Jul 26, 2022 19:48 UTC

Un expert militaire israélien a mis en garde contre les dangereuses répercussions sécuritaires de l’absence du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui souffre d’un état de santé instable, soulignant que l’escalade des opérations contre l’armée a fait subir à Tel-Aviv une inquiétude sans précédent.

Dans un article publié dans le journal Israel Hayom, Yoav Limor, qualifie de « très inquiétante » la forte escalade des opérations palestiniennes depuis le début de 2022 contre l’armée d’occupation dans de nombreuses régions de Cisjordanie occupée, surtout maintenant qu’il y a des différends sur la succession du chef actuel de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Selon Limor, les choses pourraient prendre un autre élan négatif le lendemain de la mort d’Abbas, bien que ce dernier ait désigné Hussein al-Sheikh, membre du Comité central du Fatah et ministre des Affaires civiles comme son successeur, et l’ait même nommé secrétaire du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine.

L’expert israélien a exclu le succès d'Al-Cheikh à jouer le rôle d’Abbas en cas de son décès, ajoutant : « Il est peu probable qu’il réussisse à imposer facilement sa présidence à toutes les factions [de la Résistance] palestiniennes ».

Il a souligné qu’Israël s’inquiétait des conséquences après la mort de Mahmoud Abbas, et par conséquent, il essayait d’augmenter sa préparation en cas de l’éventuelle survenance de ce scénario, surtout maintenant que la Résistance palestinienne cherchait à mener des opérations commando dans différents domaines.

Limor a affirmé que la Résistance palestinienne avait récemment accéléré ses efforts pour établir des unités de combat dans les camps de réfugiés au Liban en coordination avec le Hezbollah, ce qui pourrait pousser Israël vers des défis sécuritaires sur le front nord des territoires occupés (frontière avec le Liban).

L’armée israélienne a récemment fait état de l’intensification de ses mesures militaires en Cisjordanie dans le cadre de l’arrestation de Palestiniens recherchés. Deux jeunes Palestiniens sont tombés en martyre dimanche dernier lors de l’attaque sioniste contre la ville de Naplouse.

Récemment, un journal américain a publié une interview avec le secrétaire du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, révélant son ambition de prendre la tête de l’Autorité autonome palestinienne.

Cependant, avec toutes les lacunes d’Israël et les préoccupations qui sont devenues une partie inséparable du régime sioniste, le nom du camp de Jénine a une place particulière.

Jénine est à nouveau au centre des tensions en Cisjordanie occupée, mais l’histoire du camp de réfugiés remonte beaucoup plus loin dans le temps en tant que centre du nationalisme et de la Résistance palestiniens.

Le camp de réfugiés de Jénine a été au centre des tensions en Cisjordanie occupée ces dernières semaines. Les raids israéliens sont passés d’un schéma hebdomadaire à une routine presque quotidienne, avec des combats armés entre soldats israéliens et militants palestiniens à chaque incursion. Cette intensité croissante a coûté la vie à sept Palestiniens, tués par les forces israéliennes dans le camp depuis début mars, mais ce camp a enregistré d’innombrables crimes israéliens,

Le camp de Jénine a été le théâtre de l’un des crimes les plus brutaux d’Israël. Des milliers de soldats sionistes, appuyés par des hélicoptères des bulldozers blindés, ont assiégé Jénine pendant 10 jours, puis massacré les Palestiniens, à la suite de quoi 52 Palestiniens ont été martyrisés et 32 ​​soldats israéliens liquidés.

À l’époque, Jénine assiste à un réveil du militantisme palestinien en Cisjordanie. Après que la Résistance palestinienne ait quitté le Liban en 1982, à la suite de l’invasion israélienne de ce pays, de nouveaux groupes militants ont commencé à émerger à l’intérieur des territoires occupés, dont beaucoup se sont concentrés autour de Jénine dont le groupe des « Aigles rouges » affilié au Front populaire de libération de la Palestine et les « Panthères noires » une branche armée du Fatah, fondée en 1988 solidement implantée dans la région de Jénine.

Lors de la première Intifada, qui a duré de 1987 à 1993, le nom des « Panthères noires » a été immédiatement associé à Jénine. L’armée israélienne a effectué d’innombrables raids dans le camp de réfugiés à la recherche de membres du groupe, démolissant souvent les maisons de leurs familles et arrêtant leurs proches.

En septembre 2021, le camp de réfugiés de Jénine a recommencé à faire la une des journaux après l’évasion de six prisonniers palestiniens de la prison israélienne de haute sécurité de Gilboa, près de la frontière nord de la Cisjordanie.

Soupçonnant que des évadés se cachaient dans le camp de réfugiés de Jénine, l’armée sioniste a menacé d’y attaquer ce qui a conduit 19 septembre à leur affrontement avec les combattants palestiniens. Le raid n’était que le début d’une spirale de tensions autour du camp et dans la région de Jénine plus généralement.

« Les forces israéliennes ont attaqué les villages et même la ville de Jénine la nuit et parfois à la lumière du jour, se heurtant souvent à des jeunes qui n’avaient que des pierres, et parfois à des hommes armés, démolissant des maisons, mais tout le monde savait que la vraie affaire était le camp de réfugiés », note Shatha Hanaysheh, une journaliste palestinienne basée à Jénine.

« L’armée israélienne sait qu’envahir le camp de réfugiés de Jénine serait compliqué, c’est pourquoi elle a mené des raids limités ces dernières semaines, se heurtant toujours à des combattants palestiniens armés », explique-t-elle.

« La raison pour laquelle il est compliqué d’envahir le camp de réfugiés de Jénine, c’est qu’il est très densément peuplé, mais surtout parce que les gens du camp sont confiants et prêts à se battre », souligne Jamal Hweil membre du Conseil révolutionnaire du mouvement Fatah et ancien détenu dans les prisons israéliennes.

 
 

 

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