Aug 16, 2022 14:43 UTC

Puisque le Hezbollah a dit un triple « non » au médiateur américain et que ces « non » bloquent toute voie à l’exploitation de Karish à moins que l’entité cède, y aura –t-il la guerre le premier septembre ?

Et si oui comment le Hezbollah va-t-il la déclencher ? et de quelle manière va-t-il la finir ? Voici des questions qui méritent d’être posées en ce mi-août et alors même que la Résistance libanaise vient ce 12 août de dévoiler une pièce de sa DCA capable de feu nourri et qui a réussi à faire fuir les F-16 du ciel libanais et même abattre un drone d’accompagne au-dessus de la Bekaa. La question est d’autant plus pertinente que ce premier coup que donnerait le Hezbollah pourrait ne pas ressembler aux précédents et jouer de l’élément de surprise si cher à la stratégie de guerre que pratique la Résistance.
Aussi les pronostics du camps d’en face souvent basé sur les caractéristiques de la guerre de 2006 pourraient tous être d’entrée de jeu largement déjouer. Mais une chose est sûre : outre les missiles tactiques qui dixit un haut cadre du Hezbollah « ont la capacité de cribler la totalité des territoires occupés, Haïfa Tel Aviv, Eilat et tout ce qui se trouve entre ces trois points, missiles qui n’auraient pas été vu auparavant dans la mesure où les dix ans de campagne de guerre dans la guerre anti Syrie, n’ont fait que déboucher sur une industrie locale hezbollahi de fabrique de kit « Labayk 1 » soit ces ailerons aérodynamiques qui rendent n’importe quelle roquettes Grad , aussi précis qu’un Fateh-110, Israël aura droit aux drones.
Mais les drones dont trois ont déjà été jusqu’à Karish et contre lesquels l’entité a été contrainte ce 2 juillet d’activer sa flotte de F16 et de F-35 puis sa DCA Barak 1 embarqué à bord de ses navires de guerre Sa’ar ont depuis toujours fait partie de l’arsenal du Hezbollah. En 2013 déjà, un UAV hezbollahi a réussi à s’infiltrer à des dizaines de km en Israël depuis l’ouest de Haïfa et ce fut d’ailleurs là que l’entité a compris que ses sites offshores font partie de la banque de cibles du Hezbollah. Rappelons aussi ce 14 février 2022 où un drone de type Hassan de la Résistance a pénétré la Galilée Nord, soit l’une des zones les plus lourdement dotée de bases militaires et donc de batteries de la DCA sans qu’il soit empêché nullement dans sa mission de reconnaissance qui a duré 40 minutes.

Ayant subtilement échappé à un missile intercepteur Tamir puis à un F-16, c’est au-dessus du lac Tibériade que Hassan avait laissé croire aux Apache israéliens d’avoir failli, et la stupeur israélienne n’en a été que plus grande quand il a gagné sain sauf sa base d’attache au sud Liban. Or chaque drone de reconnaissance du Hezbollah et Dieu combien il en a déjà envoyé espionner le régime aurait pu avoir été une UAV Kamikaze ou pire de combat, ce qui est à même de nous donner une petite idée de ce qui attend l’entité dès le premier septembre. 

Au fait ces dernières semaines les médias ne se sont focalisés que sur le Karish et l’au-delà de Karish devenus célèbres de Nasrallah pour évoquer les cibles des attaques aux drones à venir, mais vu l’antécédent de la Résistance c’est tout Israël qui se trouve exposé aux drones du Hezbollah. Mais ce n’est pas tout : car le principe de surprise si cher aux Résistants veut qu’il y ait quelque chose d’inattendu dans ce domaine de drones que maîtrise le Hezbollah depuis 2009. Quel genre d’inattendu ?  pour avoir contribué au perfectionnement dronesque d’Ansarallah, maître d’essaimage, on toutes les raisons du monde de croire que dès le premier septembre l’entité vivra non pas des attaques aux drones « isolés » mais  des « essaims de drones » opérant à base d’intelligence artificielle. Déjà le 2 juillet et à en juger l’entretien récent de Nasrallah avec al Mayadeen, le triplet d’UAV du Hezbollah s’est avéré parfaitement capable de partition de tache de façon à ce que deux de ses drones, plutôt rudimentaires se sont comportés comme bouclier pour le troisième qui lui, totalement furtif aux radars a su surmonter les radars des F-35, des F-16 et des Barak-1 pour arriver droit sur le Karish, en détourner les images et les transmettre en directe à son QG avant le Hezbollah et là encore c’est l’un des inattendus du premier septembre de le détruire on ne sait par quel moyen

Imaginons donc un premier scénario de raid anti Karish ou anti Haïfa ou anti Tel Aviv : Les drones du Hezbollah sont constamment développés en termes de précision, de vitesse, de durée de vol, de portée et de poids des explosifs qu'ils peuvent transporter, et ils bénéficient en plus des techniques de radar et d'intelligence artificielle, et sont également aptes à la guerre électronique.  Or  si le Hezbollah utilise collectivement ses drones au cours de sa future confrontation avec l'ennemi, les dangers pour les Sionistes en seront largement multipliés. Ce risque augmente surtout lorsque le Hezbollah tirera simultanément des centaines de roquettes dans la profondeur de la Palestine et ce avant l’assaut au drone quitte à saturer complètement les systèmes de défense aérienne de l'ennemi. Et puis une fois la DCA neutralisée, se mettre à lancer des barrages de missiles de précision. Alors un scénario infernal ? C’est Israël qui répond.

Dans un rapport faisant référence aux dangers des drones du Hezbollah pour Israël, le Centre de recherche d'Alma du écrit que le Hezbollah n'avait que des centaines de drones en 2013, mais qu’aujourd'hui, ils en   posséderait au moins 2000. le Hezbollah devrait utiliser ces drones dans la prochaine guerre non pas un à un mais répartis en nuées. Il y aura évidemment des missiles balistiques, de croisières mais si non F-16 sont capables de simuler des scénarios contre ces missiles, les drones sont impossibles à scénariser et d’une menace parfaitement diversifiée. Ils sont petits et volent à basse altitude, et donc difficile à intercepter. Et puis que dire de cette capacité de synchronisation au sein des drones du Hezbollah mais aussi entre eux et les drones d’autres groupes à Gaza, au Yémen en Syrie qui étend la menace à l’échelle de tout Israël.

Aucun pays, pas même les États-Unis, n'est actuellement capable de mettre en place un système de défense aérienne contre les drones, et les systèmes de défense d'Israël sont principalement conçus pour intercepter des missiles, qui, bien sûr, souffrent également de nombreuses lacunes. A ceci s’ajoute le fait qu’aucun missile   air-air n'a  encore été conçu pour contrer le drone,

Aussi une frappe aux drones commencera par atteindre les capacités des systèmes de DCA puis s’en prendre à l’intérieur des bases aériens aux chasseurs, aux bombardiers et d’en ratatiner autant que faire se peu. Et puis un ciel israélien lézardé par des centaines de drones cela donnera de quoi rendre complètement fous des colons qui croient à la longueur de la journée entendre les pioches des combattants libanais et palestiniens creuser des tunnels sous terrain. Bref il y aura beaucoup de choses à nourir des années entières de commentaires au sein des milieux militaires Israël/US/OTAN... Depuis septembre 2020 ces commentaires n’ont pas tari de commenter la première opération de drones essaimés de l’histoire signé Ansarallah.

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