah punit les EAU

Attaque de drones et de missiles : la première punition des EAU par Ansarallah du Yémen

Ansarallah dit que la récente frappe à la roquette sur les EAU n'est qu'un début, si Abou Dhabi ne changeait pas de position vis-à-vis du Yémen.

Les responsables émiratis sont bien conscients que les attaques menées par Ansarallah ne sont qu'un début. Si les EAU ne reconsidèrent pas leur politique au Yémen, toutes les bases actives sur leur territoire pourraient devenir les cibles de la Résistance, sans qu’aucun système de défense aérienne ne puisse réagir à temps. 

Le journal libanais Al-Akhbar rapporte qu’il n'y a plus de mystère particulier sur la guerre au Yémen. Il y a quelques mois, une délégation émiratie s'est rendue en Iran pour signer des accords et discuter du dossier yéménite. Elle a explicitement annoncé que les relations d'Abou Dhabi avec l’héritier du trône saoudien, Mohammad ben Salman, les empêchaient de s'engager dans une confrontation directe, évoquant les exigences des Américains au Yémen. 
 
En outre, les EAU veulent éviter les dépenses élevés pour des erreurs commises ici et là, comme au Liban il y a environ un an : ils y ont envoyé des représentants pour au moins demander un cessez-le-feu médiatique avec le Hezbollah ; ils ont dit qu'ils ne voulaient plus être la cible des attaques virulentes de son secrétaire général, Seyyed Hassan Nasrallah, en faisant des concessions spéciales aux Libanais ; mais ils ont appris que le Yémen est un  dossier plus important pour l'Iran et le Hezbollah.

Les dirigeants des Émirats savent bien que la guerre au Yémen a échoué et que l’anéantissement d’Ansarallah et la formation d’un nouveau gouvernement au gré du Royaume saoudien sont impossibles. Les Emiratis ont compris plus que quiconque que l’axe de la Résistance et avec à sa tête l’Iran, ne cache pas son soutien à la Résistance populaire yéménite et qu'elle est prête à apporter tout soutien à Ansarallah.

Conformément à ces accords, les dirigeants émiratis sont mécontents de la modalité de gestion de la guerre au Yémen par les Saoudiens. Ils mettent aussi en cause les performances des forces pro-saoudiennes fidèles à l’ex-président en fuite, Abd Rabbo Mansour Hadi. 
 
Dans ce contexte, Abu Dhabi croit que les problèmes en cours pourraient être menés à bien en faveur de la formation d’une force yéménite qui puisse posséder une base importante et influente au sud du pays ou atteindre le nord du Yémen sans recourir à une intervention militaire directe. C’est dans ce cas que les EAU mettront leurs possibilités à la disposition de ses alliés pour conquérir le Yémen. 
 
Par ailleurs, les autorités d’Abou Dhabi ne sous-estiment pas le danger des Frères musulmans au Yémen ; dans cet ordre d’idées, ils estiment que leur danger n'est pas moins important que celui d’Ansarallah, de sorte que les efforts récents pour se retirer de la Côte ouest dépendent de la décision des Emiratis d'utiliser leur opportunité à Maarib pour porter atteinte au parti Al-Islah (lié aux Frères musulmans) et empêcher les éléments liés au parti pro-saoudien de se déplacer vers la province de Shabwa. 
 
Les EAU ont cherché à renforcer leurs bases et leur influence dans le groupe dirigé par Tariq Saleh (frère de l'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh) et le mouvement salafiste avec ses affiliés militaires, et à influencer le Conseil de transition du Sud, lié à Mansour Hadi dans les provinces méridionales.
 
Le changement de cap du duo américano-britannique qui a pris la décision stratégique d'empêcher la chute de la province de Maarib est une autre évolution. En fait, les Américains sont intervenus directement dans la bataille et l'empreinte d'Israël
ne fait sentir. En fait, les forces ennemies ont divisé la province de Maarib de la même manière qu'Israël a procédé lors de la récente guerre dans la bande de Gaza. 
Mais tout cela ne sert à rien sans opération terrestre ; les Américains cherchent à recruter des paramilitaires qui ne sont pas étrangers aux courants salafistes. Parallèlement, ils resserrent l'étau autour de la partie émiratie pour la forcer à revenir sur leur stratégie de retrait du Yémen.
A ce stade, aucune médiation étrangère n'a de sens. Même lorsqu’Abou Dhabi dit à l'Iran, au Hezbollah libanais ou à Ansarallah qu'il subissait une forte pression de la part des Américains, cela n'a eu aucun effet sur l’approche d’Ansrallah vis-à-vis des occupants émiratis. Aucune médiation n'est susceptible de changer la décision des dirigeants d'Ansarallah, y compris la décision personnelle d'Abdel Malek al-Houthi, le chef du mouvement de la résistance yéménite, de lancer des attaques punitives contre les Émirats arabes unis.

 

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