May 21, 2022 14:24 UTC
  • Couteau turc dans le dos de Poutine?

Le rouble bat des records inégalés et continue à devenir une monnaie de change largement plus fort que le dollar puisque le gaz, coeur battant de l'Europe, les Européens qu'ils le veuillent ou pas sont entrain de se l'acheter en rouble, foulant au pied le billet vert.

Puis il y a ces cours du pétrole qui continuent à s'envoler, d'abord par ce que l'OPEP n'a pas accompagné les USA, ensuite parce que l'Iran a renvoyé Washington balader avec ses offres de réconciliation nucléaire de pacotille tout comme l'Algérie qui reste ferme sur ses positions gazières pro Russe. Meme le Venezuela dont le ministre du pétrole a annoncé un retour des pétroliers US, semble avoir fourré les Yankee, son secteur pétrolier étant largement ouvert à l'Iran où ce dernier fait pluie et beau temps et sait comment faire pour laisser les Américains sur leur faim.  Que faire dans ce contexte?
 

L'Administration Biden étudie la manière de contraindre les transnationales commerçant les hydrocarbures à n’acheter de production russe que très en dessous des prix du marché. Il s’agirait, une fois la Russie exclue de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de constituer un double marché. Le premier serait régi par la loi de l’offre et de la demande. Son prix variera donc. Il est actuellement d’environ 100 $ le baril. Le seconde serait basé sur les coûts d’exploitation. Il serait alors d’environ 40 $ le baril pour les Russes. Un peur comme ce que les Américains font en Syrie où à l'aide la Turquie, il est question de nourrir un marché noir avec des prix largement au dessus du marché et maintenir ce marché en nourrissant le terrorisme de façon à ce que le conflit perdure et que soit toujours à leur disposition le pétrole bon marché. 

L'administration Biden élabore aussi  des plans pour étouffer davantage les revenus pétroliers de la Russie dans le but à long terme de détruire le rôle central du pays dans l'économie énergétique mondiale, selon des responsables américains actuels et anciens, une étape d'escalade majeure qui pourrait mettre les États-Unis dans un conflit politique avec la Chine, l'Inde, la Turquie et d'autres nations qui achètent du pétrole russe. Les mesures proposées comprennent l'imposition d'un plafond de prix sur le pétrole russe, soutenu par des sanctions dites secondaires, qui puniraient les acheteurs étrangers qui ne respectent pas les restrictions américaines en les empêchant de faire des affaires avec des entreprises américaines et celles des pays partenaires.
Les responsables américains disent qu'ils ne veulent pas se retirer immédiatement du marché de grandes quantités de pétrole russe et ils essaient de pousser les pays à se sevrer de ces importations dans les mois à venir. Une interdiction américaine de vendre des technologies à la Russie vise en partie à paralyser ses compagnies pétrolières pendant de nombreuses années. Les responsables américains disent que le marché finira par s'ajuster à mesure que l'industrie russe s'affaiblira. Mais curieusement les exportations russes de pétrole ont augmenté en avril et la hausse des prix signifie que la Russie a gagné 50% de revenus supplémentaires cette année par rapport à la même période en 2021, selon un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie à Paris. L'Inde et la Turquie, membre de l'OTAN, ont augmenté leurs achats. La Corée du Sud achète moins mais reste un gros client, tout comme la Chine qui critique les sanctions américaines. Le résultat profite à la Russie qui est en pleine opération en Ukraine.

Bref les sanctions ont un bilan mitigé. Mais cette histoire du marché noir où le pétrole russe puisse étre vendu à 40 dollars, ce que l'Amérique a fait avec le pétrole syrien, qui en est le principal promoteur? Dans le cas de la Russie peut-être l'Europe. Mais en Syrie, c'est la Turquie qui s'occupe de tout. Ce qui explique d'ailleurs les derniers mouvement militaires de l'armée turque dans le nord de la Syrie et en Irak pétrolifère aussi. Où en est la Turquie de son équipée militaire dans le nord syrien où l'US Army ou ce qui revient au même les pétroliers US protégée par les soldats US et les FDS et Dach sont sur le point de regagner des bases qu'ils avaient quitté il y a deux ans? 

Selon des sources syriennes, des groupes terroristes coopèrent avec la Turquie dans le nord de la Syrie, et plus précisément à la périphérie nord-ouest de la province d'Alep. Ces groupes terroristes opèrent dans trois secteurs géographiques  syriens :  

La première zone s'étend de la ville de Jarablus à celles d'al-Bab et d'Azzaz, où opèrent des groupes terroristes qui se font appeler Armée syrienne libre.  L'opération Source de paix a été lancée dans le Nord de la Syrie entre le 9 et le 22 octobre 2019 par les forces armées turques avec le soutien de l'Armée syrienne libre. L'objectif de cette opération, comme les deux précédentes, Bouclier de l'Euphrate de 2016-2017 et Rameau d'olivier de 2018, visait à expulser les éléments kurdes membres des Unités de protection du peuple (YPG) et du Partie des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’une région située entre les villes de Tall Abyad et Ras al-Aïn.

La deuxième zone englobe le nord-ouest d'Alep, où sont déployés des groupes armés qui mènent l’opération du Rameau d'Olivier. La Turquie a lancé le 20 janvier 2018, l'opération militaire Rameau d’Olivier dans la région d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, sous prétexte de faire face aux PKK/YPG et au groupe terroriste Daech.

Mais les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham, anciennement connue sous le nom du Front al-Nosra, opère dans la troisième région, qui se situe à la périphérie ouest d'Alep.  Le groupe terroriste du Front de libération nationale est aussi déployé sur cette zone qui s’étend sur 200 km de long reliant l’est, le nord,, le nord-ouest et l’ouest d’Alep. L'armée syrienne et les groupes terroristes n'ont pas eu d'affrontements pendant deux ans sur ce front et un calme relatif régnait la région en vertu des accords Astana et Sotchi.

La Turquie a installé plusieurs bases militaires dans la région, dont à al-Bab, à Azzaz et à Samukiyah, à Kimar et à Barad. L'armée turque lançait ses opérations dans la région à travers ces bases militaires. Mais juste après les tensions russo-ukrainiennes, la Turquie a changé de politique et attisé les tensions à la périphérie d'Alep. La Turquie a prévu d’établir une zone de sécurité dans le nord syrien longue de 120 km et profonde de 30 km, mais ce projet a été neutralisé en raison des opérations de l'armée syrienne et les groupes de Résistance.

Lors d'une attaque terroriste, des groupes armés ont pris pour cible un bus transportant des forces de l'armée syrienne, tuant pas moins 12 membres des forces de défense syriennes locales. En outre, des villages de la région ont été pilonnés par des mortiers et de missiles de l'armée turque ces derniers mois.

Il semble que la Turquie cherche à changer l'équation et à atteindre son objectif principal d’y créer une zone de sécurité. Pour faire retourner les réfugiés? Peut-être mais prioritairement. Il s'agit de faire durer la contrebande de pétrole et d'en tirer leçon pour en imposer le modèle au pétrole russe. D'ailleurs la Syrie en est bien consciente : L'armée syrienne a réagi vigoureusement à l'agression des groupes terroristes et de l’armée turque. Pour la première fois depuis le début de la guerre contre la Syrie, des missiles de l'armée syrienne ont touché des bases militaires turques, blessant plusieurs soldats turcs et tuant un certain nombre de terroristes. Les chasseurs de l'armée syrienne ont largué leurs bombes sur  deux bases de groupes terroristes dans le nord et l’ouest d’Alep tuant plusieurs terroristes. Le bastion du Front al-Nosra situé dans la banlieue ouest d'Alep a été également réduit à un tas de ruines.

Le lendemain, l'armée syrienne a pilonné toute la zone et pris pour cible tous les fiefs des groupes terroristes. Cela veut dire que toute tentative de changement militaire dans la région se heurtera à une réponse lourde, et que le gouvernement syrien ne permettra jamais à la Turquie d'atteindre son objectif principal d'établir une zone de sécurité dans le nord d'Alep et de mettre les groupes terroristes en sécurité. Le gouvernement syrien ne permettra jamais le démembrement de cette région du territoire national. Cela signifie que l'objectif de la Turquie d'établir une région autonome dans le nord-ouest de la Syrie ne sera pas concrétisé et la création d'un État fédéral dans le nord-ouest syrien, à l’aide des États-Unis, de la Turquie ne verra jamais le jour.

Reste à savoir si la Russie entendra oui ou non de la même oreille la nouvelle partition turque. Ce n'est plus seulement de l'intégrité territoriale syrienne qu'il est question mais aussi de l'avenir du secteur énergétique russe. 

 

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