Mar 14, 2022 03:57 UTC
  • USA/Iran: la bataille satellitaire?

Un réseau satellitaire iranien composé d'une chaîne d'au moins 10 satellites de renseignement et d'investigation; voici à quoi aspire l'Iran qui vient de mettre en orbite basse son second satellite militaire Nour 2. Mais à quoi rime une constellation de satellites?

À une meilleure protection en cas de face à face satellitaire. Mais l'Iran est-il sur le point de préparer des batailles spatiales ? Qassed est un moteur de fusée qui a tout ce qu'il faut pour devenir un missile antisatellite et à ouvrir ainsi le bal. Un vaste projet est annoncé en ce sens. 

Le gouvernement iranien a envisagé des mesures pour donner un coup de pouce au progrès du pays dans le domaine spatial.

1- Produire au moins une constellation de dix satellites de basse altitude

2- Permettre au secteur privé de se lancer dans la production et la mise en orbite de satellites

3- Lancer des satellites, en particulier sur les orbites à basse altitude, selon un calendrier précis, en exploitant les capacités de l'industrie de la défense et du secteur privé et en comptant sur les investissements étrangers

3- Concevoir et fabriquer des fusées spatiales à l’intérieur de l’Iran

Grâce à sa Force aérospatiale, le Corps des gardiens de la Révolution islamique a préparé une feuille de route qui traçait un plan clair permettant la conception et la fabrication des satellites militaires.

Pendant les deux dernières années, les engins de la fusée Qassed, qui a mis en orbite les deux satellites Nour-1 et Nour-2 avec succès, ont été, à plusieurs reprises, optimisés. Idem pour les systèmes et les structures des satellites de la famille Nour. À noter que le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a actuellement deux satellites actifs en orbite ; une première depuis que l’Iran s’est lancé dans l’aérospatial.

Tous les deux satellites actifs de l’Iran ont été mis en orbite par la fusée Qassed qui bénéficie, à la première phase, du propulseur du missile balistique Qadr. Le propulseur a déjà fait preuve de sa grande efficacité dans les missiles Chahab-3, Qadr et Emad.

À la deuxième phase, la fusée Qassed fonctionnait par le propulseur au combustible solide de type Salman. Le corps extérieur et l’isolation autour du combustible solide du moteur Salman sont construits d’un matériau en fibre de carbone, ce qui a entraîné une réduction de poids significative. En outre, Salman dispose d'une buse entièrement mobile, qui relève d’une technologie de pointe et qui permet une utilisation optimale de la poussée.

À la troisième phase, la fusée Qassed utilise du propergol solide.   

Là, une importante question se pose ; puisque le contrôle instantané du processus de la combustion des propulseurs au combustible solide reste impossible, comment la fusée Qassed ajuste-t-elle, à sa troisième phase de lancement, la vitesse exacte requise à la mise en orbite d’un satellite ?

Si la fusée Qassed utilise, à sa troisième phase, plusieurs propulseurs au combustible solide, la vitesse souhaitée pourrait être atteinte en imposant une déviation symétrique aux tuyères vers à l’extérieur de l'axe longitudinal de l'aéronef. En plus, l'utilisation de moteurs de frein (dont la tuyère est dans le sens opposé du vol), à la troisième phase étage, pourra aider à ajuster la vitesse. En tout cas, l'exploitation d'un moteur au combustible solide à la troisième phase du lancement est l'un des points forts de la fusée Qassed du CGRI et c’est exactement ce qui l'a libéré des ennuis des propulseurs à carburant liquide.

L’année dernière, le général de brigade Amir-Ali Hajizadeh, commandant en chef de la Force aérospatiale du CGRI, a déclaré que la prochaine version de la fusée Qassed fonctionnerait par le combustible solide, même à sa première phase de lancement.

En janvier 2022, l'Iran a testé avec succès sa fusée porte-satellite indigène avec un moteur fonctionnant au combustible solide. Le nouveau moteur, baptisé « Raafe », possède un fuselage en composite non métallique, ce qui augmente l'énergie et entraîne des économies considérables sur les coûts correspondants. Raafe bénéficie d’une tuyère mobile et provoque une poussée de 68 tonnes, soit une poussée double par rapport à celle du moteur de la première phase de Qassed. L'utilisation de Raafe comme propulseur nouveau et puissant pourra augmenter considérablement la quantité de fret transporté par le prochain satellite ou, en d'autres termes, la prochaine génération de Qassed.

Si le moteur Raafe a un diamètre similaire au moteur de la première phase de Qassed, les calculs approximatifs montrent que la cargaison portée par la prochaine fusée pourrait peser une centaine de kilogrammes de plus (ce qui n'est pas égal au poids économisé grâce à l'utilisation de matériaux légers). En plus, la charge portée par la fusée pourrait être encore plus lourde en raison de la multiplication par deux de la poussée du nouveau moteur.

Il se peut également que la prochaine fusée iranienne fonctionne en même temps par les moteurs Salman et Raafe, ce qui la rendrait beaucoup plus puissante.

Perfectionner le moteur avancé Raafe et stabiliser la capacité du CGRI à placer des satellites sur une orbite de 500 kilomètres, cela mettra le CGRI sur le point d’accomplir un exploit dans le domaine aérospatial.

D’ici cinq ans, non seulement l’Iran sera en mesure de conquérir l’orbite terrestre basse (OTB) mais il pourra atteindre l’orbite géostationnaire (GEO).

 

 

 

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