Sep 27, 2022 11:53 UTC

Qu’est-ce qui pourrait bien avoir poussé le général Mark Kelly commandant en chef de l'Air Combat Command de l’US Air Force à sortir ce dimanche des limbes et à lancer sans autre forme de procès à l’adresse des journalistes ceci :

« Dans le futur, l'Air Force veut voir un pilote de chasse pouvant aller au combat accompagné de jusqu'à cinq drones sous son contrôle limité, prêts à tirer des armes, à recueillir des renseignements, à brouiller les communications ou à servir de leurres », juste avant de tourner sa langue et d'ajouter cela : « Mais faire une réalité de ce concept d'avion de combat collaboratif (CCA) - un nouveau programme  pour équiper des pilotes avec des drones -, présente de nombreux défis. Les "CCA" sont quelque chose dans notre avenir » ?

La réponse est rechercher non pas à la Maryland où l’intéressé parle d’un "futur indéterminé" mais en Ukraine ou plus précisément à Kharkov et à Odessa où par une très curieuse directive le commandement central ukrainien vient d’interdire précipitamment à ses soldats de parler de "drones russes" à "moins d’indiquer systématiquement dans leurs rapports qu’il a été abattu par la DCA", une directive qui ne semble ratisser large !
Cité par Politico de ce 27 septembre, Andriana Arekhta, un premier sergent des forces armées ukrainiennes affirme que « les drones iraniens en sont déjà à J+7 de leurs opérations dans l’est de l’Ukraine et ce, dans une zone opérationnelle de quelques 1500 km, étendues entre le port stratégique d’Odessa au sud, et la ville de Kharkov au nord-est d’une part et la Crimée de l’autre, devenue carrément la base de drone "iraniens" de l’armée russe.
Or, il s’agit d’une zone bourrée de DCA soviétiques et même de C-RAM américains plantées à Odessa, soit un cocktail anti-missile qui restent toutefois sans effet sur Géran 2/Shahed-136 qui volent très bas, qui a une SRA bien trop faible et opèrent de surcroît en essaim de 3 à 5 soit en mode autopilote et/ou en intégré avec Mohajer-6, cet autre type d’UAV tactique qui sert dans tout scénario d’attaque de guide supplémentaire, ce qui rend doublement le Géran 2 indépendant de GPS, quitte à lui assurer une furtivité quasi parfaite.
Entre 23 à 26 septembre, Odessa a été pris pour cibles des vagues d’attaques combinées et successives de Géran 2 et Mohajer 6 et nos forces ont tenté de les repousser à l’aide de MANPAS ou missiles antiaériens interposés. Mais il y a eu de "gros problème". S’il est vrai qu’en raison de son bourdonnement, vous avez une chance sur dix de pouvoir chopper un Shahed-136 pendant le jour, la nuit, il est impossible d’abattre ces munitions planatnte, puisque le Stinger ne dispose ni d'un système de vision nocturne ni d'acquisition de cible.
Mais l’interception est-ce le tout de ce "gros problème" que pose Shahed-136 à l’armée de sixième génération US/OTAN ?  Le sergent Arekhta poursuit :  « … Autre problème c’est l’ampleur des frappes que mènent ces UAV. Les drones d'attaque Géran 2/Shahed-136 sont constamment en alerte à même de passer à l’attaque à tout moment. Les batteries MLRS américains sur quoi nous avions compté comme un "Game changing", mettent 35 secondes à repasser à l’assaut après avoir tiré une pleine charge de munitions. Or, pour le Shahed cette fraction de temps est bien plus réduite, non seulement du fait que les drones sont de petite taille mais encore parce qu’ils sont en état d’attaque permanent et le temps de faire un raid opérationnel pour un essaim d’UAV ne dépasse guère les quelques minutes, ce qui rend le coup doublement dévastateur.
En ce sens les véhicules aériens sans pilote Géran 2/Shahed-136 devancent dans leurs capacités de frappe, les missiles de croisière qui demande un temps de préparation bien longue. A Odessa, on a souffert à mort de cette capacité où des positions de combat, des chars, des lance-roquettes HIMARS, des véhicules blindés, des infrastructures, notamment des drones marines, dans le port ont été détruits en un temps record sans qu’il y ait le moindre moyen d’y faire face. Mais il y a plus : car les hélicos russes coordonnent leur assaut avec les drones iraniens (…) ainsi et dans le même temps je dois être en position de tir contre les hélicoptères russes d'un côté alors que les drones viennent d’un autre côté. Mais comment fermer cette immense zone avec des Stingers, voire même avec n’importe quel autre type de DCA ?! Une offensive drone-hélico, cela veut dire que l’angle d’attaques est circulaire. Or, on le sait n’importe quelle DCA ne peut qu’intercepter qu’en face ».
De quoi parle très exactement le sergent ukrainien ? D’un degrés plus avancée d’assymétrisation d’une armée de l’air russe qui a perdu des dizaines d’hélico en 7 mois de guerre pour cause des MANPAD otanien, et qui, grâce aux drones, devient invulnérable. Est-ce déjà un contrepoids à cette fameuse guerre dite de sixième génération que nous vend depuis des mois l’axe USA/OTAN si méprisant des capacités militaires russes ?
A n’en pas douter si on se rappelle aussi qu’en 2020, l’armée de l’air iranienne a dévoilé un hélico de type Mi 214 équipé sous son aile d’un Ababil-2, drone kamikaze et de reconnaissance et que le concept, bien avant que le général Kelly et son projet "CCA" y pensent, visait à ce qu’un drone à la fois kamikaze et de reconnaissance joue en fonction de contexte comme moyen d’identification ou encore de ciblage d’un hélico.
Mais ce duo drone iranien-hélico russe n’est qu’un des aspects de cette contre-guerre de sixième génération que l’alliance Russie-Résistance a déclenchée depuis une semaine dans l’est de l’Ukraine. Aux dernières nouvelles, la défense des Forces armées ukrainiennes s'est effondrée après la destruction réussie à coup d’UAV du quartier général du commandement "Sud" à Odessa.
Avia.pro écrit : « Après que les drones kamikazes ont lancé une frappe opérationnelle sur le centre de décision du commandement opérationnel "Sud" à Odessa, la défense des Forces armées ukrainiennes dans la direction sud s'est effondrée. On sait qu'aujourd'hui, la connexion entre les différentes branches des Forces armées ukrainiennes dans la direction sud a été complètement détruite, à la suite de quoi les unités des Forces armées ukrainiennes stationnées dans les régions d'Odessa et de Nikolaev ont commencé à subir d'importantes pertes. »

Et de poursuivre : « Selon des données préliminaires, à la suite de la frappe du véhicule aérien sans pilote Shahed-136 sur le quartier général du commandement des Forces armées ukrainiennes à Odessa, jusqu'à une douzaine d'officiers ukrainiens ont été éliminés, tandis qu'environ le même nombre a été blessé. Immédiatement après, la défense des Forces armées ukrainiennes dans la région d'Odessa a commencé à souffrir - le soir et la nuit, des frappes de haute précision qui ont été infligées aux installations militaires des Forces armées ukrainiennes, en conséquence dont des entrepôts d'armes et de munitions ont été détruits.

La situation, selon les experts, indique le fait qu'une panique s’est emparée du commandement opérationnel "Sud", et en raison du manque de coordination adéquate, les actions de l'armée ukrainienne se sont avérées inefficaces. Le QG US/OTAN ne sait où donner la tête… Graves pertes, graves dégâts infligé en 5 jours aux équipements, aux infrastructures… L’avancée des forces à Kharkov et Kherson est ralentie voire stoppée … C’est vrai que l'apparition des drones Shahed-136 rend également problématique la conduite d'opérations de combat dans d'anciens chars soviétiques non équipés d'un système d'extinction d'incendie moderne. A Kherson, à l'aide de munitions traînantes, les Russes ont détruit deux chars ukrainiens avec leurs équipages. »

N’est-ce pas la méga revanche russe contre les StarLink de SpaceX qui a neutralisé systématique tout effort russe destiné à casser les lignes de communication inter OTAN ? Et dire qu'à ce rythme le prochain référundum pro-russe pourrait avoir lieu à Odessa et que Poutine pourrait ranger au vestiaire ses bombes nucléaires tactiques. 

 

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